Affaire du meurtre de Bernadette Bissonnet à Castelnau-le Lez : ouverture du procès en appel devant les assises de Carcassonne :

dimanche 06/11/2011 - mis à jour le 30/03/2012 à 23h55

Ce lundi 7 novembre 2011 va débuter devant la cour d’assises de Carcassonne, le troisième acte judiciaire d’un procès mettant en scène, sur le banc des accusés, un invraisemblable et fantasque trio. Jean-Michel Bissonnet, riche homme d’affaires montpelliérain , affrontera une nouvelle fois le duo Meziane Belkacem/Amaury D’Harcourt : jardinier et homme à tout faire immigré pour l’un, vicomte de 86 ans, noble ruiné et ami du notable pour l’autre. Tous trois comparaissent en appel pour meurtre ou complicité du meurtre de Bernadette Bissonnet, l’épouse de Jean-Michel. Un procès de trois semaines, suivi en direct sur place par Hautcourant.

Rappel des faits :

Bernadette Bissonnet, pharmacienne de 57 ans a été découverte abattue de deux coups de fusils de chasse dans sa villa huppée de Castelnaud Le Lez, par son époux (Jean Michel Bissonnet), le soir du 11 mars 2008. Très tôt, les gendarmes découvrent un indice inespéré sur la scène de crime, à savoir un bout d’ongle et des gouttes de sang disséminées un peu partout dans la demeure, appartenant au présumé coupable de ce meurtre. Le tueur, alors encore inconnu, semble être un amateur qui se serait éraflé le haut du pouce en tirant avec le fusil. Arborant un pansement au pouce gauche lors de son entretien à la gendarmerie, le jardinier algérien, placé aussitôt en garde à vue, avoue rapidement être l’auteur de ce crime. Un crime qu’il prétend avoir commis pour le compte de son patron, lui ayant promis en échange du meurtre de sa femme, la somme de 30000 euros.

En simple visite amicale, selon ses dires, Amaury d’Harcourt, présent avant et juste après le drame, finit par corroborer les accusations faites par Mr Belkacem envers Jean Michel Bissonnet. L’aristocrate, piégé par des écoutes téléphoniques, explique qu’il s’est emparé de l’arme et l’a faite disparaître en la jetant dans le Lez par pure amitié pour le notable montpelliérain. Comme le jardinier, il justifie le crime commandité par Jean Michel Bissonnet, du fait que le couple ne s’entendait plus. Il explique même que ce projet taraudait l’époux depuis plusieurs années déjà.

Mais l’homme d’affaires, fort d’une réussite professionnelle et sociale incontestable, n’a pourtant aucun mobile apparent dans cette affaire. Il nie toujours être l’instigateur de l’assassinat de Bernadette qu’il dit être la femme de sa vie. Un discours d’ailleurs relayé par Marc et Florent, les enfants du couple ; qui continuent de soutenir leur père. A part le vicomte d’Harcourt, famille et proches estiment, pour la plupart, que Bernadette et Jean-Michel coulaient des jours paisibles ensemble, et ne peuvent pas croire en une quelconque responsabilité de celui-ci dans cet assassinat. En première instance, M. Bissonnet a souvent pleuré en évoquant sa femme. Il s’est aussi emporté contre les enquêteurs, et a tenu tête au président, aux avocats généraux et aux parties civiles, déplorant ce procès injuste fait à un notable. Sa stratégie de défense s’attachera donc à démontrer que ce meurtre fait suite à une tentative des deux co-accusés, pour dérober l’argent du couple, caché dans la villa, avant de filer à l’anglaise. "On va démontrer que ces deux-là avaient intérêt sur le plan financier à tenter un cambriolage" chez les Bissonnet, un "cambriolage qui tourne très mal", déclare Me Martial, avocat du notable.

Une mission délicate pour le jury populaire de Carcassonne :

Les aveux et discours contradictoires des trois hommes accusés, n’ont donc pas encore permis d’établir le mobile réel de ce crime malgré leurs confrontations au cours de l’instruction, puis deux procès d’assises successifs menés à Montpellier. Le verdict du dernier procès (en janvier 2011) a infligé une peine de 30 ans de réclusion criminelle à J.-M. Bissonnet. Meziane Belkacem a quant à lui écopé de 20 ans de réclusion pour assassinat, alors que le vicomte d’Harcourt, l’ami trop « fidèle » a hérité d’une peine de 8 ans pour complicité de meurtre.

Mais chacun des accusés conteste sa peine et l’appel de J.-M. Bissonnet traduit un certain malaise en ce qui concerne sa sentence. Il a été condamné (à une voix près), alors qu’il ne pouvait qu’être reconnu innocent ou coupable. Et, d’un point de vue pénal, si sa culpabilité avait été avérée, le notable aurait dû recevoir la peine la plus grave : la perpétuité. Tout l’enjeu pour le jury populaire de Carcassonne, chargé de rejuger les trois protagonistes de cette affaire, sera donc de clarifier ce mystère criminel par la mise en exergue des relations et intérêts particuliers qui lient chacun des accusés.

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2 réactions

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    Français, je vis au Canada et m’intéresse à cette affaire depuis le début. Je ne connais pas M. BISSONNET, ne l’ai jamais rencontré et ne suis animé que par la défense de la notion de justice.
    Pas d’aveu, pas de mobile, pas de preuve...
    Peut-être s’égare-t-on sur une fausse piste ?
    Le duo de tueurs est improbable, c’est le moins que l’on puisse dire ! Et il aurait été recruté par M. BISSONNET ? Parmi ses connaissances ? Un ordre parmi d’autres, du style : "Meziane, quand tu auras fini de laver les vitres, tu tueras Bernadette..." Cet ordre aurait été exécuté, l’arme jetée dans la rivière "POUR RENDRE SERVICE" ? Difficile à croire et personne pour s’étonner de cette similitude pour le moins troublante dans les déclarations des deux acolytes !
    Pas de mobile, mais pourquoi pas une communauté ponctuelle d’intérêts entre le vicomte et le "jardinier" ? Les deux sont profondément vexés des refus de M. BISSONNET de leur avancer de l’argent. L’un parce qu’il le considère comme "le fils qu’il n’a jamais eu", l’autre qui admire celui qui est son contraire (réussite contre échec, esprit brillant contre analphabétisme). Alors, déception aidant, on aurait échafaudé un cambriolage. Celui-ci aurait mal tourné. Un coup de feu, puis deux... Peut-être un troisième.
    C’est la fuite dans la panique. On jette l’arme à une centaine de mètres. Un des deux perd du sang, signant le meurtre. L’autre, plus malin, aurait conçu dans la précipitation un scenario bancale, suivi de déclarations à géométrie variable. Le besoin de vengeance resterait néanmoins au premier plan, alors, perdu pour perdu, on accuserait le mari d’avoir commandité l’exécution. Le "jardinier" se sachant condamné d’avance, avoue. Le vicomte est âgé, désargenté. Il peut exercer des pressions sur "l’arabe de service". Entrainant M. BISSONNET dans sa chute, le noble fauché comme les blés ramènera le riche à son niveau. Ce sera son dernier coup.
    Et toujours pas de mobile, d’aveu du côté du mari. Encore moins de preuves. Et pour cause !

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