Afghanistan : Bientôt l’heure du choix pour Barack Obama

mardi 27/10/2009 - mis à jour le 29/12/2009 à 19h14

Le président américain annoncera prochainement sa décision, quand à l’envoi de renforts en Afghanistan. Les débats qui entourent cette question sont animés.

Le prix nobel de la paix 2009 vient à peine d’être attribué à Barack Obama et voilà que le président américain doit déjà trancher sur l’envoi de renforts en Afghanistan. Pour les responsables militaires et les républicains, la chose est entendue, le président doit ordonner l’envoi de 40 000 hommes supplémentaires. Certaines voix se font pourtant entendre chez les démocrates et au sein de l’opinion publique américaine pour refuser ces renforts. Face à cette agitation, Barack Obama a choisi de prendre son temps.

Le général Stanley McChrystal demande des renforts

Stanley McChrystal, commandant de la force internationale d’assistance et de sécurité en Afghanistan a plaidé, dans un rapport rendu en septembre dernier à la Maison Blanche, pour l’envoi de renforts supplémentaires en Afghanistan. « Si nous ne le faisons pas » indiquait alors McChrystal, « nous courrons probablement à l’échec. » Le général soulignait également que les troupes de l’OTAN devaient changer d’image et ne plus être perçues comme des troupes d’occupation mais comme des « invitées du gouvernement afghan ». Il reconnaissait les errements des autorités afghanes empêtrées dans « une corruption rampante et des abus de pouvoir qui ont donné très peu de raisons aux habitants de soutenir leur gouvernement ».

Dans ce même rapport, il restait relativement flou sur la taille du contingent à envoyer. Ce dernier serait de l’ordre de 40 000 soldats supplémentaires.

Les débats politiques qui entourent la décision

Si les militaires, McChrsytal en tête, annoncent clairement leurs requêtes, Barack Obama semble quant à lui plus hésitant. Il a ainsi tenu à rappeler que s’il est à l’écoute des militaires, le pouvoir de décision appartient à son gouvernement. Le président consulte et multiplie les rendez-vous avec des experts en politique étrangère et a annoncé qu’il prendrait le temps de bien réfléchir avant de décider.

A Washington, les débats vont bon train. Le démocrate Robert Byrd, doyen du Sénat âgé de 91 ans, s’est interrogé sur la pertinence de l’envoi de renforts : « Faut-il vraiment 100 000 soldats pour trouver Oussama Ben Laden ? » Toujours dans le camp des opposants, The nation, l’hebdomadaire américain a publié la tribune de William R. Polk, analyste en politique étrangère, écrite sous la forme d’une lettre ouverte au président Obama. Il explique comment une étude approfondie d’une dizaine de guerres d’insurrection l’a systématiquement amené à la même conclusion : « Elles se sont conclues par le départ de la puissance étrangère. » Et Polk de poursuivre en alertant Barack Obama : « la campagne militaire d’Afghanistan pourrait faire avorter vos grand projets de politique intérieure. Comme la guerre au Vietnam avait fait dérailler la“Great Society” du président Lyndon Johnson. »

D’autres se demandent si les États-Unis ne seraient pas en train de tout confondre en assimilant Al-Qaida aux talibans. A cela, la secrétaire d’état, Hilary Clinton répond : « Ce n’est pas que chaque membre des talibans soit associé à Al-Qaida, mais il ne faut pas oublier que les talibans qui contrôlaient l’Afghanistan en 2001 ont protégé les membres d’Al-Qaida. Notre but est de démanteler, de battre Al-Qaida et leurs alliés extrémistes. »

Pour Joe Biden, le vice président, la stratégie la mieux adaptée, semble être l’utilisation des drones qui peuvent cibler avec précision les terroristes.

Chez les parlementaires républicains, le débat est moins animé. Tous s’accordent pour soutenir la position défendue par les militaires. John Kyl presse même le président : « je suis préoccupé, car si nous continuons à débattre trop longtemps de la question, partout dans le monde, les gens se mettront à douter de nos capacités à maintenir notre leadership. » L’ancien candidat aux présidentielles de 2008 John McCain, enfonce le clou en appelant son ancien adversaire à écouter « l’avis des militaires qui sont les mieux placés pour savoir ce qu’il faut faire pour l’emporter ».

Qu’en pensent les américains ? L’opinion publique apparaît sceptique quand à l’envoi de nouveaux renforts. Cyberpresse nous apprend que selon un sondage de l’université Quinnipiac dans le Connecticut, seulement 38% des personnes interrogées se prononcent en faveur de l’envoi de renforts.

Nul doute que cette question fera encore couler beaucoup d’encre. Ce, au delà de la prise de décision de Barack Obama.

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