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Anna Karenina : une adaptation époustouflante

samedi 08/12/2012

L’histoire brûlante d’Anna Karenine est désormais bien connue, c’est la mise en scène du roman de Tolstoi par Joe Wright qui vient souligner la magnificence du chef d’œuvre littéraire. 

« Toutes les familles heureuses se ressemblent ; les familles malheureuses le sont chacune à leur façon  » [1]

Dans la Russie des années 1874 Anna Karenine (interprétée par Keira Knightley) membre haut placée de l’aristocratie, épouse de ministre et mère de famille dévouée emène une existence matériellement riche dans un univers superficiel où seul le paraître compte. Lors d’un voyage à Moscou elle fait la rencontre du comte Alexis Vronski (interprété Aaron Taylor-Johson), un coup de foudre réciproque qui ne passe pas inaperçu au sein de la noblesse russe. Tentant d’étouffer la puissance de ses sentiments naissants, Anna rentre à Saint-Pétersbourg pour retrouver sa vie de famille paisible et ennuyeuse aux côtés d’un mari omnibulé par sa propre personne et ses fonctions gouvernementales. Mais c’était sans compter sur la pugnacité du comte qui la suit et s’installe en ville. L’évidence de leur attirance ardente s’impose rapidement et les deux amants finissent par céder à la tentation. Alors qu’Anne fait le choix du cœur, elle s’heurte aux commérages perfides et autres médisances de la haute société. 

Une mise en scène surprenante qui emporte le spectateur 

Le synopsis n’apporte pas de surprise par rapport à sa version originale, mais le traitement de l’ouvrage, au premier abord étonnant, ne laisse pas indifférent les amateurs de salles sombres. Les principales actions se déroulent au sein d’une salle de théâtre d’époque : sur scène, en coulisses, dans la fosse publique ou dans les loges de la haute société mais aussi dans les fondations de l’amphithéâtre. On est transporté d’une scène à une autre comme on changerait de décor pour passer d’un acte à l’autre. Les personnages se perdent dans un jeu d’acteur époustouflant, minutieusement chronométré. Chorégraphiées, les actions de chacun sont rythmées par des envolées musicales, chaque geste se répond et se met en mouvement sous l’impulsion des répliques des comédiens. Des scènes de danse renversantes, et des envolées lyriques foudroyantes qui forcent à se demander si l’on assiste tantôt à un opéra classique, à une pièce de théâtre ou encore à un ballet russe. Les costumes et décors mirifiques apportent la touche finale à cette merveille de film qui fait voyager le spectateur au plus profond de l’aristocratie russe. De l’illusion féerique des bals russes en passant par les courses hippiques qui font la joie de la haute société, mais aussi dans les méandres d’une société fourbe et hypocrites embourbée dans ses convenances. Keira Knightley, dont la grâce et l’élégance ne sauraient laisser personne indifférent, magnifie une Anne Karenine dont la folie amoureuse tend à l’auto-destruction ; quand à Jude Law il incarne le rôle qu’on attendait plus pour souligner savamment son jeu d’acteur en interprétant le mari aveugle et trompé, tantôt indifférent puis magnanime. Un grand moment de spectacle qui réchauffe les cœurs en cet hiver polaire.

Notes

[1 Citation du roman de Léon Tolstoi

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