Université

Assemblée générale à Montpellier 3 : quel avenir pour l’université ?

jeudi 25/10/2012 - mis à jour le 12/09/2014 à 19h26

Une assemblée générale s’est tenue mercredi 17 octobre à l’Université Paul Valery-Montpellier 3 à l’initiative du syndicat Sud étudiant.

Une vingtaine d’étudiants s’est réunie salle Camproux à 12 h pour échanger autour des enjeux liés à leur université. Parmi les problèmes soulevés lors de cette assemblée générale : le manque de moyens à Montpellier 3 (éventuelle fermeture de masters, déficit de l’Université, contrats précaires), que les militants imputent directement à la LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) mais aussi les récentes interrogations à l’échelon européen sur la continuité du programme Erasmus. En effet, Alain Lamassoure, président de la commission des budgets du Parlement européen, déclarait mardi 2 octobre que le programme européen pourrait tomber en cessation de paiement. L’assemblée générale a également permis aux étudiants de revenir sur la question du logement, qui avait fait l’objet d’un rassemblement devant le CROUS [1] mardi. Les étudiants déplorent les difficultés à se loger alors même que, selon l’INSEE [2], plus de 13 000 logements demeurent vacants à Montpellier.

LRU, Plan campus et Idex : bientôt cinq ans de contestations

La discussion s’est principalement axée sur l’autonomie des universités et ses conséquences à Montpellier 3. En effet, malgré les mobilisations successives de 2008 et 2009, la loi LRU a définitivement modifié le fonctionnement des universités françaises qui devraient toutes parvenir à l’autonomie budgétaire aux premières heures de l’année 2013. La réforme menée par l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, prévoit de laisser à l’université la gestion de ses biens (immobiliers entres autres) comme de ses ressources humaines. D’autre part, les projets d’initiatives d’excellence (Idex), qui constituent une des mesures phares de la politique universitaire du gouvernement Fillon, suscitent également de nombreuses interrogations de la part des étudiants. « Ces pôles d’excellence vont favoriser la sélection sociale, le territoire sera inégalement doté. Un étudiant montpelliérain qui veut étudier la sociologie devra peut-être aller vivre à Paris, bien sûr ce seront les couches populaires qui rencontreront le plus de difficultés dans cette mobilité contrainte. Certains n’ont pas le choix de vivre chez leurs parents.  » s’insurge un étudiant avant d’ajouter : « bien sûr, ces pôles d’excellence réduiront à peau de chagrin les filières dites non rentables ».
Dans un communiqué daté du 11 avril 2011, Anne Fraïsse, présidente de l’université Montpellier 3 affirme que « ce n’est pas [...] l’excellence universitaire qui est recherchée par le gouvernement, mais la misère universitaire puisque le jury conditionne l’approbation des projets IDEX à un transfert des moyens humains et financiers des universités vers une nouvelle entité extérieure aux universités. » Elle a par ailleurs alerté François Hollande dans une lettre ouverte des dangers du maintien de la LRU et les IDEX. Le président de la République n’entend en effet pas « revenir sur le principe d’autonomie », comme il l’a annoncé lors de la campagne présidentielle. Autonomie qu’une grande partie de la communauté universitaire conteste.

Les étudiants réunis appellent à une nouvelle assemblée générale pour le mois de novembre. Reste à savoir si la communauté universitaire sera au rendez-vous.

Notes

[1Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires

[2Institut national de la statistique et des études économiques

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