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Avec la primaire, Les Républicains de l’Hérault rêvent de reconquête

mercredi 16/11/2016 - mis à jour le 18/11/2016 à 14h34

Le parti Les Républicains, en perdition dans l’Hérault après avoir enchainé de lourdes défaites électorales depuis plus de dix ans, compte sur l’instant primaire pour se remettre en ordre de bataille.

Après un enchainement de campagnes chaotiques, de cuisantes défaites aux législatives, aux municipales puis aux régionales, la droite héraultaise – travaillée de surcroit par d’incessantes luttes d’égos – est en quête d’un magicien pour la remettre en selle. Mais faute de l’avoir trouvé, elle mise sur la primaire pour tenter de mobiliser son électorat et de mettre un terme à ces luttes intestines. Pas gagné… La victoire de Robert Ménard, soutenu par le Front national à Béziers ou encore la défaite de Dominique Reynié (le candidat de Nicolas Sarkozy, contesté localement) aux élections régionales ont laissé des plaies à vif.

Apaisement dans les rangs

Aujourd’hui l’heure est à la trêve et au rassemblement a minima autour du président départemental des Républicains et unique député de droite de l’Hérault, Élie Aboud. Tous les ténors locaux se sont accordés sur la répartition des bureaux de vote dans le département et sur la présence des assesseurs et des soutiens de chaque candidat le jour du scrutin. Une telle décision consensuelle est si inhabituelle que même Élie Aboud, battu aux municipales à Béziers par Robert Ménard, en est surpris : « Aucun commentaire et aucune remarque n’ont été émis à la suite des décisions prises. »

L’effet primaire plus fort que les guéguerres habituelles ? « Le pire n’est jamais certain  », s’amuse le sénateur-maire Les Républicains de Castelnau-le-Lez, Jean-Pierre Grand, à propos des tensions au sein de sa formation. Ce soutien d’Alain Juppé assure qu’il n’y a « pas de bataille d’égo » en ce moment parmi ses « amis » héraultais mais une « réelle vision commune de rassemblement ». Un langage d’apaisement après des semaines de très violents règlements de compte lors de l’élection, en début d’année, du président départemental du parti. Contesté par une partie des grands élus du cru, Élie Aboud affiche une posture de « neutralité bienveillante auprès de tous les candidats » pour ne pas réveiller les vieux démons de la division. Il a cependant accordé son soutien à Jean-François Copé pour que le maire de Meaux puisse concourir à la primaire.

50 000 électeurs espérés... pour 4000 adhérents héraultais

Crédit : carte réalisée par France 3 Languedoc-Roussillon.

Sur les 10 228 bureaux de vote ouverts les 20 et 27 novembre à l’occasion du scrutin, 161 bureaux de vote sont attribués au département de l’Hérault (soit 1,57 % pour une population héraultaise représentant environ 1,66% de la population française). Selon Élie Aboud, une primaire de la droite et du centre réussie « réunirait plus de cinq millions d’électeurs » en France et entre « 50 000 et 60 000 électeurs héraultais ». Des chiffres optimistes pour un département comptant officiellement 3960 adhérents. Le député espère surtout que « chaque militant aura la capacité de mobiliser entre 15 et 20 personnes autour de lui » afin d’aller voter lors de la primaire. Pour redonner de la crédibilité à son parti au plan local, il mise sur une forte participation : « Chacun a son écurie et son fan club, […], il est fondamental de respecter ça. Mais j’espère que la primaire permettra de mobiliser le plus de personnes possible. »

Difficulté à rassembler

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Capture d’écran du site internet de la fédération Les Républicains de l’Hérault… totalement laissé à l’abandon depuis 2015.

Crédit : DR

Les Républicains ont vu les choses en grand : 120 000 tracts ont été imprimés et seront distribués sur l’ensemble du département d’ici le premier tour. Des tracts neutres présentant les sept candidats et surtout le lieu des bureaux de vote. Élie Aboud souligne d’ailleurs ne pas savoir « comment les militants et les comités de soutien des candidats communiquent et font campagne ». Plus que la mise en valeur des différents programmes, les tracts et affiches mettent en valeur l’importance de la mobilisation le jour du vote. Selon Marine Michet, responsable départementale des jeunes Républicains, « faire de la politique à un niveau local pour une élection d’un nouveau type tel que la primaire n’est pas aisé ». Ce que confirme Adeline Bonamy, coordinatrice du comité de soutien de François Fillon à Montpellier. Cette dernière explique qu’en dépit d’un soutien « considérable de la société civile et des sympathisants », les comités de soutien peinent à mobiliser par manque de motivation, mais aussi par « manque d’habitude de ce genre de campagne » inédite à droite.

Dans l’Hérault politiquement meurtri par des années de divisions, l’après primaire est sans doute plus important que la stricte désignation du candidat à la présidentielle. Elle conditionnera surtout une éventuelle reconquête aux législatives de juin 2017.

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