Chronique télé.

C’est dans la boîte

mercredi 04/02/2009 - mis à jour le 12/02/2009 à 17h46

Changement de programme. Petite pause avec le zapping incessant des soirées télé. Cette semaine on trie, choisit et critique. Sélection des flops et des tops de la semaine.

Top :

Vendredi 29 janvier, 23H00, France 2 : Violences conjugales, en guise d’amour, un documentaire de François Chilowicz.

Les femmes battues. Un sujet récurrent dans les documentaires à sensations, les émissions de discussion ou les téléfilms. Une réalité plus ou moins bien abordée. Loin du sensationnalisme, François Chilowicz traite le sujet d’une manière originale. On perce les mystères de cet amour violent. De ces tristes histoires qui sont aussi le résultat d’un jeu à deux où la victime se présente rarement au singulier.
Rencontres avec des personnages étonnants de sincérité et de simplicité malgré la dureté de propos qui évoquent un lourd vécu.

Focus sur un jeune couple avec un bébé. Sur son canapé, l’homme, coincé entre ses sentiments. Haine, amour, il s’est perdu. « A ce moment là (ndlr : lorsqu’il frappe sa conjointe), je n’existe plus, je laisse mon corps parler. L’amour, c’est compliqué » Le même canapé, sa conjointe, seule. Elle évoque leur passé respectif fait de rapports de forces, de conflits. « Je me rends compte qu’on n’arrive pas à aimer comme il faut »

«  Il y a deux victimes. On n’est pas victime pendant 8 ans. C’est un rapport à deux. Le piège pour la femme c’est qu’elle croit qu’elle pourra soigner son compagnon. Mais il faut qu’elle se casse, il ne faut pas rentrer dans l’arène. ». Le regard las, cet homme à l’enfance chargée pour qui la violence est une névrose parle avec une étonnante lucidité de l’étroite frontière qui sépare victimes et bourreaux.

Calme et posé, un visage féminin apparait. Violée et battue devant ses enfants, une femme se raconte avec un calme bouleversant « J’étais une femme mariée à un homme, une femme sans consistance, la femme d’un homme, point. Sa chose, sa maîtresse. J’étais à lui, jusqu’à me prostituer en me prêtant à un autre. »

Une vie enfermée dans la peur que certains finissent par abandonner...
« Pour que ça s’arrête je lui disais excuse moi. Mais je ne savais pas pourquoi. Je me suis tout le temps dit que ça n’était qu’une période sinon je ne serais pas revenue. » Raconte ce petit bout de femme qui voit un jour son conjoint entrer dans la cuisine avec une énorme tige de bambou. Réaction immédiate, 4 coups de couteaux, 8 ans pour coups et blessures ayant entrainé la mort sans volonté de la donner. « Premier jour de prison, premier jour de liberté. »
« Je me sens victime car je vis avec un tyran. Coupable parce que j’ai continué l’histoire et j’ai enlevé le père de mes enfants. »

Le documentaire se termine sur une quinquagénaire souriante pour qui « un jour, le charme s’est rompu, la peur a cessé. »
« Aujourd’hui, j’ai rencontré un homme sans avoir peur, et ça, ça s’appelle l’amour. Le vrai. »

Des personnes de tout âge, tous milieux sociaux, qui se racontent à visage découvert, en toute simplicité. Sans musique dramatique, sans effusion de sentiments. Portrait intimiste, la caméra qui fait des gros plans devient confidente et se refuse à être dérangeante, fouineuse. Entre deux témoignages, une place laissée au temps. Un recul nécessaire pour le spectateur avec des petites longueurs qui font du bien.
Un documentaire de qualité qui a congédié la voix off pour le plus grand des plaisirs et qui n’est pas sans rappeler l’excellent Streep-tease. Mettre à nu sans voyeurisme, c’est possible.

Flop :

Mardi 27 janvier, 22h45, TF1, retour de Pascal, le grand frère. Nouvelle saison. Le héros des temps modernes est de retour pour lutter contre la crise d’adolescence. Son arrivée est remaniée. Véritable show à l’américaine, il débarque désormais au ralenti sur fond de musique rock avec un arrière plan urbain, genre tags et citées. A quand le grand frère à Bobigny ou en Saint Saine Denis ?

Cette semaine c’était Eric, « presque 16 ans ». Bouille sympathique, il ne supporte pas sa sœur et sa mère. Le père est en pleurs, le grand frère arrive, il trouve sa voie dans la maçonnerie et il devient gentil. Merci TF1.
Question. La chaîne a-t-elle un accord avec les BEP et CAP ? L’émission a le mérite de recruter des candidats dans toute la France.
Petit passage intéressant pour ceux qui aiment les dérapages. L’épisode habituel où l’ancien mauvais élève devenu bon grâce au grand frère vient faire la morale au jeune rebelle. Visiblement pas content, ce dernier lui met son point dans la figure. En voilà un qui aurait mieux fait de rester chez lui. Vaste exploitation nauséabonde du difficile métier d’éducateur, le show continuera tant que le spectateur roi ne zappera pas.

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