Ces militants français qui veulent se rendre à Gaza

dimanche 03/07/2011 - mis à jour le 16/10/2013 à 12h28

Dans les prochains jours, plusieurs bateaux internationaux, dont un bateau français, vont tenter de se rendre à Gaza pour dénoncer le blocus. Parmi les passagers, des citoyens français d’horizons différents.

« Nous voulons briser le blocus de Gaza, ce nouveau ghetto de Varsovie », assène Foued Medjabri. Ce jeune père de famille de 33 ans est engagé depuis plus de 10 ans en faveur de la cause palestinienne. Ainsi, se rendre à Gaza constitue, pour ce membre du collectif 69 de soutien au peuple palestinien, un moyen « de voir notre action concrète sur le terrain et de pouvoir échanger directement avec ce peuple occupé ».

Il se dit déterminé. L’assaut sanglant ayant coûté la vie à 9 personnes l’an dernier ne l’inquiète pas, d’autant qu’il bénéficie du soutien de sa famille. Il n’attend toutefois pas de miracle de cette expédition qui n’est « qu’une étape dans la libération de la Palestine ».

Alain Bosc, un des porte parole du bateau français, insiste sur le fait que cette opération provient de la société civile, « puisque les responsables politiques ne font rien ». Ainsi le bateau « comprend 48 personnes, dont des journalistes, des personnalités politiques, des universitaires et des artistes ».

Ce n’est pas la récente ouverture du passage de Rafah, qui vise a soulager la population de Gaza, qui va le dissuader de partir : « Le point de passage est limité, les marchandises ne peuvent pas passer. L’accès à la mer et à l’air sont interdits. Donc le blocus continue ! »

« Nous voulons que le peuple palestinien puisse vivre normalement ! », tempête Claude Leostic. Cette autre porte-parole de l’opération sera présente sur le bateau « pour apporter de l’aide humanitaire mais aussi un message d’espoir. Notre combat est en faveur du droit et il n’y aura pas de paix sans justice. »

Je serai “le juif” sur le bateau

George Gumpel est représentant national de l’Union juive française pour la paix (UJFP) et représentant européen de la Fédération des Juifs Européens pour une Paix Juste (EJJP). Sa particularité, être juif et antisioniste. Du haut de ces 74 ans, ce pro-palestinien convaincu, fils de déporté mort pour la France, tient à démontrer à travers sa participation qu’Israël ne représente pas les juifs. Au contraire, il tient à faire entendre la voix des juifs antisionistes.

Son judaïsme est d’ailleurs « une arme politique contre ceux qui parlent en notre nom et qui font de nous des Israéliens malgré nous. À commencer par ce gouvernement fasciste d’Israël et le CRIF [1] en France. Je serais “le juif” sur le bateau pour porter ce message et me dissocier de l’injustice qui est faites au peuple palestinien. » George ne sait pas s’il parviendra à Gaza, même s’il doute que les Israéliens réitèrent l’assaut meurtrier de l’an passé.

Que le Hamas, présenté comme un mouvement antisémite, gère la Bande de Gaza ne le dérange pas : « Ces gens ont été élu par le peuple. Ils ne sont pas antisémites. C’est de la propagande des Israéliens reprise par les médias. Nous ne sommes pas dans une bataille religieuse mais dans celle du respect du droit. Quand bien même il y aurait de l’antisémitisme, quand vous êtes enfermés dans un camp de concentration par des gens qui se réclament du judaïsme, comment voulez vous ne pas devenir antisémites ? C’est Israël qui s’en rend responsable. »

Ont-ils une chance de parvenir à Gaza ?

Foued est sceptique. Selon lui, « on peut s’attendre à tout. Je pense qu’ils vont tenter d’arraisonner le bateau pacifiquement avec toutefois une option violente en cas d’échec, mais je suis quasiment sûr qu’ils ne nous laisseront pas passer. »

À vrai dire, ces militants ne savent pas vraiment à quoi s’attendre : « Depuis le début les Israéliens soufflent le chaud et le froid. Un jour ils affirment qu’ils nous laisseront passer, le lendemain c’est le contraire. J’espère simplement que tout se passera dans le calme » affirme Claude Leostic.

En tout cas, s’ils n’imaginent pas que les Israéliens puissent réitérer leur assaut meurtrier de l’an passé, ils n’ont aucune garantie concernant la sécurité des passagers. « Nous avons demandé à ce que les bateaux soient fouillés pour montrer notre caractère pacifique. Après je ne pense pas qu’Israël osera s’attaquer à des civils internationaux. » précise Alain Bosc. « Cela ne ferait que dégrader leur image » ajoute Claude.

Pour Georges, cela démontrera simplement « qu’Israël n’est pas un État démocratique. Déjà parce qu’il ne respecte pas le droit international. D’autre part, parce que lorsque vous vous rendez dans un État démocratique, vous n’avez pas le risque d’avoir à faire à une puissance occupante. »

Quelque soit l’issue de l’expédition, ces militants ne semblent aucunement inquiets.

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Notes

[1Conseil représentatif des institutions juives de France

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