Charlotte Marchandise veut « hacker la politique »

mardi 15/11/2016 - mis à jour le 16/11/2016 à 03h16

Candidate à LaPrimaire.org, Charlotte Marchandise veut casser les codes de la politique classique. Rencontre avec une hyperactive déjà engagée dans la course aux 500 signatures pour la présidentielle.

Charlotte Marchandise et ses 1001 vies… Active dans le milieu associatif, formatrice indépendante, adjointe en charge de la santé à la mairie de Rennes, présidente du réseau des villes OMS, elle vient en plus de sortir en tête du 1er tour de LaPrimaire.org, qui vise à faire émerger une candidature citoyenne à la présidentielle (sur le même sujet, lire notre article sur LaPrimaire.org). C’était pour elle une question vitale et, surtout, de convictions. Comme les organisateurs de la primaire citoyenne, elle a dressé depuis longtemps le constat d’une perte de confiance des Français dans la politique. Mais contrairement à tous ceux qui se contentent « de râler au lieu d’agir », elle entend « réformer ce système qui ne fonctionne plus  ».

Charlotte Marchandise se détachait des 12 autres candidats de la LaPrimaire.org (ils ne sont plus que 5 avec elle en lice pour le second tour) par sa relative expérience en politique. Non encartée, elle a été élue au titre de la société civile en 2014 à la mairie PS de Rennes.

Militante, élue mais pas partisane

Jusqu’à cette date, elle se tenait à l’écart de la politique, préférant l’engagement associatif. Motivée par les valeurs de tolérance, de solidarité et de justice sociale, comme elle l’affirme sur le site de LaPrimaire.org, Charlotte Marchandise se définit aussi comme une « militante ».
« À chaque fois que je me suis rapprochée des partis politiques, je m’en suis vite écartée. Je ne me reconnais pas dans leur fonctionnement, que ça soit leur structure, leur côté partisan et leur manque de transparence. C’est surtout l’absence de renouvellement politique et l’insuffisante présence de femmes qui me dérangent. »

En 2014, elle est approchée par plusieurs formations politiques. La liste « Changez la Ville », composée à parts égales de membres d’EELV, du Front de Gauche et de Citoyens, la convainc d’aller plus loin.

« Ils cherchaient des femmes, car la parité c’est ça aussi, et des gens impliqués de la société civile, non encartés. Ils m’ont convaincu grâce à l’affiche qui mettait en avant un homme et une femme. Je me suis présentée en me disant qu’on ne sera jamais élu. À Rennes, le Parti socialiste a pignon sur rue. On a fait 16 %, il y a eu des négociations et des postes d’adjoints ont été attribués. Comme je me suis beaucoup impliquée pour que les non encartés soient aussi dans ces discussions, j’ai accepté un mandat d’adjointe déléguée à la santé à la mairie qu’on m’a proposé. Pour moi, la société civile apporte des qualités différentes que celles des politiques.  »

Charlotte Marchandise affirme que ce mandat d’élue est un avantage pour candidater à LaPrimaire.org. Elle n’y voit pas de contradiction avec le présupposé de la primaire : avoir des candidats politiquement vierges. « Je suis en capacité de parler un peu mieux des relations de pouvoir et de la façon dont ça se passe que quelqu’un qui n’aura jamais mis les pieds là-dedans. Cela me permet aussi de me confronter à la réalité du métier. »

Réformer la politique de l’intérieur

Pour autant, Charlotte Marchandise avoue en substance « ne pas avoir ce qu’il faut pour faire de la politique  », prisonnière de ces codes anachroniques. Elle veut donc réformer « ce système qui ne fonctionne plus  ». « Il faut hacker la politique », se réjouit-elle. Pour y parvenir, elle souhaite remettre au centre des débats des préoccupations majeures trop peu traitées par les agendas politiques classiques : santé, renouvellement écologique et démocratie. Et profiter de ce nouvel instrument de démocratie offert par LaPrimaire.org pour réformer ce qui ne marche pas. Pour cela, la candidate compte bien s’appuyer sur son expérience : « Présidente des villes OMS, je travaille avec 85 villes. Là où je me sens le plus utile, c’est quand on arrive à écrire une déclaration politique commune avec des villes qui vont de Les Républicains au Front de gauche. Quelque part, je suis beaucoup moins clivante car mon intérêt n’est pas de défendre mon parti mais de représenter le plus de Français possible et de trouver une forme de dialogue entre des intérêts différents.  »

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La dessinatrice, Tatienne Laplanche, tire le portrait de Charlotte Marchandise pour LaPrimaire.org.

Crédit : Tatienne Laplanche (Twitter : @Tatiennedessine)

Côté programme, elle ne recherche pas l’exhaustivité mais des propositions qui « rassemblent au-delà des partis ». S’estimant « pas du tout légitime pour écrire un programme seule  », elle compte s’appuyer des experts scientifiques, économistes de tout bord. L’une de ces mesures phares consiste à donner le droit aux citoyens de réécrire la Constitution en deux ans. Elle souhaite d’ailleurs limiter son éventuelle présidence de la République à ce laps de temps, « nécessaire pour créer une constituante en emmenant tout le monde ».

Habituée à travailler avec les élus dans le cadre de ses fonctions, Charlotte Marchandise refuse de tomber dans le stéréotype du « tous pourris ». Elle pose même un regard bienveillant sur les maires des petites villes : « Ils gagnent 800 euros par mois, ils sont 24 h sur 24 sur le pont et n’arrivent pas forcément à concilier une vie professionnelle avec une vie élective. Ils se retrouvent pieds et poings liés à cumuler des mandats. Moi, je ne cumule pas, mais je ne gagne pas assez ma vie en tant qu’élue. »

L’hyperactive Charlotte Marchandise pourrait donner le tournis tant elle multiplie les activités et bouillonne d’idées. « Ma famille est à 100 % derrière moi. Mon fils de 6 ans a dit à sa maîtresse que sa maman allait remplacer François Hollande », lâche-t-elle en rigolant. Vraiment une blague ? Pas si sûr : elle a commencé la course aux 500 parrainages pour pouvoir se présenter à la présidentielle. Mais à l’entendre « ce mouvement citoyen se joue sur le long terme, le véritable enjeu c’est les municipales dans quatre ans.  » Elle en est convaincue : « On est en train de créer un outil qui va permettre de changer les choses.  »

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2 réactions

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  • Charlotte Marchandise veut « hacker la politique »

    17 novembre 2016 23:59, par Sjoerd Borkent

    repondre message

    Combien de signatures faut-il de plus ?

  • Charlotte Marchandise veut « hacker la politique »

    15 novembre 2016 23:15, par Cholez

    repondre message

    Bonjour, je crois entendre ce que j’ai toujours rêvé.
    Je pense qu’il faut tout changer, et d’abord se baser sur une nouvelle constitution, dont personne ne veut entendre,dans les milieux politiques.
    La démocratie, doit prévaloir avant d’aller plus loin.
    Il faut commencer à en lancer les bases, et s’enrichir de tous les avis, en faire une synthèse pour démarrer une discussion nationale.
    Il est quasiment impossible actuellement avec le système de la 5ème République de faire avancer le moindre changement.
    La première idée est donc de relancer la Démocratie, abolie en 1962.
    Lorsque le peuple aura défini les règles, alors nous pourrons commencer de nouvelles élections en prenant en compte tous les suffrages.
    Aucun ne pourra être élu sans avoir obtenu 50% des suffrages des électeurs....

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