Téléchargement musical

Comment Internet a révolutionné les pratiques d’écoute

lundi 14/03/2011

Acheteur ou pirate, téléchargement ou streaming : où vous situez-vous ?
Depuis plusieurs années les ventes de CD sont en baisse constante en France, reléguant ce qui passait pour des objets high-tech dans les années 80 à des produits de plus en plus dépassés aujourd’hui. Désormais, la toile a investi le terrain et renouvelle les pratiques d’écoute grâce à des sites proposant des millions de titres. À quel profil d’utilisateur appartenez-vous ?

Écouter de la musique sur Internet est devenu une pratique de plus en plus répandue. Sans pour autant se passer de son poste radio, la toile a investi le champ musical, bousculant les codes d’écoute. Le web regorge de nouveaux sites proposant des catalogues complets d’œuvres musicales. Des dernières nouveautés en streaming, en passant par les web-radios au téléchargement illégal, légal, à quelle méthode adhérez-vous ? Consommateurs avertis, épisodiques, peureux ou carrément inconscients, divers profils d’utilisateurs émergent.

Dans la jungle des offres d’écoute, certains pourraient s’y perdre…

1. Le novice

Aucune connaissance des techniques de contournement pour télécharger et sa peur de la loi ne lui donnent pas envie de sauter le pas. Marie, 30 ans, n’a jamais été fan du téléchargement sous quelques formes que ce soit. « Même avant Hadopi, j’avais peur de télécharger illégalement. C’est pour cela que je n’ai jamais essayé de comprendre comment ça marchait. Malgré la diminution de ma consommation de CD, je reste quand même attachée à l’objet. Dès que j’ai une connexion, j’écoute de la musique en streaming sur Deezer qui me permet d’avoir des playlists gratuites en toute légalité. »

… D’autres se fient au téléchargement légal pour acquérir leur musique.

2. Le solidaire

Il est prêt à payer. Avec ou sans limites. C’est le cas de Gaëlle, 23 ans, qui n’a jamais téléchargé illégalement par manque de connaissances et par peur de se faire prendre. Elle utilise les plateformes légales pour ses morceaux préférés. Pour les hits éphémères, elle fait appel à ses amis qui eux téléchargent illégalement. Elle s’intéresse à la « carte musique jeune » pour acheter à moitié prix sur iTunes, plateforme dont elle limite l’usage, en raison de son coût. Payer ce qu’elle consomme est important pour elle : « Quand on n’a pas les moyens, on limite ses achats. Il faut aussi se mettre à la place des artistes qui triment souvent avant d’en arriver là. »

Il y a ceux qui s’aventurent sur des chemins détournés tout en restant sur leurs gardes.

3. Le semi-conscient

Conscient que la loi existe, il continue de télécharger illégalement mais avec modération. Bien qu’Hadopi ne lui fasse pas réellement peur. Arnaud, 18 ans, téléchargeait avant Hadopi et continue aujourd’hui. Il utilise une plateforme de téléchargement direct plus pratique que le “peer to peer” [1]. « Je connais la loi Hadopi mais elle a dix ans de retard, elle est faite de façon à coincer des gens qui téléchargent en “peer-to-peer”. Ce n’est qu’au bout du 2e ou 3e mail que l’on risque des poursuites judiciaires, j’ai donc le temps de voir venir. De plus, je ne suis pas un accro au téléchargement, je me contente de deux titres par semaine. J’utilise pas mal You Tube, c’est simple et sans contraintes de pub ou d’inscription. »

Les plus téméraires se lancent sur des pentes escarpées.

4. Le hors la loi

Prise de risque maximale, rien ne l’effraie. Julien, 24 ans, télécharge illégalement de la musique et use de logiciels gratuits pour passer inaperçu grâce aux changements d’adresses IP. Pour lui, aucune inquiétude vis-à-vis d’Hadopi. Le manque d’argent est sa principale motivation. S’il en avait les moyens, il achèterait des CD pour se constituer une belle bibliothèque d’œuvres. Malgré tout, il comprend le côté addictif du téléchargement et de la liberté de piocher ça et là des œuvres. Son utilisation de Deezer ne l’a pas convaincu : « Il faut internet tout le temps. » Avec le téléchargement, la musique est définitivement accessible sur son ordinateur.

Certains reviennent dans le droit chemin.

5. Le repenti

Il a arrêté de télécharger par peur d’Hadopi ou pour des raisons pratiques.
Guilhem, 21 ans, ne télécharge plus illégalement depuis un an. En cas de besoin il demande à ses proches. « J’ai arrêté par manque de temps et parce que le streaming compense énormément. Cette technique a encore de beaux jours devant elle étant donné qu’elle n’est pas réprimée par la loi Hadopi. Je vais notamment sur musicMe et j’ai récemment découvert le téléchargement légal sur Beezik et Jamendo. »

Au milieu de toutes ces offres, le consommateur réinvente sa façon d’écouter la musique, en naviguant d’une offre à l’autre plus ou moins légalement.

Le dernier rapport de la Hadopi a estimé que 49% des internautes consomment des biens culturels obtenus de façon illégale, pratique plus répandue parmi les jeunes, (70% des 15-24 ans), contre 55% des 25-39 ans et 32% des 40 ans et plus.

Cette étude réalisée en ligne du 25 octobre au 4 novembre 2010 auprès de 2687 internautes français.

Notes

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