Reportage

Dans la peau d’un “pottermaniaque”

samedi 27/11/2010 - mis à jour le 27/11/2010 à 21h01

Pour assister à une séance d’Harry Potter 7 le jour de sa sortie, rien ne doit être laissé au hasard. Les mordus du petit sorcier à lunettes se sont donné rendez-vous au Gaumont Comédie, le 24 novembre. Retour sur un véritable parcours du combattant.

12h45. Une vingtaine de personnes patientent déjà devant les portes closes du cinéma. Munis de leur casse-croûte, tous attendent l’ouverture de la billetterie. Des voix haut perchées traduisent l’excitation ambiante. Chacune y va de son petit commentaire. « La maison des Weasley, c’est pas dans le 6 qu’elle explose ? », demande l’une. « Si ! Mais ce qu’on a vu dans la bande-annonce du 7, c’est celle du père de Luna », répond l’autre. Un peu plus loin, une jeune fille tend son poignet et s’extasie : « Oh regardez ! J’ai une cicatrice ! On dirait que Voldemort m’a marquée ! »

Vincent, 19 ans, est directement issu de la génération Harry Potter : « J’ai suivi la sortie des livres et des films. J’avais 11 ans, comme Harry, quand le premier roman est paru. » Son amie Mathilde a pris le Poudlard Express en marche : « J’ai commencé par les films, ce sont eux qui m’ont donné envie de lire la “saga” ».

Charlotte attend beaucoup du septième opus. « J’ai été déçue par le 6. Je viens voir si David Yates est resté fidèle aux Reliques de la Mort. » Cette fan inconditionnelle a réussi à motiver sa tante. « Je n’aime pas Harry Potter, explique Betty. Mais je voulais rester dans le coup. En plus, ça nous permet de passer un bon moment en famille. »

En revanche, Léa et ses six copines de collège n’auraient raté l’évènement pour rien au monde. « J’ai participé au concours pour que Montpellier puisse accueillir l’avant-première. J’aurais aimé voir les acteurs en vrai et en profiter pour réviser mon anglais. » « On a vu tous les films », racontent Jessica et sa bande. « Même sans lire les bouquins, on les a bien aimés. Harry Potter mérite son succès, pas comme Twilight. »

13h20. Les portes s’ouvrent enfin et la troupe s’engage dans le cinéma. Certains se ruent sur la borne automatique, pensant gagner du temps. Mais c’était sans compter l’intervention d’une employée zélée : « Dites-moi quel film vous voulez voir et je le fais pour vous. » L’écran tactile n’est bizarrement pas accessible aux clients. Billet en poche, une partie du public entre dans la salle. Le reste préfère réserver sa place pour la prochaine séance.

Voldemort : « Harry, je suis ton père ! »

17h30. Même lieu, autre ambiance. Contrairement à la VF, les spectateurs de la VOST sont moins nombreux et plus âgés. Au détour d’une rangée, deux quinquagénaires trépignent : « Vivement que ça commence ! » Derrière, Alexandra, 25 ans, et Ivan, 32 ans, viennent profiter de l’accent anglais. « Avec la version originale, on profite mieux du jeu des acteurs parce que le doublage français n’est jamais bon. »

18h20. La salle s’obscurcit. Le thème d’Harry Potter retentit. Le silence se fait. Malgré la concentration générale, Mondingus Fletcher en petit chauve italien, déclenche des rires moqueurs. Certaines scènes provoquent même des commentaires amusés. « Oh, des verres qui se remplissent tous seuls ! Génial ! » Arrivé à Godric’s Hollow, la tension est palpable. La vieille Bathilda Tourdesac n’a pas effrayé que les héros. L’assistance sursaute. Et vers la fin, les larmes coulent quand Harry doit enterrer un de ses compagnons…

20h33. Les lumières se rallument. A la sortie, les spectateurs ne peuvent pas s’empêcher de débattre. Malgré le froid, Ivan, Alexandra et leurs amis campent derrière le cinéma. « Il y a des éléments qui sont vraiment réussis, comme la scène du début avec Hermione et ses parents », commente Ivan, enthousiaste. Philippe remarque des ressemblances troublantes : « La distinction sang pur-sang de bourbe, la typographie des tracts du Ministère et les uniformes rappellent beaucoup la période nazie. Et le coup du médaillon fait très Seigneur des Anneaux ! » Alexandra plaisante : « Ouais, et après tu vas voir qu’Hermione et Harry sont frères et sœurs ! Et que Voldemort est leur père… Ah, mais ça serait pas Star Wars ? »

Les éclats de rires laissent vite place au passage en revue des défauts. « Le serpent, je l’imaginais mieux fait », « Ils n’ont pas mis la mort de Queudver, c’est dommage ! »… Gauthier est le moins convaincu de tous : « L’aspect blockbuster passe avant Harry Potter. Même si je n’ai pas lu les livres, je ne pense pas que j’irai voir la suite... Mais juste, c’est quoi l’histoire de la biche argentée dans la forêt ? » Ses amis ricanent et lui lancent : « Si tu veux savoir, tu seras obligé de venir avec nous en juillet ! » Cela signifie-t-il qu’ils iront voir la deuxième partie, en dépit de leur petite déception ? « Évidemment ! »

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