Étudiants boursiers à Montpellier : difficulté ou opportunisme ?

mercredi 08/12/2010

Montpellier est la ville étudiante par excellence. 93 000 jeunes effectuent leurs études dans l’académie, dont 60 000 dans la capitale régionale. De tels chiffres sont en partie rendus possibles grâce à un système d’aide versé par l’État français : les bourses universitaires. Qui sont ces étudiants “payés pour étudier” et comment vivent-ils ? Petit tour d’horizon chez les principaux intéressés.

En 2009, un étudiant sur trois était boursier dans l’académie de Montpellier. Une statistique en hausse par rapport à l’année précédente. « On constate une augmentation de 11 % depuis 2008, explique Lorine Chauchard, chargée de communication du CROUS de Montpellier. Mais cet accroissement n’est pas significatif. Les effectifs étudiants augmentent en même temps que le nombre de jeunes qui font une demande de bourse. Il faut aussi tenir compte de la réévaluation récente des critères pour accéder à l’échelon le plus bas. Cela permet à plus d’étudiants d’avoir une aide. »

Profil des boursiers

Les bourses universitaires sont attribuées sur critères sociaux à tout Français ou ressortissant de l’Union européenne, âgé de moins de 28 ans et inscrit à l’université. Les étudiants qui rentrent dans cette catégorie ont-ils de réelles difficultés financières ? Oui, à en croire Lorine Chauchard : « Il existe une fragilité dans la population du Languedoc-Roussillon. Les revenus sont particulièrement bas. Le résultat est que 51 % des boursiers se situent aux échelons les plus élevés. » Autrement dit, la moitié d’entre eux perçoivent entre 370 et 460 euros par mois. Une somme non négligeable.

Mais les bénéficiaires ont-ils réellement besoin de ces “revenus” ? Pour certains, c’est une véritable nécessité. « Mon père est décédé, ma mère a du mal à joindre les deux bouts. Sans les aides, je ne pourrais pas suivre mes études d’archéologie, raconte Pierre, 21 ans. La bourse me permet de payer toutes les dépenses de la vie quotidienne : le loyer, les courses… »

Pour d’autres, cette somme versée se rapporte plutôt à de l’argent de poche. « Je ne suis boursier que depuis cette année. Pour l’instant, je dois avouer que je me sers plutôt de mes 160 euros par mois pour sortir », rapporte Julien, en Licence de lettres.

Aide au logement

Les boursiers bénéficient d’un avantage considérable par rapport aux autres étudiants. Ils sont prioritaires sur les listes des résidences universitaires et obtiennent plus facilement un logement.

Teddy, 27 ans, est en deuxième année de géographie : « Je viens de Nouvelle-Calédonie. Je m’y suis pris un an à l’avance pour avoir un studio à la cité Vert-Bois. Si je n’avais pas été boursier, j’aurais eu peu de chances de l’obtenir vu toutes les demandes. » Fanny, 19 ans, renchérit : « En octobre, quand je me suis présentée à l’accueil de la résidence pour retirer mes clés, on m’a dit que c’était un privilège d’avoir un studio ici. »

Les contreparties

Être étudiant boursier sous-entend une assiduité irréprochable. Il faut suivre les enseignements dispensés par l’université et assister aux examens. Si ce contrat n’est pas rempli, le versement de l’aide est suspendu et un remboursement est exigé. Manon, étudiante en Licence d’anglais, en a fait l’amère expérience : « L’année dernière, je n’étais pas très sérieuse. J’ai raté plusieurs cours et je ne me suis pas présentée à un partiel. La sanction est tombée rapidement : on m’a supprimé les aides et j’ai dû en rembourser une partie. »

« Au final, nous sommes des étudiants normaux, avec peut-être un peu plus de problèmes, résume Pierre. Il n’y a pas de quoi nous stigmatiser. C’est vrai que l’on m’a un peu charrié en début d’année lorsque j’ai payé 4 € de frais d’inscription. Mais ce n’était pas méchant. »

Cette impression est partagée par Aurélien, non-boursier, étudiant en histoire : « Je trouve juste que ceux qui en ont le plus besoin bénéficient d’aides de l’État. Certains pensent que ce sont des assistés. Mais ils oublient souvent qu’en contrepartie, ce sont des étudiants dont les parents sont en difficulté. Il n’y a pas de quoi les envier. »

Photo : La cité Vert-Bois, située à proximité de l’université Paul Valéry.

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