Santé

Fait-il bon vieillir en Languedoc-Roussillon ?

dimanche 21/11/2010

Depuis la promulgation de la loi sur la réforme des retraites, l’âge auquel les Français pourront profiter de leurs vieux jours est entériné. Qu’en est-il de l’après ? Lundi 15 novembre, La Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT) a organisé une journée “Vieillir en Languedoc-Roussillon” au Corum. L’occasion de faire le point sur la situation des seniors dans la région.

Que ce soit grâce à la gastronomie, aux structures médicales ou simplement à l’ambiance, l’espérance de vie en Languedoc-Roussillon dépasse les 80 ans. « J’aime le dynamisme de Montpellier, j’y vis depuis trente ans », confie monsieur Jany entre deux mots-croisés. « C’est très agréable de se promener sur la place de la Canourgue ou sur l’Esplanade, surtout avec un beau temps pareil » . Pourquoi bougerait-il alors que tous ces amis sont là ? Quand il le fait, c’est pour visiter la région. Dernièrement, il a découvert la vallée de l’Orb, près de Bédarieux. « Mais je suis aussi avec assiduité les conférences de l’Agora des Savoirs, ça m’occupe », déclare l’octogénaire en souriant.

47 000 personnes âgées dépendantes en 2015

Une enquête de la CARSAT révèle que 29% des seniors languedociens ont, comme monsieur Jany, une activité collective et 100 000 d’entre eux contribuent à l’animation du tissu associatif régional. D’autres sont moins intégrés à la société. Une personne sur quatre, ayant entre 55 et 74 ans, vivrait seule. « C’est (…) cette population qui, dans 15 ou 20 ans, sera (…) soumise au risque de devenir dépendante pour les actes de la vie courante et ainsi perdre son autonomie » conclut la CARSAT.

Nicolas Sarkozy prévoit une réforme de la dépendance et la création du cinquième risque pour l'été 2011 tv.sfr.fr/google-image/DR {JPEG} L’Institut National de Statistiques et d’Études Économiques (INSEE), de son côté, se projette en 2015 et annonce que « le nombre de personnes âgées dépendantes devrait dépasser les 47 000 dans la région ». En 2007, 58 500 personnes dans le Languedoc-Roussillon bénéficiaient déjà de l’Allocation Personnalisée à l’Autonomie (APA), financée par les départements. Mais, comme l’a rappelé Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 16 novembre : « il existe un déficit de financement puisque les recettes augmentent de 2% par an et les dépenses de 4% ».

« L’arrivée massive des “baby-boomers” à l’âge de la retraite et leur part prépondérante dans la démographie va modifier le paysage social régional, prévient l’INSEE. Les 60 ans et plus représenteront une population quasiment équivalente en nombre à celle des actifs ayant un emploi ». La CARSAT montre, qu’aujourd’hui, 10% des hommes entre 55 et 59 ans sont au chômage, avec un âge moyen de départ à la retraite de 58 ans. Le chômage des seniors et le financement du “cinquième risque” pourraient devenir une problématique centrale en Languedoc-Roussillon.

Des établissements hospitaliers et un milieu associatif structuré

En attendant la réforme sur la dépendance - que le président compte mener dans quelques mois - et les effets de celle des retraites sur les caisses de la Sécurité Sociale, des associations apportent déjà une aide précieuse aux personnes âgées et à leur famille. Claudette Cadène, présidente de France Alzheimer dans l’Hérault a répondu présente à l’invitation de la CARSAT au Corum. « Les gens ont beaucoup de questions sur notre action », explique la présidente. « Nous essayons de conseiller les familles, de les soutenir dans l’accompagnement de leurs proches malades ».

En matière d’établissements hospitaliers, Montpellier est plutôt bien lotie. La ville compte un CHU et quatre cliniques de plus de 300 lits ayant obtenus la note maximale au classement publié en décembre 2009 par l’Express. C’est aussi le cas des hôpitaux locaux de Pézenas, Clermont-l’Hérault ou Bédarieux.

Il en faudrait beaucoup plus pour qu’Isabelle et Marie-Agnès quittent leurs montagnes grenobloises. « On vient à Montpellier de temps en temps et c’est vrai que beaucoup de gens pensent à venir dans le sud pour leur retraite, commence la première. Mais tous nos amis sont en Isère et je suis attachée à mon cocon » conclue la seconde, les mettant ainsi toutes les deux d’accord.

Karine, elle, a la bougeotte. « À 37 ans, je n’ai pas envie de penser à ma retraite ! Mais si je devais choisir, j’irais dans les DOM-TOM, au soleil ». En voilà une qui ne fera pas de vieux os dans le Languedoc-Roussillon !

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