Fillon dit non à la taxe carbone

mercredi 24/03/2010

François Fillon annonçait hier, mardi 23 mars, le report de l’application de la taxe carbone au niveau national, au profit de négociations européennes, provoquant ainsi de nombreuses réactions dans le milieu politique. Alors que le président de la République proclamait le 15 septembre 2009 que cette taxe serait un événement historique, à la hauteur de l’abolition de la peine de mort ou de la décolonisation, le recul qu’affiche le gouvernement suite à l’annonce de François Fillon suscite incompréhension et critiques de toutes parts.

Au micro de Nicolas Demorand, au matin du 24 mars, Michel Rocard, président de la conférence d’experts sur la taxe carbone mais qui se considère toujours de l’opposition, trouvait « stupide » cette décision du gouvernement : « il a réagit trop rapidement, sous le coup des élections régionales […] et cela d’autant plus que Nicolas Sarkozy considérait jusqu’à hier que les élections locales ne devaient pas avoir de conséquences nationales. »

Également contacté par France Inter, Cécile Duflot se disait consternée : « je suis fatigué des hommes politiques français qui se tournent vers l’Europe quand ils n’ont pas le courage d’assumer leurs promesses. »

A cette annonce, Noël Mamère a violemment réagit sur le Monde.fr : « le président a préféré plaire à sa majorité et satisfaire les grands lobbies industriels de ce pays ainsi qu’au Medef plutôt que de répondre à ses engagements. »

Comme écho, Laurence Parisot se réjouissait dans un communiqué : « nous sommes soulagés, notamment pour toute l’industrie qui n’aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité […] Nous avons su convaincre. »

Par contre, Chantal Jouano se plaint sans retenue aucune sur le site les échos.fr : « je suis désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l’écolo-scepticisme qui l’emporte […] C’était possible de le faire en France avant de le faire en Europe. C’est ce qu’on avait prévu à l’origine, c’est ce que d’autres pays comme la Suède ont fait. »

Empêtrée dans ces contradictions, la majorité ne sait plus sur quel pied danser. Après le revers mal vécu des élections régionales, que les ministres ont tous tenté de minimiser, on sent naître une fébrilité face aux problèmes qui s’accumulent. Les manifestations sociales d’hier, mardi 23 mars, ayant remportées un assez bon succès, la réforme des retraites qui s’annonce difficile pour le gouvernement et qui peut jouer sur la capacité de Nicolas Sarkozy à se représenter en 2012 en faisant remonter ou dégringoler sa côte de popularité, ainsi que les évidentes tensions internes au sein même de la majorité qui remettent en cause les méthodes politiques du président, déstabilisent fortement les dirigeants.

Tout ceci montre que la présidence est beaucoup moins solide et inébranlable que ce qu’elle s’évertue à démontrer. Traduisez : la majorité, sous des dehors sereins et déterminés, comme investie d’une sorte de mission divine que rien ne saurait faire ployer, risque pourtant de ralentir fortement la machine à réformer qui jusqu’ici semblait difficile à arrêter. La réforme des retraites sera le révélateur des problèmes que la majorité accumule et certainement le plus dur combat que le président aura à mener.

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