Interview

France Jamet : « Les élus du FN en Languedoc-Roussillon sont à 100% derrière Marine »

samedi 08/01/2011 - mis à jour le 14/01/2011 à 00h20

France Jamet est la présidente du groupe Front National au Conseil régional du Languedoc-Roussillon. Elle est également la fille d’Alain Jamet, membre historique du FN et président du comité de soutien à Marine Le Pen. Elle supporte la vice-présidente du FN dans la prochaine élection interne du parti, visant à désigner le successeur de Jean-Marie Le Pen.

Pourquoi soutenez-vous Marine Le Pen ?

Je la soutiens avant tout parce qu’elle a la légitimité, ce n’est pas une héritière. Elle a grandi dans un environnement qui l’amène tout naturellement à cette position. Elle est jeune, moderne, elle fait avancer le FN et l’adapte à son temps.

Aux derniers congrès de votre parti, c’est toujours Bruno Gollnisch qui est arrivé second. N’est-ce pas lui qui détiendrait plutôt une légitimité historique et Marine Le Pen une légitimité médiatique ?

Depuis 2002, Marine s’est beaucoup impliquée. Elle a fait d’excellents résultats aux municipales d’Hénin Beaumont, c’est une femme de terrain et entre-temps, elle est devenue vice-présidente du Front. Elle a une meilleure manière d’appréhender la politique que son adversaire. Sur les questions d’immigration, elle est parvenue à dédiaboliser le parti et à rendre le discours audible. Marine a beaucoup travaillé l’aspect économique, elle est plus pragmatique sur les questions liées aux problèmes de la mondialisation et de l’Union Européenne. Elle a une manière “féminine” de faire de la politique.

Quelle est la position des élus et des militants de la région vis-à-vis de cette confrontation ?

Les élus du FN en Languedoc-Roussillon sont à 100% derrière Marine Le Pen. Pour la base, il suffit de comparer le nombre de personnes venues assister au meeting de Marine Le Pen et de Bruno Gollnisch dans l’Hérault. Ils étaient 450 pour Marine et 50 pour Gollnisch.

L’élection n’est-elle donc pas jouée d’avance ?

Non, car rien ne permet de préjuger de ce qui se passera les 15 et 16 janvier prochains. Toutefois, je pense que c’est bien parti pour Marine Le Pen. Par exemple, lorsqu’elle est passée sur France 2 dans l’émission “À vous de juger”, le soir-même, nous avons eu 3 800 demandes d’adhésion. Il y a un vrai mouvement mariniste.

Pensez-vous qu’il y ait une possibilité de victoire réelle aux prochaines présidentielles avec Marine Le Pen ? Avec Bruno Gollnisch ?

Je pense qu’avec Marine, la victoire est possible. D’une part, parce que l’Élysée est inquiet et d’autre part, parce qu’elle a un vrai potentiel et qu’il y a une véritable demande. Au vu des contacts, nous sommes très sollicités. Le peuple en a marre du “système UMPS” et comprend avec lucidité que nous sommes les seuls à pouvoir les sortir de ce désastre dans lesquels nous ont plongés les gouvernements successifs depuis 30 ans. Avec Bruno Gollnisch, nous avons beaucoup moins de chance car il n’a pas la capacité de rassemblement de Marine et qu’il est moins populaire.

N’y a t-il pas un risque de scission après les élections, surtout si Gollnisch l’emporte ?

Il ne faudrait pas, même s’il peut y avoir certes des aigreurs. Mais si Gollnisch est élu et qu’il réintègre des anciens du Front, il sera difficile de travailler avec des gens qui sont des anti Le Pen et qui ont combattu le parti. Je ne suis toutefois pas sûre que tous ces gens souhaitent revenir, notamment les militants du MNR (Mouvement National Républicain de Bruno Mégret, NDLR). Pour ma part, s’il l’emporte, je resterai à mes fonctions. On ne pratiquera pas la politique de la chaise vide.

Croyez-vous que Marine Le Pen a commis une erreur en parlant “d’occupation” pour les prières musulmanes dans la rue le vendredi à Paris ?

Non, parce qu’elle ne doit pas s’interdire des mots ou des références à l’Histoire. On peut parler d’occupation car nous sommes pratiquement en guerre. La burqa, l’offensive du halal, les demandes d’horaires séparés dans les piscines montrent qu’il y a une véritable guerre menée contre notre civilisation, notamment par le fondamentalisme islamique qui veut détruire notre république. Si nous continuons à laisser faire et que nous ne réaffirmons pas fermement notre principe de laïcité, nous allons vers de grands problèmes. Je crois d’ailleurs que Marine est entendue par la population immigrée qui selon moi, est composée à 60 ou 70% de gens qui veulent s’intégrer et se reconnaissent dans notre discours.

Sur le plan languedocien, que pensez-vous de la succession de Christian Bourquin à Georges Frêche à la tête de la région ?

Je crois que ce n’est pas l’homme de la situation et qu’il n’a aucune stratégie. Il n’y a qu’à voir sa gestion du projet État-Région concernant les universités. Aller à la confrontation avec la communauté académique est ce qu’il pouvait faire de pire, c’est une grave erreur. Je pense qu’il souhaite une rupture avec Frêche qui va mener au “no man’s land”. Les conseils régionaux sont devenus avec lui vraiment minables et barbants.

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