Harry Potter 7 : réussite ou déception ?

jeudi 25/11/2010 - mis à jour le 27/11/2010 à 20h48

Depuis le 24 novembre 2010, c’est la libération ! La première partie des Reliques de la Mort débarque dans les salles obscures. Décryptage d’un film tant attendu.

Harry, Ron et Hermione ont bien grandi. Finie la belle vie à Poudlard, rythmée par les cours de Défense contre les Forces du Mal, les matchs de Quidditch et les excursions à Pré-au-Lard. Désormais, l’Elu doit vaincre le plus grand Mage Noir de tous les temps et ce sans l’aide d’Albus Dumbledore, assassiné par le traître Severus Rogue. Pour cela, un seul moyen : retrouver les Horcruxes, des objets renfermant l’âme de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, et les détruire.

Voici, en quelques mots, la première partie Des Reliques de la Mort. Ou comment faire rentrer 500 pages dans un film de 2h27. Un exercice périlleux auquel s’est essayé le britannique David Yates. Après avoir présenté un sixième opus décevant, le réalisateur s’attaque à l’œuvre ultime de J.K. Rowling. Et le résultat est loin de satisfaire les exigences d’un public impatient.

Des moments d’humour voulus… ou non !

Dès les premières secondes, les spectateurs sont plongés dans un univers sombre, assez inhabituel pour la saga. Scrimgeour, le ministre de la Magie, annonce des temps difficiles, Hermione efface la mémoire de ses parents, Harry se retrouve seul à Private Drive… Des libertés sont prises mais en restant fidèles au livre. Le ton est si bien donné que personne n’attend les couacs à venir. Des dialogues qui sonnent faux, des longueurs dans le scénario et le clou du spectacle : la scène de la destruction du médaillon. Hermione et Harry sont à moitié nus et s’embrassent goulûment devant un Ron bouche bée… De quoi choquer l’assistance. Ne traduit pas l’écrit en image qui veut !

Heureusement, quelques moments d’humour relancent l’intérêt du film. Qu’ils soient voulus ou non, ils sont efficaces. Impossible de ne pas sourire quand Harry, de retour à Godric’s Hollow, déclame : « C’est ici que je suis né, je ne reviendrai pas incognito ». Et que dire de la séquence “émotion” où le héros et Hermione, perdus au milieu d’une forêt, entament une petite danse pour décompresser. Encore une fois, David Yates s’est laissé emporter sur le chemin des bons sentiments au détriment d’une intrigue complexe. Une stratégie qui lui permet d’accroître son audience, au risque d’en perdre certains en route.

Une belle, un monsieur muscle, mais pas de Grindelwald

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Pourtant, le film avait tout pour tenir ses promesses. Une œuvre de départ, un budget et surtout un casting. Ce n’est pas tous les jours que sont réunies autant de pointures du cinéma anglo-saxon : Peter Mulan, Alan Rickman, Rhys Ifans (Spike dans Coup de foudre à Notting Hill), Imelda Staunton, Ralph Fiennes, Bill Nighy (vu dans Love Actually) ou encore Helena Bonham Carter. Quant aux acteurs principaux, ils ont autant mûri que leur personnage. Tandis que Rupert Grint a pris du muscle, Emma Watson s’embellit d’opus en opus. Daniel Radcliffe suit l’évolution d’Harry, sans crever l’écran.

Ce n’est pas le seul hic qui gâche le potentiel de l’épisode. Pour ceux qui ont lu le roman, les lacunes ne manquent pas. La présence de Stan Rocade, conducteur du Magicobus devenu Mangemort, le décès de Queudver et, par-dessus tout, le passé trouble du vertueux Albus Dumbledore. Ses liens avec Gellert Grindelwald, élève de Dumstrang et tyran du monde des sorciers à l’Est, ne sont que brièvement évoqués. Cependant, leur importance est cruciale dans l’histoire de la “Baguette de Sureaux”, une des trois Reliques de la Mort. Les inconditionnels pourraient sortir déçus et les novices un peu perdus.

Malgré tout, Harry Potter 7 a déjà trouvé son public. Pour le premier week-end de sa sortie mondiale, le film a raflé pas moins de 330 millions de dollars. Peu importe ses qualités ou ses défauts, il a une nouvelle fois remporté la mise. Rendez-vous en juillet 2011 pour la fin de la saga… mais pas de son succès.

Bande-annonce
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5 réactions

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  • Harry Potter 7 : réussite ou déception ?

    26 novembre 2010 18:56, par Melablabla

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    Il est clair que la jeunesse douteuse de Dumbledore a été occulte mais cette partie sera réservée peut être au prochain opus.
    Cette absence exprime d’autant plus le manque de repères des jeunes protagonistes. Livres a eux même, ils sont maladroits quand ils dansent et les longueurs apparaissent car ils ne savent juste pas quoi faire.
    Le livre était lui-même rempli de ces longs passages d’attente quotidiennes dans la phase "camping".
    La scène du medailLon ne m a pas du tout choque ni mes amis puisqu’elle reflète la jalousie, une jalousie adolescente qui se doit d’être teinte de contact charnel pour être crédible.
    Enfin, les niaiseries du dialogue sont certainement attribuables a un mauvais doublage mal traduit. Ces problèmes sont également récurrent dans la traduction littéraire.
    J’ai vu lA vs original et rien ne m’a gêne de ce cote la.

    • Harry Potter 7 : réussite ou déception ? 29 novembre 2010 11:14, par Antoine, Philippe, Cécile et Nora

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      Bonjour Melablabla. Concernant les longueurs, nous pensons que le réalisateur n’était pas obligé de reprendre autant cet aspect du livre, qui passe difficilement à l’écran. Pour ce qui est de la scène de la destruction du médaillon, nous n’avons fait que transcrire notre impression. Une impression partagée par l’assistance qui n’a pu s’empêcher de rire face à autant de ridicule. En effet, dans le roman, ce passage est mentionné mais pas dans ces termes-là (embrassade, héros à moitié nus). Nous tenons à vous signaler que nous avons vu le film en VOST et que les dialogues sonnaient quand même parfois faux. De nombreux spectateurs ont d’ailleurs ricané lorsque Harry déclare solennellement : "C’est ici que je suis né, je ne reviendrai pas incognito." Une critique reste de toute façon personnelle et merci d’avoir partagé votre jugement. Toutefois, nous tenons à rappeler que nous étions quatre à réaliser ce papier et que les impressions décrites ont été ressenties unanimement. De plus, les témoignages que nous avons pu recueillir pour écrire l’article « Dans la peau d’un “pottermaniaque” » rejoignaient largement notre avis.
      Bien cordialement.

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      Je suis tout a fait d’accord avec vous. Suite à la lecture de cet article, je m’attendais à ce que la scène du médaillon soit ridicule. Or, elle ne m’a pas choquée. Elle était telle que je l’avais imaginée en lisant le livre. Je trouve que c’est une des rares scènes qui soit très proche du livre.
      Je trouve également que les longues attentes sont bien reflétées dans le film, même s’il est clair que c’est un peu pénible et qu’à la place la troublante histoire de Dumbledore aurait pu être explicitée.
      Ce qui m’a déçue, quant à moi, c’est le mariage. C’est le moment de bonheur et de légèreté du livre... Ils auraient pu en faire quelque chose de magique.

      PS : Il faudrait rapeller que ce n’est pas un film pour enfant. A la sortie de la séance, une petite fille a fait un malaise... de peur.

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    Une critique n’est pas censée raconter la moindre anecdote du film (et surtout la fin) ! Vous enlevez toute surprise... qu’elle soit bonne ou mauvaise ! Pas cool !

    • Harry Potter 7 : réussite ou déception ? 29 novembre 2010 11:23, par Antoine, Philippe, Cécile et Nora

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      Bonjour Inconnu. Nous tenons à vous dire que nous n’avons en aucun cas dévoilé le dénouement du premier chapitre d’Harry Potter 7. Si par “fin”, vous faites référence à la mort de Queudver, ce n’est pas du tout une fin en soi. Bien au contraire, elle n’est même pas explicitée dans le film. Il paraissait donc important de mentionner ce manque. En effet, une personne qui n’a pas lu le roman et qui ne verrait que l’adaptation cinématographique pourrait être trompée. Sinon, nous sommes loin de raconter la moindre anecdote du film, et vous vous en rendrez compte dès que vous irez au cinéma. Enfin, notre but était de réaliser une critique constructive et donc argumentée. Rien qu’en lisant le titre de notre article, il semblait évident que l’on allait expliquer ce qui nous avait plu ou non. De plus, Harry Potter 7 est quand même avant tout l’adaptation d’un livre. Nous étions donc obligés de mettre en évidence les manques et il nous a paru légitime de dévoiler un peu plus l’intrigue que pour un film normal. Bien cordialement.

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