Dossier Université Montpellier Sud de France

IdEx : Les enseignants se font entendre

jeudi 24/03/2011

Le projet d’initiative d’excellence a fait réagir le personnel des universités. De nombreux enseignants, essentiellement issus de la Faculté de Lettres et de Sciences Humaines et de la Faculté de Sciences de Montpellier, se sont opposés à ce projet. Notamment lors d’une assemblée générale du 7 décembre 2010. De son côté, l’Université Montpellier 1, semble plus confiante.

L’opposition au projet s’est intensifiée au moment du retrait d’Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul Valéry. Un retrait qui résulte notamment du peu d’importance accordée aux sciences humaines.
De leur côté, les enseignants-chercheurs ont profité de l’occasion pour rappeler leurs mécontentement face au projet d’initiative d’excellence et de la fusion.

À Paul Valéry, une assemblée générale composée en grande majorité d’enseignants chercheurs et du personnel de l’administration universitaire, a été organisée le 7 décembre 2010. Des membres syndiqués à la SNTRS, FO et CGT, étaient à l’origine de cette action. Leur volonté était de continuer à débattre, de manière à ce que l’ensemble des usagers de l’université prennent conscience des enjeux.

Beaucoup d’échanges ont fusé au sein de l’assemblée et les arguments à l’encontre du projet gouvernemental se sont multipliés. Laurence Dreyfus, porte-parole CSU (Cultures et sociétés urbaines) et enseignante à Paul Valéry propose : « Pourquoi pas un idEx, mais pas celui là. On ne veut pas de cette excellence fléchée par des orientations politiques gouvernementales. »
Les organisateurs souhaitent décentrer le débat de la seule notion d’excellence, sans pour autant rejeter en bloc l’idée d’un idEx. Il leur semble clair que l’une des prérogatives de l’université est de faire de la recherche, mais pas au détriment de l’enseignement.

Cyril Sariesky, membre du syndicat Force Ouvrière, prend la parole à son tour : « Avec ce projet, on essaie de mettre en concurrence des universités, on est loin du côté humaniste des facultés. » Le changement du mode de gouvernance qui implique une modification des instances démocratiques des universités est ici dénoncé.
Une autre intervenante, chef de Labo à l’UM3 dénonce : « Cette culture de l’urgence c’est comme à l’armée. On nous oblige à courir pour nous empêcher de penser. C’est un véritable piège. Soit on refuse et on n’existe plus, soit on se met en conformité. » Le refus de l’idEx et de la fusion pose la question du devenir des petits laboratoires qui ne seront pas labélisés.

L’Université Montpellier 1 beaucoup moins concernée

À la faculté de Droit et de Science politique, le sujet est loin de déchaîner les mêmes passions. Seule université absente lors de l’assemblée générale, l’UM1 se sent plus à l’abri.
« À la faculté de Droit on se sent moins sur la sellette. On est une université que l’on perçoit plus puissante, ayant d’avantage la capacité de s’en sortir. La présidence fait en sorte de ne sacrifier aucunes filières » témoigne Laura Michel, maître de conférences en science politique à l’Université Montpellier 1.
Selon elle, le dossier idEx est une bonne chose pour Montpellier. Elle considère que le système à deux vitesses existe déjà et qu’il ne fera que s’amplifier de toutes manières.

Si Montpellier est hors excellence, elle risque de devenir une université périphérique. « C’est totalement utopique de penser que l’on parviendra à maintenir un niveau d’excellence sur tous les points » explique Laura Michel.
Dans tous les cas, pour parvenir à un affichage “Montpellier Sud de France”, il faudra un minimum de coopération.

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