Immigrés : facteurs de développements et boucs émissaires pour des raisons électorales !

mercredi 18/11/2009 - mis à jour le 18/11/2009 à 17h07

Les immigrés sont de véritables facteurs de développement dans leur pays d’origine et dans leur pays d’accueil. Ils paient leurs impôts et toutes les cotisations sociales. Leur transfert d’argent dans leur "bled" atteint des sommes colossales. Selon la Banque Mondiale, les versements des travailleurs immigrés constituent une source essentielle du financement et du développement.

Toutefois ils sont souvent indexés et demeurent de véritables boucs d’émissaires de certains gouvernements pour des raisons électorales dans leur pays d’accueil.

Les immigrés ont une volonté d’engager des actions de développement dans leur pays d’origine. Cette volonté varie d’une communauté à l’autre. Elle dépend manifestement des relations maintenues avec celui-ci et aussi de l’état d’esprit qui règne entre les membres de la communauté, de leur mode d’organisation et de leur homogénéité ou hétérogénéité. Certains immigrés sont bien organisés (qualifiés par les chercheurs de groupe homogène), et ont une attitude plus constructive, engagés en initiant des projets dans leur pays à travers des structures plus organisées, telles que les associations d’immigrés.

Dès le début de l’émigration vers la France, à la fin des années 50 [1] , ils ont constitué des caisses de solidarité, qui serviront d’abord à mutualiser les différents risques inhérents au séjour en migration (accident du travail, chômage ou maladie de l’un d’entre eux), mais aussi rapatriement du corps d’un défunt jusqu’au village. Lors des grandes sécheresses qui affectent les pays de la zone sahélienne – à la fin des années 60 et au début des années 70, les responsables de ces caisses en France sont sollicités par les chefs de villages : les lettres de l’époque en témoignent, qui indiquent que les greniers sont vides et que la famine menace. Les immigrés qui ont vécu cette période de détresse s’en souviennent : « Nous avons évité l’aide d’urgence à nos villages ». Leurs envois collectifs d’argent permettent aux villages menacés de survivre en attendant le retour de la pluie qui permet à nouveau le travail dans les champs. D’autres initiatives collectives marquent cette période, notamment la construction de mosquées financées par les immigrés ou encore la réfection du cimetière du village. Le financement des mosquées fut « leur clé d’entrée dans les villages » : il s’agissait de prouver aux chefs de familles qu’ils n’avaient pas renié les valeurs de leur société d’origine, pour pouvoir s’attaquer à des perspectives.

Les immigrés, même loin de leur pays, demeurent sous le contrôle social de leur communauté, organisée en « villages-bis », respectant les règles de la hiérarchie et les chefs. Dans la région de Kayes au Mali, les émigrés sont ainsi l’un des premiers agents de développement.
On observe une tendance à la hausse des investissements des émigrés depuis 1990.

On peut aussi citer l’exemple des immigrés du fleuve Sénégal qui ont longtemps été unique dans l’organisation du soutien à des projets collectifs. Rejoints par d’autres, ils sont soucieux d’un partenariat avec les associations communales et les acteurs du développement.
A travers leurs associations, en effet, les immigrés mettent en œuvre de nombreux projets à dimension sociale : écoles, dispensaires et maternités, puits et adductions d’eau, magasins coopératifs. Tous ces projets répondent à des besoins cruciaux des populations, alors délaissées tant par leurs gouvernements nationaux que par les coopérations bilatérales.

Les transferts financiers des immigrés du tiers monde dans leur pays d’origine, durables et réguliers, complètent les ressources locales, et soutiennent les économies locales : migrants ou familles achèteraient des logements, créeraient des entreprises, participeraient collectivement à la construction d’écoles, de dispensaires ou d’adduction d’eau. « The San Francisco Chronicle » nous apprend que « les immigrés aux USA ont expédiés $23 millions de dollars à l’étranger durant l’année 2000. Et en 2003 ce montant a atteint $32 milliards de dollars. » Au niveau mondial, chaque année près de 81 milliards de dollars sont envoyés par les immigrés dans les pays d’origine estime la Banque Mondiale. Les transferts informels sont estimés à près de 16 milliards d’euros. En effet cet apport dépasse celui de l’aide publique au développement et surpasse parfois les investissements directs étrangers. Pour les petits pays cela représente une vraie manne, 12 à 16% du produit intérieur brut pour le cap vert, et jusqu’à 26% pour le Lesotho proviennent de ces transferts de fond. On comprend donc l’intérêt de faire financer partiellement le développement par les immigrés…

Dans certains pays d’Amérique centrale ces transferts financiers appelés " rémittences" en anglais ou communément appelé « moudou-modou » dans un pays comme le Sénégal représentent plus de 10% du produit national brut du pays. Et même 29 % au Nicaragua et 15% au Salvador. Il y a donc un véritable impact de ces immigrés sur les économies des pays d’origine : ils contribuent à augmenter la consommation locale, stimulent l’économie et contribue en apportant une aide financière significative à leurs amis et proches.

Cependant les immigrés sont freinés dans leur élan par plusieurs obstacles. Ils constituent un véritable fond de commerce pour certains élus à la recherche d’un électorat. Certains candidats ont bien compris , plus on enchérit sur les immigrés , plus on gagne des électeurs.

Aux problèmes de mauvaises gouvernances et de corruptions décourageants dans certains de leur pays d’origine s’ajoutent une mauvaise organisation et une absence d’appui par leur gouvernement. Chaque immigré donc essaie de s’organiser d’une manière informelle en s’appuyant sur sa famille et ses amis sur place pour monter des projets.

Et certains sont victimes de trahisons par leurs proches ou amis dans leur rêve de création d’entreprise.
Les compatriotes au pays pensent souvent que les immigrés roulent sur l’or et qu’il est très facile pour eux d’amasser de l’argent à l’étranger. Cette fausse idée reçue leur porte préjudice.
Que vous soyez étudiants travaillant à côté ou salariés en temps plein les immigrés participent aussi à la vie de leur famille en envoyant mensuellement de l’argent à leur parent. Certains étudiants même réussissent à acheter à leur parent une maison pour loger leur grande famille, paient les pèlerinages à la Mecque grâce aux petits boulots d’étudiants.

Malgré tout ceux-ci ces immigrés se sentent seuls. Ils sont indexés dans les pays d’accueil qui les utilisent comme des boucs émissaires pour des raisons électorales et ne sont pas aidés par leur gouvernement d’origine et leur famille dans leur projet sur place.

Mais on peut toujours se demander si lutter contre l’immigration ne passe pas avant tout par un combat sans faille contre la corruption et le détournement des deniers publics par certains dirigeants du Tiers Monde dont les fortunes et les biens mals acquis sont bien gardés dans les mêmes pays dits démocratiques qui combattent ces immigrés et qui déroulent le tapis rouge à leur dirigeant ?
D’autres part les partenariats de développement économique étatiques mis en place jusqu’ici semblent avoir échoués. Désormais ne doit- on pas privilégier des solutions telles que les microcrédits pour améliorer l’apport des immigrés ?

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10 réactions

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    Bonsoir,

    L’article est très bien, je suis hallucinée de la réaction de quelqu’un, qui par ailleurs est anomyme, et tient des propos racistes, incomplets, faux et prétencieux.

    N’as t’il jamais appris que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres ? Surtout quand on est l’INSEE, et que l’état a un gros interêt à y gagner ?
    Je ne vais pas reprendre les diverses critiques qui ont déjà été faites, j’espère simplement que ce n’est pas un futur journaliste qui écrit. Un journaleux, peut être. Qui n’est même pas capable de se poser la question : d’ou vient tout cet argent fournit aux pays d’origine si les immigrés ne travaillent pas ? Paradoxal, non ?

    Dernière petite chose : Si tu cherche un endroit ou tu serais patriotique, ou le recrutement est permanent, où les immigrés ne te feront pas de l’ombre et ou tu sera bien payé, engage toi à l’armée.

    Tu auras peut être la chance d’y mourir vite.

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      Commentaire idiot, d’autant plus que l’armée s’est largement ouverte aux populations d’origines étrangères. Il suffit de faire la JAPD ou un stage là-bas pour s’en rendre compte (ce qui est en un sens désolant, puisqu’elle est devenue un des derniers moyens de promotion sociale pour pas mal de jeunes de banlieue).
      Quant aux chiffres à qui l’on "peut faire dire ce que l’on veut", ce n’est ni plus ni moins que de la théorie du complot de bas-étage. D’autant plus que l’INSEE a produit plusieurs rapports très critiques de la politique économique et sociale du gouvernement.

      Donc voilà, plutôt que de vous lancez dans une dénonciation - ridicule - du patriotisme et de l’armée, renseignez-vous avant. D’autant plus que je ne vois pas le rapport entre ça et la question de l’immigration : des immigrés et fils d’immigrés ont fait l’armée et son patriotes.
      Ha si, c’est de la diabolisation à la mord-moi-le noeud, sur la base de "patriote = armée = réac’ = raciste = fasciste". Quelle vision profonde de la société. Vous devriez peut-être écrire un bouquin. C’est encore plus pitoyable que l’assimilation "étranger = suceur de sang et voleur".

      Rassurez-vous, je ne vous souhaite malgré tout pas de mourir vite, ça serait exagéré.

      Autrement, plutôt que de se battre sur l’apport ou le poids économique des immigrés dans leurs pays d’accueil, il faudrait peut-être se demander si cette vague migratoire n’est pas en train de détruire encore plus l’économie des pays d’origine. Comment des pays peuvent-ils avoir une perspective d’avenir saine quand leur population n’a qu’un seul rêve : traverser la Méditerranée ou franchir le Rio Grande ?

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    Cet article "pue" (désolé de l’expression) et déborde de "bons sentiments" vis-à-dis des "gentils immigrés" (qui d’ailleurs sont tous dans l’article originaires d’Afrique noire / Maghreb...) "facteurs de développement".

    C’est bien évidemment faux. Evidemment ils sont une source non négligeable de revenus pour les pays d’origine (jusqu’à presque 10% du PIB pour les pays les plus pauvres !) mais cette "perfusion" a des effets néfastes sur le développement du pays (sorte d’assistanat).

    Et surtout l’immigration a un coût démesuré pour les pays d’accueil.

    Evidemment il est très sensible de parler du "coût de l’immigration" sans tomber dans les pièges du "racisme". Mais certaines études chiffrent le montant (négatif) à plus de 25 milliards d’euros par an rien que pour la France !!

    http://www.contribuables.org/publications/les-monographies/le-cout-reel-de-l-immigration-en-france/

    C’est sûr le site "contribuables.org" peut sembler partial et "poujadiste". Mais que nous dit le ministère de l’Emploi ?
    "Le rapport très officiel du Ministère de l’Emploi, par la Direction de la population et des migrations, intitulé « immigration et présence étrangère en France en 2004 », affirme en page 3 : « La très faible part de l’immigration pour motif de travail retient l’attention. Elle va d’ailleurs en s’amenuisant, passant de 7,5% en 1999, à 5,0% en 2004 ».
    http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20090301052507AA9mXg8
    Alors peut-être qu’en 2009 90% des immigrés travaillent ?... j’en doute !

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      Cet article est fait pour ce genre de mec qui ont visiblement une dent énorme contre les venus d’ailleurs d’un jour !

      Mais que ça vous plait ou pas les immigrés paient leur impôt et toutes les charges sociales comme tous les citoyens de ce pays.

      Quelque soit la ville que vous etes il suffit de regarder les ouvriés qui font les routes ou dans les batiments , ou dans les restaurations il y a toujours un immigré cuisinier même au foukets mon cher !
      Et pourquoi cette haine dés qu’on parle d’immigrés ????

      Les venus d’ailleurs d’un jour ont participé aussi à toutes les guerres pour aller plus loin et il ya toujours une contestation et un rejet à leur égard !
      Nos histoires sont liées depuis belle lurette et personne ne peut rien !
      peace and love mon cher !

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        Je n’ai rien contre les immigrés en tant qu’humains, mais de ceux qui permettent cette immigration !

        bien sûr on est content d’avoir des gens du tiers monde dans nos cuisines et nos usines ; ils sont payés moins chers, ne font pas grève et sont "contents" d’être à 10 dans 30 m²... super !
        pendant ce temps on est à 10% de chômage, de plus en plus de jeunes déscolarisés.

        Quant aux guerres, encore heureux qu’ils ont et participent aux conflits ; la citoyenneté implique des droits mais aussi des devoirs ! et si on pense à la "chair à canon" des tirailleurs sénégalais en 14, cette image d’Epinal a fait long feu ...

        et concernant les fraits, je ne sais pas si les immigrés illégaux paient pour la CMU...

        Il faut distinguer "immigration de travail" (très rare de nos jours et qui n’a jamais été utile. Rappelons que l’immigration de travail dans les années 60 a été soutenue par les grands industriels (Renault) pour faire baisser les salaires...) et "immigration" tout court (pour ne pas dire "immigration de peuplement").
        Aucune haine dans mes propos je vous rassure. Du moment que le trottoir sur lequel je marche est propre et mes ordures sont ramassées je suis content. Mais réduire les immigrés à ces tâches et non seulement dégradant pour eux et dangereux pour "nous" ...

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          Je n’ai pas de leçon à recevoir de vous, je suis donc l’auteur de l’article. Au début je me suis dit que je ne suis pas surpris de votre réaction car ce sont les mêmes qui ont une dent contre les immigrés et ceux qui ne les attaquent pas. Mon état d’esprit ne me permet pas de généraliser sur les êtres humains ! Et par ailleurs ce passage dans votre commentaire : "Quant aux guerres, encore heureux qu’ils ont et participent aux conflits ; la citoyenneté implique des droits mais aussi des devoirs ! et si on pense à la "chair à canon" des tirailleurs sénégalais en 14, cette image d’Epinal a fait long feu ..."

          Je vous signale juste que ceux qui ont participé à la guerre à l’époque ce n’est pas aujourd’hui et donc ils venaient de l’étranger.

          Maintenant comme dit ce dicton déja cité : "le chien aboit la caravane passe !"

          M Ibra khady Ndiaye hautcourant.com auteur de l’article sur l’immigration.

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          Je comprends plus la réaction de Marie Ndiaye à la France de sarko !
          Il suffit qu’on fasse un article sur les immigrés et certains se déchainent et trouvent choquant que l’article a soit disant de bons sentiments envers les immigrés.
          C’est vrai que d’habitude , on ne dit que du mal d’eux, au moins dans cet article ça change un peu de la diabolisation !

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      je suis pas d’accord avec votre intervention !
      l’article ne parle pas que des immigrés Africains la preuve ce paragraphe
      "Dans certains pays d’Amérique centrale ces transferts financiers appelés " rémittences" en anglais...représentent plus de 10% du produit national brut du pays. Et même 29 % au Nicaragua et 15% au Salvador. Il y a donc un véritable impact de ces immigrés sur les économies des pays d’origine : ils contribuent à augmenter la consommation locale, stimulent l’économie et contribue en apportant une aide financière significative à leurs amis et proches."

      Les attaques contre les immigrés se résument dans cette citation :
      " qui veut tuer son chien l’accuse de rage !" mais comme le dit l’autre dicton : "le chien aboit la caravane passe !"

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      J’ai une anecdote, dans mon parcours universitaire j’étais en classe avec un étudiant.Il était celui qui faisait tous les exposés sur le Front national en licence et en Master . Jusqu’ici rien de trés grave car on est en démocratie et on est libre.Seulement un jour j’avais emprunté le journal du monde que son ami voisin avait ce jour là en tout cas le journal était sur leur table. Et donc ce jour là , le monde titrait à sa une :"le bâteau des immigrés clandestins Africains avec des morts en direction d’Espagne".

      Et donc je vois sur le journal un commentaire écrit par la main de ce dernier :" la croisiére s’amuse !"J’ai donc fait ma lecture du journal et je l’ai rendu à mes chers camarades de classe sans faire de commentaires sur leur propos dans le journal.

      Et j’ai compris à quel point l’être humain peut être égoïste et inhumain des fois car comme le dit le dicton " celui qui n’a pas encore gagné l’autre rive ne doit jamais se moquer de celui qui se noie" en rapport avec les commentaires que j’avais vu sur le journal car personne ne sait ce que la vie nous réserve....

      Et ce camarade pendant deux ans ne m’avait adressé la parole qu’une seule fois pour me demander si j’étais fils de ministre et je lui avais répondu non car selon lui ce sont seulement les fils des Minsitres Africains qui fréquantaient la fac de droit , bla bla. Et aprés entre lui et moi ce fut le silence total , quand il me suivait pour entrer dans la classe et que je lui tenais la porte par galanterie le gars ne disait jamais merci , lorsqu’il me trouvait dans la salle à 8h et que j’étais le premier arrivé et qu’il n’y avait que nous deux il ne disait jamais bonjour. Mais, aprés l’histoire de la croisiére s’amuse , j’attendais son réel faux pas à mon égard. Et en voyant à nouveau de tels commentaires, je ne peux m’empâcher de penser à lui.

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    Cette article relate avec justesse la réalité et le quotidien des immigrés face à la propagande de l’État Français !

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