In the land of wonders : La révélation du Cinémed vient des Balkans

mardi 27/10/2009 - mis à jour le 27/10/2009 à 15h10

Présenté en compétition lundi soir au Cinémed, le nouveau long métrage du réalisateur croate Sorak Dejan a conquis les spectateurs du Corum. In the land of wonders, diamant brut de ce festival, pourrait bien être serti de la récompense qu’il mérite.

La nuit est tombée sur l’Herzégovine, il y a longtemps déjà. Après la guerre, les années ont passé, pareilles les unes aux autres. Le jour ne s’est jamais vraiment relevé. Pourtant, le réalisateur serbe Sorak Dejan a choisi de tourner l’histoire d’une fillette de neuf ans dans ces paysages désolés.

Alica ne va pas à l’école, elle ramasse des morceaux d’obus sur un ancien terrain d’entraînement de l’OTAN, pour les vendre avec son oncle Valentin sur le marché noir. Elle joue parfois même avec, jusqu’à ce que Valentin meurt d’un cancer : « parce que dans un pays pauvre, il n’y a que de l’uranium appauvri ».
Contaminée elle aussi, Alicia doit attendre l’argent nécessaire au traitement pour être soignée. Lorsque sa mère part vendre ses charmes à Munich afin de récoler la fameuse somme, la fillette confiée à la pègre de Zagreb s’enfuit. Commence alors un voyage troublant dans le pays des merveilles, où la violence et le crime viennent se mêler à la musique et au clair de lune.

Le prodige de ce film réside dans la légèreté que Dejan parvient à insuffler dans la réalisation. Les sarcasmes précoces de la jeune Alicia en sont l’illustration même. Rusée, elle est une petite fille « difficile à aimer », infectée par l’uranium et corrompue par la pauvreté. Si elle se considère « comme un chien errant », il est difficile de ne pas suivre Alicia dans son odyssée. La vitalité de cette enfant maigrichonne et anémiée a d’ailleurs quelques similitudes avec une célèbre petite fée chère à George Sand (mais l’âpreté en plus).

In the land of Wonders révèle la face inaltérée d’une région balkanique tarie par la guerre. La nuit, un monde insoupçonné se déploie et envoûte quiconque prend le temps de le regarder. Les yeux se posent rarement du côté des Balkans, surtout de cette façon. Sorak Dejan réalise ici un coup de maître en leur conférant une phosphorescence jusque là égarée. A la nuit tombée, quand la misère n’a plus aucune prise sur la vie, l’alchimie opère encore près des lacs de Mostar.

2ème projection : Corum - Salle Pasteur Jeudi 29 octobre 2009, 22 h 00

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