Témoignage

"J’y ai acquis un certain don pour la survie"

lundi 31/03/2008

Second témoignage de notre série sur les français partis en Amérique Latine. Pierre, spécialiste français du Guatemala, est parti un an dans ce pays réputé dangereux pour y effectuer son travail de chercheur en sciences politiques. Confidences

Dans quel cadre as-tu découvert l’Amérique Latine ?

Mon premier contact avec l’Amérique latine s’est fait dans le cadre d’une simple visite touristique d’un mois au Guatemala. Naïvement tombé amoureux des paysages et de la culture de ce pays, j’ai ensuite orienté mes études universitaires jusqu’à étudier l’histoire de ce pays. Je me suis alors rendu un an sur le terrain pour y effectuer mes recherches de maîtrise. Cette année passée à la capitale, Guatemala city, m’a également permis de me rendre dans les pays voisins. J’ai ainsi pu visiter le Salvador, le Honduras, le Costa Rica et Cuba.

Que retires-tu de cette expérience ?

J’en retire une impression d’avoir gagné en maturité, d’être plus à l’écoute des gens, d’autres cultures et schémas de pensée. J’y ai également acquis un certain don pour la survie sans parler de l’apprentissage de l’espagnol et des visites de paysages fabuleux.

« La meilleure école d’adaptation reste pour moi les bars et les bus »

Qu’est-ce qui t’a marqué dans la vie quotidienne ?

Au quotidien, on ne peut pas mettre de côté la violence qui règne au Guatemala, surtout dans sa capitale. Mais d’un autre côté, je crois avoir rencontré les gens les plus charitables, débrouillards et humains qu’il m’ait été donné de connaître.

L’adaptation à un tel pays a-t-elle été compliquée ?

Je n’ai pas trop eu de problèmes à ce niveau là. Etant assez malléable dans mes comportements cela s’est fait sans heurts. Selon moi, la meilleure école d’adaptation reste pour moi les bars et les bus. C’est dans ces lieux que l’on se rend vraiment compte du caractère des gens, des us et coutumes d’un pays.
PNG
Ta vision du pays ou du continent a-t-elle changé au cours de cette expérience ?

En un an, ce qui m’a frappé, c’est que je me suis rendu compte que la beauté du pays ne venait pas du paysage mais des gens.

Comment voyais-tu la violence décrite de Guatemala City ?

Je n’avais pas de préjugés sur la violence et le caractère dangereux du pays dans le sens où je m’étais déjà rendu sur place pendant un mois, ayant ainsi un avant gout de ce qui m’attendait.

Quelle vision ont-ils de la France ? de l’Europe ? des Etats-Unis ?

A ce propos, une anecdote me revient. Un chauffeur de taxi m’a demandé un jour dans quel coin des Etats-Unis se trouvait la France. Une chose est sûre, mieux vaut être européen que nord-américain dans ce pays comme dans de nombreux autres d’Amérique centrale ou du Sud. On peut le comprendre, les Etats-Unis sont directement responsables d’une guerre civile de 36 ans qui a tué 200 000 personnes. Il n’y a pas de quoi être proaméricain dans ces conditions. Seule la haute classe prend Miami comme exemple, même si cette ville apparaît plus comme un supermarché géant qu’une véritable référence culturelle.

Le Guatemala en brèves :

- Capitale : Guatemala city
- Le pouvoir législatif n’est composé que d’une seule assemblée comptant 113 députés
- En janvier 2008 a été élu Alvaro Colom, candidat de centre-gauche
- La guatémaltèque Rigoberta Menchú Tum a reçu le prix nobel de la Paix en 1992 « en reconnaissance de son travail pour la justice sociale et la réconciliation ethno-culturelle basées sur le respect pour les droits des peuples autochtones »
- Plus de la moitié (de 40% à 55%) des habitants sont d’ascendance maya
- Depuis 1996, la constitution est disponible dans les quatre langues "indiennes" les plus parlées après l’espagnol
- Le Guatemala a enregistré 21 509 homicides sous le mandat du président Oscar Berger (2004-2008), environ une dizaine par jour

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Envoyez un lien vers cet article à la personne de votre choix.
Vous recevrez une copie du message.

3 réactions

Réagissez

  • "J’y ai acquis un certain don pour la survie"

    2 avril 2008 12:39, par Fred Grand

    repondre message

    L’adaptation à un tel pays a-t-elle été compliquée ?

    Je n’ai pas trop eu de problèmes à ce niveau là. Etant assez malléable dans mes comportements cela s’est fait sans heurts. Selon moi, la meilleure école d’adaptation reste pour moi les bars et les bus. C’est dans ces lieux que l’on se rend vraiment compte du caractère des gens, des us et coutumes d’un pays.

    C est beau la naïveté...
    Moi qui pensait que la meilleur école d adaptation était de ce lever bosser le matin comme un gars du pays...
    J’imagine bien ce que sa doit donner un étranger qui choisis de découvrir la culture française ds les bars et le métro parisien... (bien qu’un PMU sa doit être assez formateur)

    Reste que Pierre a un sacré courage d’aller vivre la bas...

    • en réponse à Fred Grand 13 avril 2008 15:17, par pierre

      repondre message

      c’est justement un regard naïf qui permet parfois de comprendre bien des choses. Le bus de 6h du matin pour aller bosser, "comme un gars du pays", n’apprend qu’à se reconsidérer, accepter d’être une sorte d’OVNI, une bête curieuse pour "un gars du pays". Le lever 5h, le bus, l’exploitation (qui ne change pas trop d’un pays à l’autre sauf en terme de salaire bien sûr) je l’ai connu aussi... Il a bien fallu financer mes recherches. Mais, très franchement, comme beaucoup de gens je suppose, j’ai parfois du mal à lever la tête et ouvrir les oreilles si tôt le matin...

  • "J’y ai acquis un certain don pour la survie"

    2 avril 2008 03:08, par paul

    repondre message

    bravo pour votre petit site
    assez sympatoche, c’est bien foutu et plutot gentillet

    je me permets de dire quand ce qui concerne l’info si vous vous ateliez à diffusez plus d’articles qui appuie la ou ca fait mal
    comme en ce qui concerne le cas Dasquié ou pour mettre en lumiere les arrangements étatiques facon traité simplifié
    ce site gagnerez en qualité "informationelle"

    un avis comme ca en passant,
    bonne suite

Monde //

Rejoignez Haut Courant sur Facebook

Haut Courant sur Twitter