Mode

L’Amérique : "Titelle" la veut et elle l’aura

dimanche 21/11/2010 - mis à jour le 16/12/2010 à 11h55

En février dernier, Hautcourant a rencontré Christelle Cenatiempo Jorda, une jeune styliste montpelliéraine qui venait de lancer son activité. En janvier 2011, "Titelle" va franchir une nouvelle étape décisive : elle et ses créations néo pin’up des années 50 vont traverser l’Atlantique, à la conquête de Los Angeles. L’occasion de retrouver cette jeune femme de 23 ans, qui veut se faire une place dans la Cité des Anges.

Quel bilan tirez-vous des 18 premiers mois de votre entreprise ?

Christelle Cenatiempo Jorda : Très positif. Tout ce qui se rapporte aujourd’hui à mon travail me plait : le travail manuel, la communication, la relation avec mes clients, la rencontre avec d’autres artistes, trouver l’inspiration dans tout ce qui m’entoure… J’ai augmenté mon chiffre d’affaire du simple au double. Les commandes s’enchaînent. Je travaille parallèlement dans une boutique à mi-temps, pour assurer les traites, comme le loyer de mon appartement, qui est aussi mon atelier. Mais, je consacre 30 à 35 heures par semaine à mon entreprise. Ma notoriété a également augmenté. En un an, je suis passé de zéro à 943 fans sur ma page Facebook. Ce sont des fans qui me suivent et qui, pour la plupart, attendent que je poste de nouvelles photos. J’ai aussi évolué sur le plan technique : ce que je faisais il y a un an et demi, était moins bon que maintenant. Je suis autodidacte, j’apprends tous les jours de nouvelles compétences.

Quel a été l’événement le plus marquant dans votre carrière de styliste ?

Mes deux défilés sauvages. Le premier s’est déroulé pendant le Festival de Cannes. J’étais entourée de stagiaires en communication, étudiantes à l’ISCOM. Grâce à elles, j’ai pu vivre des choses intéressantes, avec un minimum de budget. Pour le défilé sauvage, chacun y a mis du sien. Nous avons agi sur une journée : on a déboulé sur la Croisette, pour un shooting photo et une distribution de flyers. Ce fut une action très rapide, mais qui a procuré un maximum de sensations fortes. On a réitéré l’opération, à Montpellier, sur la Comédie, pendant Les Estivales. La diffusion des photos a été bénéfique. Depuis, les gens me prennent de plus en plus au sérieux, comme une vraie professionnelle.

Tract distribué pendant ses "défilés sauvages" {JPEG}

A contrario, quel épisode a été le plus difficile à vivre ?

J’ai été sollicitée par un coiffeur de Montpellier qui participait à un gros Festival de coiffure. C’est un très gros festival de coiffure avec que des professionnels. Je devais m’occuper des costumes pour son show. J’étais une simple collaboratrice, mais l’intérêt était aussi de me donner davantage de visibilité. Cela m’a donc demandé des mois de préparation. J’en ai passé des nuits blanches ! La pression était très forte et, au final, je n’ai pas eu les remerciements à la hauteur de mon investissement. Je ne regrette qu’à moitié, car ça a pas mal fait parlé de moi. Je sais que je ne le referais plus jamais, ou pas dans les même conditions.

Quand est née votre volonté de vous expatrier aux États-Unis ?

C’est un projet prévu de longue date. Mon conjoint est engagé par un laboratoire scientifique à l’Université de Californie à Los Angeles. Je vais donc logiquement le suivre. Mais, c’est surtout une très belle opportunité. J’ai la sensation que les Américains sont plus à l’écoute des artistes qu’en France. Pour tous les efforts que j’ai déjà fourni ici depuis trois ans, je pense que, là-bas, j’aurais déjà gravi quelques marches de plus. J’envisage donc de m’y installer pour deux ans, peut-être quatre. On verra comment je me débrouille. Les États-Unis sont le temple du “tout ce qui brille”. Si on leur présente un bon petit plat “à la française”, comme je le fais, j’ai de bonnes chances de réussir.

Envisagez-vous de changer la nature de votre entreprise ?

Je désire la développer, mais l’idée n’est pas de créer une industrie. Aujourd’hui, on ne se pose plus la question de savoir comment sont fabriqués les vêtements que l’on achète. Je veux montrer que derrière un bel objet, il y a un savoir-faire. Cela se ressent dans ma façon de travailler : je laisse volontairement des petits défauts visibles, pour montrer qu’il y a des irrégularités dans le travail à la main. C’est ce que j’aime et que je veux perpétuer.

Concrètement, quels seront vos projets sur place ?

Je vais continuer à faire dans le haut de gamme, mais avec un artisanat visible. Je veux garder mon atelier avec, si j’y parviens, quelques salariés et une belle boutique où les clients prendraient rendez-vous pour faire leur corset sur mesure. Un magasin qui garderait une proximité avec les clients et qui me permettrait de rencontrer tous ceux qui s’intéresse à la marque.

Malgré tout, vous comptez conserver votre activité en France, grâce à votre site internet.

Je veux faire en sorte que, même éloignée de Montpellier, les gens d’ici ne m’oublient pas. Je vais donc garder des points de vente dans la région, et entretenir de bonnes relations avec mes clients français. Avec la distance, mon exigence du sur-mesure va être plus difficile à tenir. Ceci dit, je suis prête à mettre en place des systèmes de mesure, pour celles qui me feront confiance, à 9 000 kilomètres de distance.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Envoyez un lien vers cet article à la personne de votre choix.
Vous recevrez une copie du message.

Rejoignez Haut Courant sur Facebook

Haut Courant sur Twitter