L’appel du 1er avril de Sarkozy pour Ingrid Bétancourt

Publié dans l’édition Midi Libre du 03/04/2008

samedi 05/04/2008 - mis à jour le 05/04/2008 à 14h48

Les dernières nouvelles alarmantes concernant l’état de santé d’Ingrid Bétancourt ont poussé le président Nicolas Sarkozy à envoyer un message radiophonique aux chefs des rebelles colombiens (Farc), Manuel Marulanda.
De l’Elysée, le chef de l’Etat a demandé la libération immédiate de la Franco-colombienne. Otage de la guerilla marxiste depuis maintenant six ans, et victime d’une rechute d’hépatite B, la captive aurait cessé de s’alimenter et de se soigner depuis le 23 février dernier.JPEG
Cet appel est intervenu le jour même où Nicolas Sarkozy a reçu une pétition de 602 000 signatures récoltées par des comités de soutien d’Ingrid Bétancourt. Le texte exigeait un « accord humanitaire » entre Bogota et les Farc pour mettre fin à la crise des otages en Colombie.
Dans ce message diffusé par les media français et sous-titré en espagnol, Nicolas Sarkozy dit son inquiétude quant à la survie d’Ingrid Bétancourt : « Ingrid est en danger de mort imminente. Elle n’a plus la force de résister à une captivité interminable. » Le président français apostrophe Manuel Marulanda : Vous qui dirigez les Farc, vous avez maintenant, un rendez-vous avec l’histoire : ne le manquez pas. Libérez Ingrid Bétancourt et les otages qui sont le plus affaiblis. » « La France est, et restera, mobilisée pour un accord humanitaire », insiste Nicolas Sarkozy.

Départ d’une mission humanitaire

Le Premier ministre François Filllon s’est déjà déclaré favorable à accorder le statut de « réfugiés politiques » à des membres des Farc détenus en Colombie, en l’échange de la Franco-colombienne. Une proposition aussitôt fustigée par Marine Le Pen, la vice-présidente exécutive du front national.
Mercredi 2 avril, la France a décidé de lancer une opération humanitaire afin d’atteindre directement Ingrid Bétancourt. Une mission néanmoins difficile et sans réelles chances de succès.
De son côté, soucieuse de remobiliser l’opinion, la famille d’Ingrid Bétancourt organise une marche blanche le dimanche 6 avril, à Paris et dans d’autres villes françaises.

Négociations relancées ?

Afin de libérer leur captive, les Farc demandent la libération de 500 de ses guerilleros emprisonnés sur le territoire colombien. La guerilla marxiste, fondée en 1964, réclame également une reconnaissance politique et un statut de « belligérant » alors qu’elle est inscrite depuis 2002 sur la liste des groupes terroristes des Etats-Unis et de l’Union européenne.
Mais le président colombien Alvaro Uribe, élu avec comme programme d’éliminer les Farc, ne veut pas entendre parler de cette solution.
Par son appel, Nicolas Sarkozy espérait relancer des négociations qui avaient pris du plomb dans l’aile après la mort du numéro 2 des Farc, Raul Reyes. Tué le 1er mars par l’armée colombienne dans l’attaque de son camp en Equateur, ce dernier servait d’interlocuteur privilégié dans les pourparlers sur les échanges de prisonniers.

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