L’engouement pour le Tour de France fait toujours recette

Article paru dans le Midi Libre du 17/07/08

jeudi 17/07/2008 - mis à jour le 31/07/2008 à 11h26

Les affaires de dopage n’ont pas entaché la foi des supporters languedociens du Tour de France. Les spectateurs devraient répondre présent pour encourager les coureurs lors du passage dans les "villes étapes" de Narbonne et Nîmes. Pour les municipalités, qui ont dû mettre la main à la poche pour accueillir le Tour, l’espoir d’un retour sur investissement est énorme.

Malgré une image écornée du sport cycliste, "la grande boucle" génère toujours une économie des plus florissante. Public au rendez-vous, audiences TV intactes, des entreprises qui continuent d’investir dans les équipes… La visibilité des villes accueillant le Tour est exceptionnelle.
La réception de "la plus grande course du monde" exige une organisation et des coûts colossaux.

C’est tout d’abord un ticket d’entrée qu’il faut régler à la société qui organise l’événement (ASO) et qui englobe l’arrivée et le départ de la course, les podiums, plus toutes les animations avec en tête de liste le "village étape". L’an dernier, l’addition pour Montpellier, s’est élevée à 130 000 euros. Cette année, les villes de Narbonne et de Nîmes ont dû payer respectivement 160 000 et 155 000 euros à la société Amaury pour une arrivée et un départ.

« Le Tour ? Un grand désordre dans la ville »

Mais la note ne s’arrête pas là. Toutes ces installations nécessitent pléthore d’aménagements dans le paysage urbain. “Le tour de France ? C’est un grand désordre dans la ville” déclare Marie-Claude Igleses, adjointe au tourisme à Narbonne. Centre-ville bloqué à la circulation, élagage des arbres pour que les hélicoptères puissent filmer la course, réorganisation totale de la voirie, avec mise en place de tribunes, de barrièrages, etc. Jean-Michel Feste, adjoint au sport de la mairie de Narbonne, explique qu’“ avec l’arrivée au sprint de 900 m. entre la Place des Pyrénées et l’Espace des libertés, on a dû enlever tous les ronds points, les dodannes, les terres pleins, pour que l’avenue soit parfaitement lisse et dégagée”
A Nîmes, où l’avenue Jean-Jaurès sera le théâtre d’une des plus longue arrivée au sprint du Tour (entre 1 100 et 1 200 m.), c’est le même topo. “ Le service technique, la DDE, tout le monde est sur le pont. ” Du coup, la municipalité a dû s’acquitter d’une somme entre 120 000 et 150 000 euros supplémentaires.

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" la grande boucle " suscite toujours autant d’engouement

En accueillant le Tour, les villes se vendent à travers la télévision

A ce prix là, les attentes sont légitimes. Même s’il est difficile de les chiffrer par avance, les retombés économiques sur la région sont nombreuses. Depuis des mois, les hôtels affichent complets pour loger les équipes, les journalistes et la population extérieure. Et les bars, les restaurants, les petits commerces ne désempliront pas. “ Depuis juillet 2007, avant même d’annoncer l’étape pour le prochain Tour, ASO nous demande de bloquer tant de chambre. Le Tour, c’est une usine, il faut 4 000 lits par étapes ” explique S. Sanchez, gérant du Nîmes Hôtel. Résultat, plus de 85% de son hôtel est bloqué spécialement pour l’épreuve.
Le but est d’attirer les touristes mais également les investisseurs, les industriels dans la région. Comme en 2004, Nîmes et son agglomération attendent près de 40 000 spectateurs. “ Sportivement, on ne retient que l’arrivée. Mais "Village Etape", c’est des autographes, des animations… tout le monde est là de 9h à 12h30. On vend Nîmes à travers les médias, cela n’a pas de prix ” précise P. Gourdel, adjoint aux sports de la capitale gardoise.
Les retombées se mesurent plus en terme d’image grâce à la télévision. M-C. Iglesies en est consciente. “Grâce aux prises de vue, le public va pouvoir découvrir et apprécier Narbonne et son patrimoine. C’est plus de la communication par l’image qu’un retour économique”.
Dix ans après l’"affaire Festina", le Tour de France reste une épreuve particulière, très populaire. Le jeu continue manifestement à en valoir la chandelle.

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