L’avenir des étudiants à Montpellier

L’entreprenariat, un pare feu contre la crise

samedi 17/12/2011

Depuis Montpellier la crise sent à plein nez ! Les derniers chiffres du chômage qui culminent à 13.4% en témoignent. Triste record pour le département héraultais. La 7ème ville étudiante de France semble offrir peu de perspectives pour ceux qui constituent 30% de sa population. Focus sur l’entreprenariat, une option d’avenir pour les étudiants issus des formations commerciales.

Montpellier : « Beaucoup de candidats pour peu de postes ».

Aline Destaillats, directrice de l’école de commerce ESCA SUP assure qu’il y a de l’emploi sur Montpellier. Selon elle, la plupart des étudiants trouvent un poste dans le bassin local à condition qu’«  ils baissent leurs exigences salariales ». Pourtant, selon une étude de l’Insee, dans le Languedoc-Roussillon de nombreuses entreprises confrontées à la crise ont choisi de réduire leur personnel et de limiter l’embauche. C’est ce que confirme Céline, 24 ans, « bac +5 » d’une école de commerce privée en poche depuis 2010 et récemment débarquée sur le marché du travail montpelliérain. Elle s’est rendu compte qu’il y avait «  beaucoup de candidats pour peu de postes ».

Son choix pour des études payantes était motivé pour l’obtention « d’un bon diplôme, d’un bon travail et donc d’un bon salaire ». « Au final, plus les années passent, plus je déchante ! » confie la jeune salarié. Cela dit, elle relativise et se console en affirmant que la situation de l’emploi est la même dans de nombreuses villes du sud de la France. « La plupart de mes camarades de l’école sont à Paris ou à l’étranger pour trouver un emploi intéressant en rapport avec leur formation » et leur niveau d’étude renchérit Michaël, ancien étudiant en école de commerce.

«  A Montpellier, mieux vaut ne pas chercher un poste à responsabilité » conseille Céline. Aline Destaillats admet que les entreprises sont à la recherche d’un « personnel ultra polyvalent ». Et à ceux qui pensent toucher 2 500 euros par mois au sortir d’une formation initiale payée 4 100 euros l’année, elle rétorque qu’« il ne faut pas rêver ! ». Le diplôme est simplement la clé pour mettre le pied dans l’entreprise. En revanche, elle considère « l’entreprenariat comme une voie ouverte ».

L’entreprenariat, une parade contre la crise.

Michaël et Jérémie, cogérants d’entreprise à 25 ans, n’ont pas attendu que les offres d’emploi s’offrent à eux. «  Pour nous c’était maintenant ou jamais » raconte Michaël, lucide quant à savoir que les stages dans des entreprises importantes sont « très rares sur Montpellier et ne débouchent pas souvent sur un emploi ». Audacieux, ils décident de se lancer dans la création de leur entreprise alors qu’ils sont encore étudiants en école de commerce à Montpellier. « J’ai tout de suite envisagé l’entreprenariat à l’issue de mes études » explique Jérémie persuadé que c’est «  une vocation ». C’est donc en 2009 que les jeunes entrepreneurs créent leur société à responsabilité limitée (SARL) avec un petit capital social de 1000 euros, «  à hauteur de nos moyens », pour se lancer dans le commerce de gros.

Plus qu’un engagement financier, c’est surtout « beaucoup d’investissement humain » précise Jérémie qui ne compte plus ses heures de travail. Il assure qu’il aurait pu trouver un emploi à Montpellier mais a préféré cette option. Selon lui, l’entreprenariat offre en effet la possibilité d’«  avoir une vue transversale de l’entreprise plutôt que d’être cantonné à une seule fonction ». Et d’ajouter que l’avantage c’est «  de travailler pour soi » ainsi que «  d’avoir la liberté des projets ». Après trois ans d’activité, la société “Glocal Diffusion” est désormais domiciliée dans la zone d’activité du PARC 2000 de la Mosson. L’Etat tente d’encourager l’entreprenariat et la création d’emploi par le biais de ces zones franches urbaines (ZFU) où l’entreprise bénéficie d’une « exonération d’impôt sur les sociétés ». Cela permet à Michaël et Jérémie de « percevoir un petit salaire » (1000 euros) et de préserver un fond de roulement, employé pour financer les projets futurs.

Les jeunes gérants peuvent s’enorgueillir d’« une activité florissante » dont témoigne un chiffre d’affaire hors taxes « de plus de 200 000 euros ». De la motivation, beaucoup de ténacité, quelques bonnes idées et un peu de fonds pour créer sa propre structure. L’entreprenariat pourrait être l’arme fatale face au chômage bien qu’il ne soit pas la solution à la précarité. « L’entreprenariat est l’avenir de notre pays » déclare Jérémie convaincu qu’« en temps de crise il peut s’avérer salutaire pour la création d’emploi » qu’il génère. A bon entendeur…

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