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L’épineux problème malien

mardi 23/10/2012 - mis à jour le 16/10/2013 à 12h28

Afflux de Djihadistes par centaines, au Sahel, le Président français publiquement menacé de mort, attentat perpétré contre le chef d’état mauritanien, feu vert onusien à une intervention militaire, otages toujours détenus : la situation au Mali devient explosive. Parallèlement, dans un discours prometteur en rupture avec son prédécesseur, François Hollande affirme à Dakar, que le temps de la "Françafrique" est révolu. Comment concilier efforts humanistes et réalités géopolitiques ?

L’équation ne comporte pas véritablement d’inconnue, elle paraît tout simplement insoluble. Au Mali, tout se précipite. Le pays est aujourd’hui géographiquement coupé en deux et contrôlé par plusieurs groupes fondamentalistes, dont le MUJAO (Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’ouest). Dans la zone "occupée" au nord, les islamistes se divisent précisément en différents courants : les Touaregs séparatistes algériens, Al Qaida au Magreb Islamique, et des Djihadistes (MUJAO) qui veulent imposer la charia ( la loi coranique) au pays. Ces derniers, sûrs de leur force de frappe, n’hésitent plus à menacer la vie de milliers de maliens et celle du président français : « François Hollande doit réaliser que sa vie est menacée, tout comme celle des otages » avertissent-ils.
Un premier incident a d’ailleurs eu lieu selon le Nouvelobs.fr, le 30 juillet dernier. Un drone français Harfang en mission de reconnaissance a été abattu au-dessus du désert malien. Seule une technologie sophistiquée telle que des missiles sol/air de l’OTAN permet de détecter et d’abattre ce type d’appareil. Ce qui laisse à penser que certains groupes de terroristes ont d’ores et déjà fait leur marché en Libye après l’effondrement du régime de Khadafi, comme le rappellent plusieurs sites d’information africains : Slate Afrique. Le gouvernement malien, indique Le Monde, est autorisé par l’ONU à déployer 3000 hommes pour reconquérir le Nord du pays et ne peut donc pas se passer d’un appui logistique des forces françaises.
Hollande doit maintenant se doter d’un certain doigté. Intervenir pourrait potentiellement menacer la vie des otages français tout en perpétrant une forme d’ingérence, dont le discours prononcé à Dakar se voulait pourfendeur. Jean-Yves le Drian, le ministre de la Défense le rappelle dans les colonnes du Parisien le 16 octobre 2012 : « nous n’enverrons pas de troupes au sol ». Pourtant, selon une révélation du Figaro datée du 23 septembre 2012, 200 hommes des forces spéciales sont aujourd’hui déployés sur le théâtre malien. Le président français annonce de son côté que « la sécurité au Sahel garantit la sécurité en Europe ».

Djihadiste du Mujao

Enjeux politiques

Cette partie du monde, il est vrai, devient le terreau du terrorisme. Cette zone est désertique, deux fois plus grande que la France (1 millions de kilomètres carrés), sanctuarisée par les islamistes radicaux qui en font leur base arrière. Malgré les efforts affichés de la diplomatie française pour réduire sa présence sur le continent africain, on constate que les liens historiques tissés entre l’Hexagone et ses anciennes colonies, condamnent Hollande à la plus grande implication.

La solution ? internationaliser le conflit. Sous l’impulsion de la France, la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest souhaite s’engager dans le reconquête du Nord Mali dans les prochaines semaines. Washington encourage cette initiative et se dit prêt à apporter son aide.
Entre les lignes, le dossier malien permet aussi à Hollande de repositionner ses pions sur l’échiquier africain. Il peut maintenant asseoir cette nouvelle stature de chef des armées, image qui lui faisait cruellement défaut depuis le début de son investiture. L’impuissance diplomatique de Paris en Syrie avait exacerbé ce sentiment.
Enfin, en perte de vitesse dans l’opinion publique depuis quelques semaines, François Hollande a peut-être compris, à l’image de Sarkozy en Libye, que la guerre permet de masquer les difficultés sociales franco-françaises, une stratégie judicieuse, qui doit en revanche s’appliquer avec parcimonie.
Cela s’avèrera à double tranchant, il faut veiller à ce que l’armée française, sûre d’elle, ne se casse pas les dents. Une source officielle indique le 22 octobre 2012 dans le Nouvel Observateur que « donner un coup de pied dans la fourmilière est une chose, éradiquer durablement le terrorisme au Sahel en est une autre ».

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  • L’épineux problème malien

    23 octobre 2012 18:49, par nadar

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    J’attendais une analyse fouillée et je ne lis que ce qui fait office de discours officiel.

    On peut relayer ce que dit l’afp, mais dans ce cas on peut aussi relayer ce que disent d’autres sources comme http://toumastpress.com

    Ceux-ci ne sont peut-être pas plus indépendants que les médias de la françafrique, mais ils ne le sont en tout cas pas moins.

    Tout d’abord, il serait intéressant de signaler l’existence d’une composante laïque parmi les insurgés touaregs (le MNLA).

    Ensuite, il faut avoir à l’esprit le fait que c’est là que la france vient chercher son uranium (et les otages sont issus de ce pillage aux vertus écologistes douteuses) et que les groupes islamistes dans cette région sont au moins issus, si ce n’est directement contrôlés, des services secrets algériens (cf entre autres sources : http://www.liberation.fr/week-end/0101461299-les-gia-sont-une-creation-des-services-de-securite-algeriens).

    Pour une analyse en ces termes, lire celle d’un membre du MNLA justement : https://juralib.noblogs.org/2012/10/21/vive-lazawad-libre-azawad-le-nouveau-ring-de-la-guerre-froide-entre-puissances/

    En outre, l’affirmation indiquant l’arrivée de récente de centaines de combattant semble devoir être mise au conditionnel, pour les raisons explicitées ici : https://juralib.noblogs.org/2012/10/23/vive-lazawad-libre-la-peur-change-de-camp/

    "Il est peu probable qu’il y ait une mobilisation d’une telle envergure en direction du Sahel alors même que chaque terrain depuis la Syrie jusqu’en Libye a localement besoin de plus de forces jihadistes.
    Par ailleurs, l’information nous apprend que les colonnes sont arrivées de Libye en passant par le nord du Niger. Or, il est peu probable que la coalition Toubou du commandant Barka contrôlant l’extrême sud libyen adossé au nord Niger ait laissé passer librement de telles colonnes."

    Ceci dit, je ne dis pas que les infos venant de l’autre côté soient définitivement fausses. Je dis juste qu’en bon journaliste éloigné de la réalité, le minimum est de rendre compte des différents points de vue.

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