Enquête

L’information montpelliéraine, un tâtonnement permanent

vendredi 18/02/2011 - mis à jour le 20/02/2011 à 01h55

À l’heure où le “web 2.0” atteint son apogée parmi les férus d’information et de nouvelles technologies, dans un moment où les débats sur la crise de la presse tant au niveau financier qu’éditorial amènent à penser que l’avenir de la profession se trouve sur Internet, qu’en est-il de la situation montpelliéraine ? Le numérique est-il bien exploité ? L’offre d’information est-elle suffisante ?

JPEGL’information en ligne à Montpellier se fait d’abord au travers des sites rattachés à une édition papier, comme celui de Midi Libre. Il enregistre 125 000 à 145 000 visiteurs uniques par jour. Le fonctionnement du site, pour lequel travaillent sept personnes, est identique à celui des rédactions nationales : la reprise des articles de l’édition papier et des contenus propres au web comme l’explique le responsable du desk Internet, Nicolas Badrignans : « Une partie des informations est reprise du papier, une autre est produite au fil de la journée. De manière générale, tout sujet “chaud” est mis en ligne en temps réel. »

Une nouvelle version du site Internet est en préparation, « avec de très nombreuses améliorations, notamment sur l’aspect communautaire  », note-t-il. Ce dernier point est majeur dans le web 2.0 et nombre de sites qui n’auraient pas encore franchi ce cap le font actuellement. C’est le cas de la Gazette de Montpellier, dont le site est « en travaux » jusqu’en mars 2011, mais aucun responsable n’a souhaité s’exprimer sur le sujet. Quant à l’Hérault du Jour, il ne dispose pas de son propre site mais d’une page hébergée par La Marseillaise, le groupe auquel il appartient.

L’Agglorieuse, qui possède une édition papier, fonctionne avec le périlleux système du payant : leur contenu web est accessible par abonnement de 42 € par an. Pourtant, Tristan Cuche, son créateur s’en justifie : « Le site est payant pour ne pas se tirer une balle dans le pied. Aujourd’hui, personne ne rentabilise son site ». La rédaction pense toutefois à modifier le site pour le rendre plus performant. « Ce n’est pas facile. Je ne suis pas de la génération internet », déplore cependant le rédacteur en chef.

« Un contrat de 20 heures par semaine, 600€ par mois »


Le site de Montpellier Journal expérimente un modèle économique différent en fonctionnant avec un système de dons par les internautes. « On a pu récolter 7 000 € en 2010 au lieu des 24 000 € de dons par an que j’avais prévu pour commencer. C’est très difficile à atteindre », explique son fondateur, Jacques-Olivier Teyssier.

Le système n’est donc pas pérenne et le journaliste a travaillé bénévolement deux ans durant : « les revenus n’étaient bien sûr pas suffisants pour vivre, donc l’association L’accroche, qui met à disposition des moyens humains et matériels pour le journal, m’a embauché en contrat aidé à 20 heures par semaine, pour 600€ par mois. » Malgré l’information alternative qu’il propose avec le décryptage de l’actualité locale, les visiteurs ne se bousculent pas : 15 000 visiteurs uniques en novembre.

On trouve un dernier site “d’information” sur Montpellier : www.montpellier.maville.com. Mais outre quelques points pratiques comme les sorties ciné, le site se contente de reprendre certains articles du Midi Libre. Les sites Internet d’information à Montpellier sont donc encore dans une phase de tâtonnement des possibilités qu’offre le web pour les médias, tant sur le modèle économique qui les régit que sur le contenu même.

Kaïna Tv : le média de la diversité

L’association Kaïna qui œuvre dans le quartier de la Paillade, est à l’origine d’une web TV peu commune. À l’instar du Bondy Blog, l’initiative permet aux jeunes issus des banlieues de se former aux médias audiovisuels.

Kaina TV
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