Étude de cas

L’occitan piétine... et ailleurs ?

samedi 29/01/2011 - mis à jour le 16/10/2013 à 12h28

La polémique sur les panneaux occitans à Villeneuve-lès-Maguelone met sur le devant de la scène la question des langues régionales en France. Ce débat qui anime le Sud, peut-il ébranler les autres patois ? Focus sur trois exemples : le basque, le breton et le catalan.

“Egun on”, “Demat”, “Hola” [1]. Ne vous méprenez pas, nous sommes bien en France ! Si pour saluer, la plupart des gens vous diront “bonjour”, quelques irréductibles s’évertuent à utiliser leur patois. Au Pays Basque, en Bretagne ou en Catalogne française, la langue régionale est une culture entretenue.

Trois langues ancrées au Pays

« Le breton est parlé couramment par 20 000 personnes, il s’agit de personnes plutôt âgées, vivant principalement à l’Ouest de la région, dans les zones rurales », indique Meriadeg Vallerie, sociolinguiste au service de l’observatoire de l’Office de langue bretonne à Rennes. « Cependant, les jeunes générations commencent à prendre conscience de l’importance de la diversité linguistique et culturelle. » Ce spécialiste s’appuie sur un récent sondage dans lequel la grande majorité des habitants « pensent le breton comme une partie du patrimoine. » 85 à 90% des interrogés souhaitent également que cette langue ait un avenir.

En Catalogne du Nord, réduite au seul département des Pyrénées-Orientales, le patois est ancré dans les mœurs. Selon un sondage repris par l’Institut de Sociolinguistique catalan, la moitié des 140 000 personnes interrogées ont des notions de la langue locale. La survie du catalan s’explique en partie par l’influence de l’Espagne, qui a reconnu officiellement cet idiome en 1979.

À l’ouest des Pyrénées, le basque est souvent considéré comme la langue maternelle. « Personnellement, je n’ai appris le français qu’à l’école avec comme premier mot “chat” », confie Jean-Louis Onagoïty, président de l’association Les Basques de Montpellier Eskualdunak. « Dans toutes les villes et villages du Pays Basque, les écoles, appelées Ikastolak, enseignent cette langue. »

De la télé au bitume, quelle visibilité ?

Les Bretons ont eux aussi leur école en immersion : “Diwan”. Outre les cours publics et privés, c’est par les médias que les habitants découvrent leur langue historique. TV Roazhon, Urban Breizh ou les programmes web Ken Tuch et WebNoz. Les émissions locales ne manquent pas. Au total, la Région Bretagne consacre 1,4 million d’euros pour la promotion et l’usage de la langue !

Mais tous les patois ne bénéficient pas du même soutien. Élisa Revilla, secrétaire de l’association Omnium Cultural Catalunya Nord de Perpignan déplore le manque de visibilité du catalan. « Le patois n’est présent dans les médias qu’à une petite échelle et les programmes n’offrent qu’une place limitée à la langue. Heureusement, les Perpignanais sont éveillés au catalan grâce à la signalisation bilingue. »

Les panneaux en basque font aussi partie du paysage des Pyrénées-Atlantiques. « Tous les villages sont signalés en deux langues. Même à Carrefour Anglet, vous êtes accueillis avec écrit en grand ONGI ETTORRI, c’est-à-dire “bienvenue”. Allez à Carrefour Lattes, que voyez-vous ? Rien ! » s’amuse Jean-Louis Onagoïty.

La polémique de Villeneuve-lès-Maguelone affecte toutes les régions, mais chacune réagit différemment. Face à une telle situation, les Catalans seraient prêts à défendre leurs racines en descendant dans la rue. Pas de levée de bouclier au Pays Basque et en Bretagne : la population ne pourrait imaginer une action en justice contre ses panneaux bilingues. Pour Meriadeg Vallerie, « la question ne se pose même pas ! »

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Notes

[1“Bonjour” en breton, basque et catalan

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