L’or noir plonge dans le rouge

vendredi 21/03/2008

Avec un record à 111,80 $ sur les marchés asiatiques le 17 Mars dernier, le baril de « light sweed crude » franchit un nouveau seuil historique. Matière première de prédilection du développement économique, le pétrole reste une manne financière incontestable. Malgré la flambée de son cours, la dépendance à cette énergie non renouvelable est loin d’être remise en question.

Au moment du Grenelle de l’environnement, Christine Lagarde vantait les mérites du vélo et du covoiturage. Effet de mode ou nécessaire transition ? A l’heure de la pulvérisation du prix du baril de pétrole, il serait temps d’envisager le développement d’alternatives énergétiques. Bientôt 115 $ le baril, et 1,50 € le litre à la pompe. De quoi réfléchir.
Mais tout le monde n’est pas lésé dans cette histoire. L’Etat empoche chaque année 17 milliards d’euros de taxe et les compagnies pétrolières enregistrent des profits record. En 2007, le groupe Total annonçait 9 milliards d’euros de bénéfices pour les neufs premiers mois de l’année.

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Evolution du prix du baril depuis 1988

Le débat sur une éventuelle taxation de l’or noir devient inéluctable. La rente pétrolière pourrait largement financer le développement des énergies renouvelables. Inutile de préciser que ni l’Etat, ni les entreprises pétrolières, ni les pays producteurs ne sont prêts à un tel « sacrifice ».
Les acteurs du plus grand gisement financier du monde remettent pourtant en cause leur propre existence : le développement de pays émergents à forte densité de population tels que l’Inde ou la Chine fait exploser la consommation mondiale de pétrole. Une situation qui pourrait être limitée si les pays occidentaux investissaient sérieusement dans les énergies propres. Grâce au transfert de technologie des pays développés vers les pays émergents, on éviterait d’aggraver une situation déjà alarmante : la raréfaction des sources d’approvisionnement tire les prix vers le haut et l’aggravation de la pollution de l’air intensifie les variations climatiques et la qualité de vie. Mais l’écologie semble être un luxe que les pays riches ne veulent pas s’offrir.

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1 réaction

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  • L’or noir plonge dans le rouge

    24 mars 2008 21:58

    repondre message

    Bonsoir.

    Chère Helen. Votre article oublie une des raisons fondamentales de l’inflation actuelle du brut.

    La spéculation, actuellement incroyablement déraisonnable.

    1) Le bras de fer Exxon-Chaves

    2) Sabotages au Nigeria, explosions à NY ou dans une raffinerie au Texas, etc...

    3) Le gel de la production de l’OPEP

    4) Les tensions au moyen-orient

    et tant d’autres facteurs encore... qui font que la part de pure spéculation est évaluée à environ 30% du prix actuel.

    Le pire est probablement à venir. Double peine : vu la faiblesse actuelle du dollar, les opérateurs financiers placent leur fonds dans les matières premières (or, blé, pétrole, etc...). Flambée des prix. Les pays producteurs eux sont payés en dollar, pas glop, il vaut de moins en moins "cher". Flambée des prix.

    Votre conclusion est cependant juste : un baril à plus de 100 (150 ?) $ est SOUHAITABLE. Sinon, pourquoi (économiquement parlant) se passer du pétrole : la majorité des utilisateurs se soucient au final assez peu de polluer, les industriels voulant eux développer et faire prospérer leur entreprise. Rien de bien criminel après tout. OR, si l’on prend l’exemple de l’automobile, les acheteurs veulent moins consommer pour cause de carburant onéreux. Les constructeurs vendent donc des voitures qui consomment moins. CQFD. L’Eldorado vert est en marche.

    Pari : un pascal d’euro qu’au moins 2 "écolos" seront dans le classement des 20 personnes les plus riches du monde d’ici 2030.

    Cordialement.

    LB, ex-membre du comité anti chasse aux sorcières (eh oui...)

    PS pour Nicolas et Jean-Louis : A quand une partie une partie de la TIPP réinvestie dans la recherche "verte" ?

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