La CNT, le mouton noir des cortèges.

jeudi 14/10/2010

A l’heure où le spectre de la grève générale semble flotter sur le mouvement contre la réforme des retraites, nous sommes allés à la rencontre d’un syndicat radical, minoritaire et marginalisé : la Confédération Nationale du Travail, dite CNT.

Née en 1946, la CNT se réfère au courant anarcho-syndicaliste, très actif en 1936 lors de la guerre civile espagnole, ainsi qu’au syndicalisme révolutionnaire de la fin du XIXe siècle, porté par la création de la CGT en 1895. Toutefois, comme le précise Georgios, animateur et militant, « la CNT ne se revendique pas comme une confédération syndicale anarchiste ». Pour exemple, elle accepte le fait de se présenter occasionnellement aux élections professionnelles.

Si elle reste une petite organisation ( entre 2500 et 5000 adhérents ), elle est très active, dans l’éducation et dans les réseaux de soutien aux sans-papiers, tel le Collectif Contre le Projet de Loi Besson. Toutefois, elle estime être victime d’une certaine marginalisation, par les médias et les autres syndicats. Pour Benoit, instituteur de 27 ans, « le boycottage est moins fort qu’avant, mais les médias ne nous citent jamais ». Il reste cependant lucide, en admettant que beaucoup ne connaissent même pas l’existence de la CNT. Pour lui, « il y a une méconnaissance de ce qu’on est et de ce qu’on fait ». Patrick, 52 ans, éducateur spécialisé, a lui une vision toute autre : « Les thèmes qu’on aborde, ça les emmerde, la grève générale, la grève illimitée, l’action directe, ça les emmerde ». Et de rajouter que « l’action directe n’est pas nécessairement violente, la manifestation, le blocage sont des moyens d’action directe ».

JPEG

« Des empêcheurs de penser en rond »

Présente dans l’intersyndicale éducation, la CNT n’est pas invitée au niveau départemental et national. « Lorsque nous nous y invitons, les autres nous jettent, notamment la CGT et la CFDT », confie Patrick. Pourquoi ? Interrogé durant la manifestation de mardi, le responsable CFDT de l’Union Départementale (UD34) répond que « seules les organisation représentatives au sens légal peuvent être à l’intersyndicale ». Mais à en croire les “ cénétistes ” interrogés mardi, les raisons sont bien différentes : « il paraît que l’on crée des divisions, c’est vrai qu’on est des empêcheurs de penser en rond », estime Patrick avant de rajouter avec ironie qu’ « au vu de nos positions sur la grève illimitée et générale, ça dérange beaucoup la CFDT, et on le comprend très bien ». Et Benoit de conclure à propos de cette exclusion de l’intersyndicale : « Ils m’ont dit en off qu’on cassait les luttes, alors que c’est tout le contraire, on les construit ».

Rappelons que la CNT revendique entre autres la retraite à taux plein à 60 ans pour tous et à 55 ans pour les salariés ayant effectué des travaux pénibles, le retour aux 37,5 annuités public-privé, ainsi que le refus de pensions inférieures au Smic. Un vaste programme qui passe selon eux et depuis le début par la grève générale reconductible...

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Envoyez un lien vers cet article à la personne de votre choix.
Vous recevrez une copie du message.

1 réaction

Réagissez

  • La CNT, le mouton noir des cortèges.

    17 octobre 2010 20:41

    repondre message

    Pour répondre à la CFDT : la CNT est représentative dans certains secteurs, au regard des critères de la loi.

    Mais la CFDT est-elle représentative avec une partie des 8% de syndiqués que compte notre beau pays ?

    Pour info, Solidaires et la FSU, également membres de l’intersyndicale nationale ne sot considérés représentatifs que dans certains secteurs.

Rejoignez Haut Courant sur Facebook

Haut Courant sur Twitter