Rétrospective

La culture occitane : « Ça ne sert à rien, ça sert à être »

samedi 29/01/2011 - mis à jour le 16/10/2013 à 12h28

« Les Bretons, les Corses et les Basques l’avaient. Je me suis dit : “Pourquoi pas nous ?” » Une question simple qui lance la pose d’une signalisation bilingue français-occitan à l’entrée des communes du Biterrois. José Juan, à l’initiative du projet, revient sur ses motivations.

Après des études de mathématiques et de physique à Toulouse, c’est le cœur lourd que José Juan part travailler à Paris. « En 1969, il n’y avait pas de travail à la maison. Même si j’ai fondé une famille dans la capitale, je n’ai jamais oublié ma modeste mais heureuse vie dans le pays d’oc. » Intégrer les rangs de l’Institut d’Études Occitanes lui a permis de tenir jusqu’à ce qu’il puisse redescendre dans le Sud avec sa femme et ses enfants. « J’ai passé le concours de la fonction publique en tant qu’ingénieur territorial. Puis j’ai trouvé une place de directeur du service technique à Valras-Plage », raconte-t-il.

Ne parlant qu’imparfaitement l’occitan, il devient un homme d’action au sein de l’IEO. Grâce à ses contacts avec des maires, des conseillers généraux et un fabricant de panneaux situé à Baillargues, il porte son projet de signalisation bilingue jusqu’à la municipalité de Valras puis de Béziers en 1992. « Je me suis toujours promis de faire en sorte que les jeunes prennent conscience de la beauté de l’Occitanie et qu’ils se battent pour elle. » Les panneaux en occitan sont un moyen de revendiquer une identité, une différence et une fierté propre à la région. « Mais en aucun cas une supériorité. Je suis un pacifiste et ne souhaite pas instaurer des frontières. Nous sommes une région de France et ne remettons donc pas en cause la nation. »

Une des rares opérations concertées sur toute l’Occitanie

En 2000, José Juan obtient l’aval du Conseil Général de l’Hérault via deux lettres de la Direction de l’Aménagement du Territoire, Prospective, Équipement Départementaux qui l’autorisent à « rajouter aux panneaux d’entrée d’agglomération la même mention mais en occitan. » L’accueil des maires du Biterrois a été dans l’ensemble favorable. Sauf pour les communes de Maraussan, Cessenon-sur-Orb et Lieuran-lès-Béziers. « J’arrive avec une proposition et des arguments. Mais le conseil municipal reste souverain. » Il n’en demeure pas moins que cette opération reste une des rares à avoir été concertée et organisée sur les 32 départements de l’Occitanie.

En cela, Villeneuve-lès-Maguelone est pour l’actuel vice-président de l’IEO Hérault, une déception. « Pourquoi on serait plus Français que Français ici ?, s’indigne José Juan. Les panneaux sont un appui à la revendication d’une “occitanité”. » Et pour répondre à ceux qui doute encore de l’utilité de cette “occitanité”, José Juan reprend une phrase de Jordi Pujol, homme politique catalan : « Ça ne sert à rien, ça sert à être. »

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1 réaction

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  • La culture occitane : « Ça ne sert à rien, ça sert à être »

    30 janvier 2011 12:27, par Régis Brasseur

    repondre message

    Je pense que José Juan a raison dans sa démarche.Son action s’inscrit dans la préservation de nos langues régionales.
    Cette culture linguistique est le médium cognitif de notre passé et permet de mieux comprendre qui nous sommes.
    Langue d’OC langue d’Oïl même combat.
    Mais il ne faut pas confondre culture et nationalisme.
    Et c’est un Picard qui vous parle.
    Adé.

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