Dossier l’après-Frêche

La fédération socialiste de l’Hérault dans la tourmente

vendredi 04/03/2011 - mis à jour le 05/03/2011 à 17h05

Mise sous tutelle controversée et existence d’adhérents fantômes au sein d’une des fédérations les plus puissantes de France, la rupture avec le Frêchisme entraîne un chaos dans le camp de la gauche régionale. Tout cela à l’approche des élections cantonales.

Le décès de “l’Empereur de Septimanie” n’a pas apporté le calme escompté. Suite à la découverte « d’une gestion catastrophique dans cette fédération par le bureau national », comme le déclare le journaliste Jacques Molénat, la direction nationale a décidé de remettre les choses en ordre. Une tutelle, avec une direction collégiale représentant les différentes tendances, a été mise en place en septembre 2010 pour une durée de six mois.

Cependant, certains estiment qu’elle se prolongera. L’objectif principal est « de remettre en place le fonctionnement de la fédération en conformité avec les statuts adoptés par le PS » rappelle le socialiste Jean-Michel Du Plaa, membre de la direction collégiale de la fédération. Pour Paul Alliès, secrétaire national adjoint à la rénovation, « la réintégration doit se faire au cas par cas. »

Toutefois, la commission ne fait pas l’unanimité dans le camp de la gauche languedocienne, notamment parmi les cinquante-huit Frêchistes de la région Languedoc-Roussillon, exclus du parti pour avoir soutenu la liste Frêche lors des élections régionales de mars 2010.

Claude Zemmour, membre du Conseil Régional et représentant de la section 2 de Béziers, qualifie cette mise sous tutelle de « chasse aux sorcières destructrice » et s’en prend au propos du président du Conseil Général de l’Hérault André Vezinhet, tenus dans les colonnes du midi libre du 17 Février : « Si André Vezinhet s’estime satisfait de la situation actuelle de mise sous tutelle de la fédération du Parti socialiste de l’Hérault, c’est qu’il fait partie de la minorité des socialistes du département qui s’en contente. » Visiblement cette mise sous tutelle n’est pas du goût de tous les représentants de la gauche régionale.

Une liste « d’adhérents fantômes »

Jean-Michel Du Paa déclare que la fédération du PS héraultais est « critiquée pour son opacité et ses dysfonctionnements ». Constituée de dix sections naturelles, l’existence d’une onzième section conçue et dirigée par Robert Navarro a été révélée par le journal Midi Libre du 13 janvier. Cette section, comprenant 306 adhérents contestés, servirait en fait de machine électorale au service de l’ex-premier secrétaire de la fédération.

L’existence d’une telle section suscite la curiosité de Solférino, déjà alertée par la falsification des dates d’adhésions de militants socialistes héraultais dans le fichier national. Cela pourrait indiquer que le navire socialiste n’est pas prêt de réintégrer les naufragés de l’Hérault. Le licenciement de l’épouse de Robert Navarro et l’arrivée - houleuse - de deux nouveaux permanents envoyés par le bureau national semblent en témoigner.

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