Dossier Université Montpellier Sud de France

« La fusion des universités n’est plus d’actualité »

jeudi 24/03/2011

Lundi 10 janvier 2011, la présidente du PRES (Pôle de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) de Montpellier a révélé lors d’un entretien avec Hautcourant.com, que le projet de fusion des universités « n’est plus un pré-requis au projet d’initiative d’excellence » (idEx). Selon Dominique Deville de Périère, la fusion est abandonnée.

La fusion des trois universités montpelliéraines était une condition initiale à la candidature au projet d’idEx. « C’est Georges Frêche et le Ministère qui voulaient absolument la fusion. Aujourd’hui, elle n’est plus une condition sine qua non de la réussite de ce dossier, on a les garanties pour l’idEx », affirme D. Deville de Périère, ancienne présidente de l’UM1 et présidente du PRES Université Sud de France depuis un an.

Le PRES avait été créé afin d’accompagner les présidents d’université vers la fusion, prévue pour le 1er janvier 2012. Il semblerait que ce projet délicat était un objectif à trop court terme. « Ça rentrait très clairement dans la politique de Nicolas Sarkozy, on y était vraiment poussés », ajoute la présidente du PRES.

Pourtant, selon elle, la configuration des trois universités s’y prêtait assez bien avec une université pluridisciplinaire (Montpellier 1) et deux universités monothématiques (Montpellier 2 et 3). Mais en pratique, tout est compliqué, chaque faculté a par exemple peur de perdre son identité ou de voir des postes disparaître.

Une mutualisation plutôt qu’une fusion

Le projet d’idEx, voulu par le gouvernement, a perturbé les négociations engagées entre les présidents. « Il a fallu repenser une gouvernance. On était pris dans un espèce d’étau, on avait toujours ce sentiment d’épée de Damoclès », explique D. Deville de Périère. 2012 représentait une échéance pour laquelle ils ne se sentaient pas prêts pour différentes raisons. Et depuis plusieurs mois les luttes intestines faisaient rage entre les différentes universités et grandes écoles associés au projet, quant à savoir quelle gouvernance mettre en place pour cette future université unique.

Désormais, ils s’orientent vers l’idée d’une université fédérale : un grand label “Montpellier Sud de France”, avec des établissements autonomes, qui garderont leur identité et resteront indépendants. « Les universités devront apprendre à travailler ensemble, petit à petit, par le biais de mutualisations », conclut la présidente du PRES.

Cela en est donc fini du projet de fusion des sites montpelliérains, qui est donc enterré en catimini. Le 6 janvier dernier, le Recteur d’Académie Christian Philip reconnaissait l’échec et constatait philosophe : "Il vaut mieux une gouvernance commune qui soit réelle, qu’un débat permanent pour une fusion qui ne débouche sur rien. Si on met 10 ans à Montpellier pour fusionner, ce n’est pas absurde. A Marseille, où ce n’est pas finalisé, ca fait déjà une décennie que ça dure". La prochaine étape sera donc la requalification d’un PRES avec de nouveaux statuts d’ici quelques mois, et c’est Dominique Deville de Périère qui risque d’en faire les frais.

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    Bonjour à toute l’équipe d’Haut Courant.

    Article intéressant même si je ne comprend pas du tout le sens de la dernière phrase : "la présidente du PRES va en faire les frais" !

    Je rappelle aux lectrices et lecteurs d’Haut Courant que le PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur - Université Montpellier Sud de France) est un établissement Public de Coopération Scientifique (EPCS) créé par décret le 9 juin 2009, et que la présidente est élue par le Conseil d’Administration pour 2 ans non renouvelable...
    Ce pourquoi la dernière phrase de l’article me semble un peu déplacée.

    Bonne continuation

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