Documentaires sur le journal Libération

La naissance de “l’enfant de mai 68”

jeudi 02/12/2010

Le 27 novembre, la société des lecteurs de Libération a organisé au cinéma Grand Action de Paris, une projection-débat en compagnie des journalistes et anciens membres de la rédaction. Deux films ont été diffusés lors de cette rencontre ouverte au grand public, dont celui de Patrick Benquet.

Sans tomber dans l’excès de nostalgie, le film de Patrick Benquet
Libération, je t’aime moi non plus retrace l’histoire de la première décennie du journal. Ce documentaire va plus loin que l’histoire propre du quotidien : c’est l’épopée d’une génération toute entière qui traverse la déferlante des années 70. Le journal a été porteur d’inventions et d’idées à l’image de certains fondateurs, de Jean-Paul Sartre à Serge July.

Patrick Benquet : « Le rôle de Libération était d’influencer la presse »

Présent lors de la projection, Patrick Benquet a déclaré avoir « choisi le parti pris d’insister sur le côté "destroy" mais j’aurai très bien pu le faire sur l’enquête et le grand reportage ». Il a également ajouté que « l’histoire de Libération est une histoire de violence et de haine ». Il rend ainsi compte des antagonismes qui existaient au sein de la rédaction.

Après la projection du film, un échange a eu lieu entre le réalisateur, les journalistes et les téléspectateurs. Patrick Benquet est revenu sur la modernité du journal dans sa conception. « La photo-composition permettait de contourner le circuit classique de production […]. Le rôle de Libération était d’influencer la presse. »

L’égalité salariale, la parité, et la direction du journal par ses salariés étaient également des principes défendus par la rédaction. Mais, le tournant des années 80 a eu raison des ces idées. Le documentaire de Benquet s’arrête sur cet épisode et laisse le spectateur sur sa faim. Dommage, surtout lorsqu’un lecteur de “Libé” se dit « déçu du devenir du journal ».

Le second documentaire Une journée à Libération, réalisé par l’équipe de Libélabo, propose une immersion dans la rédaction du journal. Montrant une équipe soudée mais qui rencontre des difficultés sur la conception des titres notamment, ce film n’apporte pas vraiment d’intérêt pour le spectateur qui s’intéresse à la fabrication du journal.

Si les deux films sont inégaux par leur format et leur contenu, ils permettent néanmoins de mieux comprendre le combat originel du journal et l’attachement de ses lecteurs. Ces derniers ont créé la société des lecteurs de Libération depuis 2006.

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