Le Conseil d’Agglo, une épreuve de longue haleine finalement écourtée

lundi 02/12/2013 - mis à jour le 05/12/2013 à 19h34

Attribution des subventions, politique du logement, dispositifs culturels, développement durable et énergies nouvelles...Tant de sujets à traiter en moins de quatre heures. Défi relevé !

Mercredi 27 novembre avait lieu le Conseil d’Agglomération de Montpellier, à l’hôtel de l’Agglomération, dans le quartier d’Antigone. 17H58, à deux minutes du lancement, la salle est quasiment vide. Trois colonnes de fauteuils en cuir matelassé orange font face au bureau directoire. La salle se remplit peu à peu, il est 18h10. Frédéric Aragon, membre de la Commission Culture-Enseignement a pris place au piano, à la droite de l’estrade. Il tente de combler le retard et se lance dans un morceau jazzy. Aux balcons, les quelques chaises installées à l’intention des rares visiteurs trouvent preneurs. Aucun jeune à l’horizon.

Jean-Pierre Moure entre en scène, des dossiers sous le bras. Après plusieurs poignées de mains, il s’installe enfin dans son fauteuil de président du conseil. Il est 18h17, chacun a regagné sa place. “Monsieur Philippe Chassing” - “ Présent”, “Monsieur Jacques Martinier” - “représenté”. Une quinzaine sont aux abonnés absents à l’appel d’Arnaud Moynier, maire "divers droite" de la commune de Beaulieu. Le sexe masculin prédomine. Moyenne d’âge : 55 ans. Ces élus vieillissants sont pour le moins modernes. Smartphones et tablettes numériques trônent sur les tables. Jean-Pierre Moure, en président de cérémonie : “Vous avez à disposition le planning de la médiathèque, le guide du Languedoc-Roussillon... et un calendrier pour 2014, très utile pour se rappeler des réunions et arriver à l’heure !” ironise-t-il. A l’ordre du jour, 59 affaires à traiter.

"La politique d’austérité est catastrophique pour les collectivités locales”

Le dossier numéro quatre, le débat d’orientation budgétaire, anime la salle. 11,4 millions seront dédiés à l’environnement ; 17,68 millions pour la culture ; 11 millions pour le sport... Thierry Breysse, vice-président du Conseil, en charge de la présentation du budget 2014, est une véritable machine à chiffres. Le débat prend des allures de règlement de comptes avec la politique nationale actuelle. Le maire UMP de Saint-Jean de Védas, Isabelle Guiraud, appelle à une baisse du taux d’imposition. Max Levita, 5ème adjoint au maire, se lance dans un cours magistral interminable sur la politique budgétaire européenne et conseille à tous d’étudier la situation des collectivités locales espagnoles, italiennes et allemandes. Michel Passet, secrétaire départemental du Parti Communiste approuve : “Quand une politique est mauvaise, il faut en changer. La politique d’austérité est catastrophique pour les collectivités locales”. Des grésillements intempestifs de téléphones portables viennent clore le débat : “Quelqu’un a un portable ouvert ? Fermez-le s’il-vous-plait ! C’est quand même simple de se priver de son portable pendant quelques heures, on n’en meurt pas !” s’agace Jean-Pierre Moure. Il conclut : “un budget, ce n’est pas que des chiffres. Chacun le traduit avec une certaine sensibilité. J’attends cette diversité”. Le dossier principal passé, certains élus retournent à leurs croquis et lectures.
Certains quittent déjà le conseil, comme Michaël Delafosse, perdant des primaires socialistes face à Jean-Pierre Moure le 11 octobre dernier.

Michel Lentheric, délégué titulaire à l’aménagement durable du territoire de St-Jean-de-Védas, connu pour son franc-parler, se manifeste à plusieurs reprises. Avec ferveur sur le plan logement habitat, entraînant une foule d’applaudissements.
Si la majorité des élus se fait silencieuse, Messieurs Lentheric, Martin (vice-président délégué au sport, ndlr), Revol (maire Front de Gauche de la commune de Grabels, ndlr), Passet et Pastor (vice-président délégué au développement économique, ndlr) donnent de la voix. Certains préfèrent jouer à « Candy Crush Saga » sur leurs téléphones portables, cachés sous la table. D’autres consultent attentivement le « guide du Routard Montpellier 2014 » (en librairie depuis le 20 novembre, ndlr) ou feuillettent le journal de l’Agglo. Et oui, les visiteurs voient tout depuis les balcons.

 "Oh, de toute façon, comme tout le monde s’en fout...!"

A 21h15, la moitié des affaires reste à traiter. Manque de chance, c’est la culture qui doit trinquer, moins de trois minutes par dossier montre en main. Et pour cause, les ventres grouillent. Josette Claverie, en pleine présentation de son projet archéologie : « Je vais peut-être dire un mot sur les lapodes », avant d’être interrompue par des agacements dans la salle : " Oh, de toute façon, comme tout le monde s’en fout...!  ". Mieux vaut ne pas être le porte-parole des derniers dossiers, faute d’attention de l’auditoire.
Après quelques mots sur les énergies renouvelables, la séance prend fin : " Je vous remercie, je vous souhaite à tous un bon appétit et une bonne fin de soirée ! ". Il est 21h40.

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