Le VIH : vers une régression des mentalités ?

Retour sur la lente acceptation sociale du virus du Sida

jeudi 02/04/2009

Au moment où la mobilisation annuelle du Sidaction inonde les télévisons, le préservatif comme instrument de protection du sida est remis en cause. En voyage en Afrique où le sida fait des ravages, le pape présentait le préservatif comme un instrument "d’aggravation du problème" du sida. Le 27 mars sur France Info, l’évêque d’Orléans Mgr André Fort en rajoute une couche et soutient que le préservatif n’est pas fiable pour se protéger du sida. Enfin, l’absence de réaction du Président Nicolas Sarkozy en visite en Afrique pour affaires est à regretter selon certains observateurs.
L’occasion de revenir sur cette maladie et sa difficile acceptation dans la société.

Le VIH, c’est 1 personne contaminé dans le monde toutes les 6 secondes.
En 2007, 33 millions de personnes dans le monde seraient infectées par le VIH selon les données de l’Onusida soit 6 800 personnes par jour.
Plus de 95% des cas se trouvent dans les pays à revenus faibles et moyens. Enfin, le sida emporte chaque jour environ 5 700 personnes.

Les premiers cas recensés de personnes porteuses de la maladie, que l’on n’appelait pas encore sida, apparaissent aux Etats-Unis en 1981. On lui donne plusieurs noms dont le "gay syndrome" car elle touche au début plus spécialement la communauté homosexuelle. L’identification du virus du sida se fait en 1982 par l’équipe du professeur Montagnier de l’Institut Pasteur.
Dans les années 1980 débutent alors des campagnes de sensibilisation et de prévention au moyen notamment du préservatif.

Au début, la société a du mal à s’y faire. La peur de la maladie est à l’ origine de rumeurs qui font des atteints du VIH des donneurs intentionnels qui se vengent. Comme celle de l’amant qui, après une relation laisse un mot : bienvenue au club. Ou encore celle des piqures infectées mises volontairement sur les fauteuils de cinémas.
Avec la liberté sexuelle acquise dans les années 1960-1970, le sida vient freiner l’époque des mœurs insouciantes.
D’abord associée à la communauté homosexuelle ou aux toxicomanes, la maladie est mal vue.
De nombreuses personnalités atteintes ne le dévoileront jamais ou difficilement publiquement. Comme le philosophe Michel Foucault, les comiques Elie kakou et Thiery le Luron... D’autres en feront une lutte ou un combat comme le joueur de tennis américain Arthur Ashe. Le cinéma s’est vite emparé de cette difficile acceptation de la maladie : Le film Philadelphia de Jonathan Demme sorti en 1994, montre l’histoire de l’exclusion sociale d’un avocat homosexuel atteint du VIH. Ou encore Les nuits fauves, en 1992 de Cyril Collard, film autobiographique de cet écrivain, acteur et réalisateur français bisexuel aux mœurs sexuelles débridées, séropositif. L’ Ecrivain Hervé Guibert, lui, révèlera sa séropositivité dans «  A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie » et fait de sa maladie un moyen de provocation et de prise de conscience. Il se photographie au fur et à mesure de l’avancement de la maladie, se filme pour la télé…

Peu à peu, le préservatif, qui existe pourtant depuis 3000 ans avant Jésus Christ [1] est rentré dans les mœurs comme outil de contraception mais surtout de protection contre le VIH. La "génération capote" est née, et de nombreuses associations comme Aids et Sidaction pour les plus connues se mobilisent, portées par des stars de la chanson ou du cinéma..

Un changement qui ne plait pas beaucoup à certains hommes d’églises pour qui l’argument de protection cache celui de la contraception. La recherche avance et aujourd’hui, en France, la moyenne d’âge d’une personne atteinte du VIH est 41 ans. En réponse aux propos de l’évêque, l’Onusida a publié un communiqué le 20 mars où elle rappelle que «  La prévention est le fondement de la riposte au sida  » et affirme que « le préservatif masculin en latex est la seule technologie disponible la plus efficace pour réduire la transmission sexuelle du VIH. »
Aujourd’hui en France, la maladie n’est pratiquement plus un tabou. La prévention est passée dans les mœurs. Les enfants l’apprènent à l’école, à la télévision, avec les parents. Les réactions provoquées par les récents propos concernant le préservatif en témoignent.

Notes

[1 pour plus d’informations sur histoire du préservatif, voir http://www.mag-pluspharmacie.com/pr_servatif.html

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3 réactions

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  • Le VIH : vers une régression des mentalités ?

    8 avril 2009 21:21, par prevsida

    repondre message

    pour vous informer régulièrement sur la lutte contre le sida en AFRIQUE ,visitez l’excellent blog : prevsida.centerblog.net

    Voir en ligne : prevsida.centerblog.net

  • repondre message

    C’est un billet ce papier ou un article ? Rien n’est fondé tout s’appuie des moeurs qui sont présentés tels quel sans aucun questionnement. l’assemblage est limite malhonnête rebondir sur les propos du pape sans les expliquer est un jeu facile mais qui tend a abrutir vos lecteurs.... Respectez nous merci !!!

    • repondre message

      Cet article est initialement issue d’une chronique radio de l’émission haut-courant continue diffusée tous les lundi sur Divergences.
      Il ne s’agit pas de poser le débat mais de prendre pour pretexte les propos tenus par le pape sur le préservatif pour évoquer la difficile acceptation sociale de la maladie.
      C’est pour celà que je n’ai pas juger bon de revenir plus en détail sur ses propos qui ont d’ailleurs largement étés débattus dans la presse.
      Cependant, à la relecture, il est vrai que l’article manque de liens pour l’étayer, je n’ai pas su adapter correctement ce papier prévu pour la radio à un papier de presse écrite. Ce que je vais corriger suite à votre remarque.
      Croyez bien, que malgré tout, vous avez tout mon respect.

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