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Le cinéma est un sport de combat

Tir à vue sur les nouveaux chiens de garde

mardi 10/01/2012 - mis à jour le 10/01/2012 à 15h43

La salle du cinéma Diagonal de Montpellier était pleine lors de l’avant-première du film « Les nouveaux chiens de garde », organisée il y a trois mois dans le cadre du Forum National des Médias Indépendants. Déjà primé deux fois cette année au festival de cinéma de Valenciennes, le documentaire réalisé par Yannick Kergoat et Gilles Balbastre recueille les applaudissements du public avant même sa sortie officielle dans les salles obscures le 11 janvier.

Dans la lignée des travaux de Pierre Bourdieu dans l’ouvrage Sur la télévision cette adaptation à l’écran de l’analyse critique des médias, développée dans le best-seller éponyme de Serge Halimi, met en lumière le caractère anti-démocratique des principaux médias dominants français.

De la connivence entre journalistes et hommes politiques aux collusions avec les chefs d’entreprise, en passant par le monopole de l’accès à la parole médiatique par les élites, le film dénonce les pratiques d’une oligarchie. C’est l’indépendance, l’objectivité et le pluralisme du quatrième pouvoir qui sont remis en cause. Images d’archives télévisuelles et enregistrements d’émissions radio à l’appui, cette critique au vitriol menée sur un ton sarcastique, s’attaque à l’imposition d’une pensée unique libérale. Le message est clair : ni la télévision, ni la radio, ni la presse ne jouent leur rôle de contre-pouvoir.


Les Nouveaux chiens de garde Bande-annonce par toutlecine

C’est contre cette conception des médias, exprimée par Franz-Olivier Giesbert, que s’érige le documentaire : « Tout propriétaire a des droits sur son journal. D’une certaine manière, il a les pouvoirs. Vous me parlez de mon pouvoir, c’est une vaste rigolade. Il y a des vrais pouvoirs. Le vrai pouvoir stable, c’est celui du capital. Il est tout à fait normal que le pouvoir s’exerce. Ça se passe dans tous les journaux. Il n’y a pas un journal où cela ne se passe pas ». En bref, un cinéma engagé qui interpelle le citoyen. Lors d’une table ronde sur le thème de la démocratie et des médias qui a eu lieu lors de l’avant première, Yannick Kergoat déclarait : « il faut faire de la question des médias une question politique », et associé au propos de Pierre Carles il poursuivait : « l’intégration croissante entre médias et champ social impliquait aussi d’agir sur la société pour qu’un changement s’opère ».

Séances du 11 janvier au cinéma Diagonal : 13h55, 16h et 19h50

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