Préfecture de l’Hérault

Le long chemin des étrangers vers la France

dimanche 27/03/2011

Pour respecter la loi française, les étrangers qui souhaitent résider en France doivent se rendre en préfecture. Ce qui les attend, c’est beaucoup de dossiers à remplir, de rendez-vous à prendre, de temps d’attente. Tout cela leur apprend la qualité administrative française. Reportage.

Grande épreuve ? Pour entrer à la préfecture de l’Hérault, les étrangers hors Union Européenne doivent passer un contrôle de police. L’intérieur du bâtiment se divise en deux parties : au rez-de-chaussée, l’accueil des étrangers et à l’étage, la résidence du préfet.

« Prenez un ticket ici ! », crie une femme sur un ton autoritaire. Cette fonctionnaire est chargée d’orienter les étrangers. Les guichets, où les titres de séjour et les récépissés sont délivrés, sont fermés pour la pause-déjeuner. Pendant ce temps, la foule d’étrangers est déjà là pour essayer de passer le plus tôt possible.

13h. Une trentaine d’étrangers font la queue devant le distributeur de tickets. Mais ils devront encore attendre puisqu’un affichage indique que “la distribution se fait de 13h30 à 15h”. « Non, c’est faux en fait. Ça commence toujours à partir de 13h15 », remarque un étudiant étranger qui va être le premier à passer. « Je suis là depuis 11h ! Ça fait 2h que je suis debout. Mais je préfère arriver tôt pour être sûr d’avoir un ticket car sinon je dois revenir un autre jour. Comme je suis étudiant, c’est difficile », précise-t-il. Ce jeune homme a l’air d’avoir envie de parler avec quelqu’un pour faire passer le temps. PNG

Même pour une jeune maman musulmane avec son bébé, il n’y a pas d’exception. « Moi aussi j’attends depuis 2h. Le problème c’est que je ne peux pas aller aux toilettes avant de prendre un ticket. Si je sors de la file, on me prend ma place. Je ne pense pas que ce soit bien organisé », se plaint-elle. Sa poussette est laissée hors de la queue pour ne pas prendre trop d’espace.

En bout de file, deux étudiantes marocaines attendent depuis 12h45. « Nous venons de recevoir le récépissé. Nous ne pouvons pas aller en cours cet après-midi parce que nous ne savons pas à quelle heure nos démarches vont finir », s’exclament-elles, inquiètes.

442 minutes d’attente devant le guichet

Les étrangers arrivés après 13h doivent faire preuve d’encore plus de patience. Une jeune femme japonaise, 29 ans, est arrivée à 13h45. Son ticket indique qu’elle doit attendre provisoirement pendant 442 minutes devant le guichet. « Je n’en ai pas cru mes yeux quand j’ai pris ce ticket ! », déclare-t-elle amère avant de renchérir : « Les agents travaillent au-delà des horaires. C’est juste mal organisé. Ce n’est pas forcément le personnel du guichet qui n’est pas efficace. »

La situation est-elle la même dans les autres préfectures ? Kambayashi, étudiant japonais à Strasbourg, raconte sa démarche dans sa région : « Dans le Bas-Rhin, on n’a pas du tout besoin de faire une longue queue parce qu’on a reçu une date fixe pour récupérer le titre de séjour lors du dépôt de dossier. Je n’ai attendu qu’une demi-heure au total. » Mieux vaut donc être étranger à Strasbourg qu’à Montpellier.

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    Article assez pertinent, même si cela ne soulève aucun fait nouveau. çà toujours été ainsi... à Montpellier, faire ses démarches lorsqu’on est "étudiant étranger" relève du parcours du combattant. Les choses peuvent manifestement changé, si on y met une peu de bonne volonté !

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