« Le quidditch, c’est un sport ! »

vendredi 17/11/2017 - mis à jour le 24/11/2017 à 12h59

L’équipe montpelliéraine des Blacks Wands fondée il y a deux ans, donne vie de façon hebdomadaire à un sport jusque-là imaginaire : le quidditch. A quelques heures de la Coupe de France qui se déroule les 18 et 19 novembre prochains à Limoges, reportage sur une activité encore méconnue.

Quidditch : vrai sport ou truc de geek ? C’est un bien étrange ballet auquel assistent les badauds en plein cœur du parc Georges Charpak dans le quartier Port Marianne. Sous des regards à la fois curieux et amusés, l’équipe des Black Wands de Montpellier s’entraîne à un sport bien particulier : le quidditch. « J’étais comme ces gens avant, je me promenais ici, relate Benjamin, membre de l’équipe depuis 2016, je me suis foutu de leur gueule et puis finalement j’ai testé et j’ai adoré ! ».

Le quidditch moldu késako ?

Au premier coup d’œil, la scène a de quoi être cocasse au vue de l’équipement des participants : chaussures à crampons, protège-dent, bandeau vissé sur la tête et bien sûr le fameux « balai » que les participants doivent constamment garder entre leurs jambes. Adapté de la saga Harry Potter, le quidditch moldu est fondé en 2005 dans une université américaine et accueille en France depuis quelques années de plus en plus de pratiquants. Si les protagonistes ne s’envolent pas dans les airs, on retrouve toutefois de nombreux éléments des livres, du vif d’or aux différents postes occupés par les joueurs en passant par les trois anneaux qui servent de buts . Comme dans l’épopée du jeune sorcier, deux équipes composées chacune de sept joueurs s’affrontent. Le but : inscrire plus de points que son adversaire. Chaque équipe dispose de trois poursuiveurs, deux batteurs, un gardien et un attrapeur. Aspect fondamental du jeu, les équipes sont obligatoirement mixtes puisqu’il y a un maximum de quatre personnes du même genre par équipe sur le terrain. Une fidélité à l’œuvre de JK Rowling qui n’est pas uniquement destinée aux fans de la saga. Il y a d’ailleurs une réelle volonté pour l’équipe de se détacher de l’univers. « Beaucoup de gens ne voient le quidditch qu’à travers Harry Potter alors qu’il faut véritablement dissocier ce sport de l’univers de la saga, » appuie Mylène, ancienne membre de l’équipe montpelliéraine. Alicia, co-fondatrice des Black Wands, le clame « le quidditch, c’est un sport ! ». Le quidditch est en fait un mélange de handball, de rugby et de balle aux prisonniers. Après avoir repris son souffle, Etienne, le capitaine de l’équipe, explique : « Un bon joueur de quidditch doit être endurant, rapide, technique et disposer d’une bonne science du placement ». Des caractéristiques complètes qui sont travaillées au cours de différents ateliers car « chaque poste a sa spécificité » précise Mariko, poursuiveuse, entre deux exercices. Batteurs, poursuiveurs et attrapeurs ont des rôles très distincts et doivent respecter un schéma de jeu bien précis.

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L’équipe montpelliéraine des Black Wands en plein entraînement.

Crédit : ©Théo Combes

La stratégie au cœur du jeu

La dimension tactique est extrêmement prégnante au sein de ce sport, « c’est ce que je préfère » s’enthousiasme le capitaine de l’équipe. Un point particulièrement abordé lors de cet entraînement par le pédagogue Axel, chargé d’édifier le schéma tactique de l’équipe héraultaise. Le but étant principalement de planifier les tactiques en cas d’attaque ou de défense. « Je m’inspire principalement du football américain, analyse-t-il, mais d’autres équipes puisent plus dans le basket ». Malgré une stratégie définie « dans la semaine » les gammes sont répétées atelier après atelier afin d’obtenir une technique parfaite. « On a une équipe assez neuve, donc on essaye de mettre l’accent sur la stratégie » se rassure Ludovic, un des deux batteurs. Un aspect stratégique qui se retrouve également dans le matériel utilisé par l’équipe montpelliéraine. Ici, pas de Nimbus 2000 ou de balai ménager « trop lourd et dangereux en cas de contact » mais des tubes PVC plus légers et maniables. « On fait des recherches pour améliorer ce point en utilisant des tubes PVC encore plus légers et flexibles » pointe Alicia, entraîneuse de l’équipe. Un perfectionnisme qui transpire, de l’échauffement jusqu’aux ateliers techniques.

« C’est un sport de contact »

Si la stratégie est fondamentale, ce n’est pas le seul aspect important. « C’est véritablement un sport de contact », reprend Mathis fondateur de l’équipe des « Nains de Nîmes ». Les règles officielles autorisent les joueurs à se plaquer de face et il n’est d’ailleurs pas rare d’assister à des blessures assez sérieuses. Axel en témoigne, lui qui a eu le « nez cassé » lors d’un précédent match. Une intensité que l’on ne retrouve pas seulement en match mais également à l’entraînement comme pour le capitaine Étienne qui se relève difficilement d’un plaquage appuyé de Benjamin, l’attrapeur de l’équipe. Une intensité à la limite de la violence lorsque les batteurs, en compétitions, effectuent des « concours » afin de toucher le plus de tête avec le cognard, ballon en plastique sous-gonflé. « Cela reste très fraternel, avec des valeurs proches du rugby, nous rassure Benjamin, il n’y a pas de rivalités ». Les différentes équipes françaises se connaissent pour la plupart très bien. Ils effectuent de nombreux tournois ou démonstrations : « J’y joue parce que cela me permet aussi de me créer des contacts et de rencontrer des gens, » ajoute Mathis.

Les Black Wands retrouveront 17 autres équipes françaises à l’occasion de la coupe de France à Limoges les 18 et 19 novembre prochains. « C’est notre première participation, déclare Alicia, encore essoufflée de l’entraînement. On a comme objectif de finir neuf ou dixième, ce serait une belle reconnaissance. » Un vœu qui, elle l’espère, apportera également un peu de notoriété à l’équipe alors que la ville de Montpellier refuse encore et toujours de leur accorder l’accès à un terrain de sport.

Retrouvez l’actualité des Black Wands sur leur page facebook.

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