Les vétérans de Millésime Bio

mardi 02/02/2016 - mis à jour le 07/02/2016 à 20h05

L’édition 2016 du salon Millésime Bio a réuni près de 900 exposants venant de 15 pays différents et plus de 4 500 visiteurs. Pourtant, à sa création en 1993, il regroupait une petite dizaine de vignerons tous issus du Languedoc-Roussillon. Il y a 20 ans, Olivier, Gilles, Thierry, Bernard, Dominique, Patrick et Jacques étaient loin de se douter que le salon prendrait une telle ampleur. Focus sur ceux qui ont fait Millésime Bio.

Pas de Millésime Bio sans Sudvinbio. Le Salon est né de l’association interprofessionnelle Sudvinbo créée en 1991 par quelques vignerons pratiquant l’agriculture biologique dans la région du Languedoc. Autrefois nommée AIVB (Association Interprofessionnelle des Vins Biologiques du Languedoc-Roussillon) elle a été rebaptisée Sudvinbio en 2012. Parce que c’est tout de même plus simple à dire.

Quatre bouteilles et huit copains

En 1993, une poignée de vignerons du Languedoc décide de se réunir « en janvier pour déguster le millésime », précise Thierry Julien, vigneron du Mas de Janiny et trésorier de Sudvinbio. « On était même pas une dizaine à l’époque. » Ils se retrouvent au Mas de Saporta à Lattes, la Maison des vins devenue un lieu emblématique des vins du Languedoc-Roussillon. Ils avaient quatre bouteilles chacun, « c’était plus une réunion entre copains, même pas un salon », se rappelle Thierry.

L’aventure commence au Mas de Saporta, puis le salon prend place une dizaine d’années à Narbonne, un an à Perpignan, et enfin Montpellier. Un long parcours vers le succès qui était loin d’être de mise au départ. « On se foutait de nous c’était minable ! Le bio c’était considéré comme des fumeurs de havanes. On n’était pas pris au sérieux sauf par les Allemands, les étrangers. Les Français sont arrivés bien plus tard », se souvient Thierry. Dominique Pons, vigneron du Domaine des Cèdres, confirme. « Il fallait y croire au vin bio à l’époque ! C’était pas terrible terrible au début mais je suis content de l’ampleur que ça a pris aujourd’hui. »

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Bernard Delmas et Thierry Julien dans les allées du Millésime Bio, 23 ans après leur premier salon.

Crédit : Virginie Cresci

15 à Lattes, 34 à Narbonne, 900 à Montpellier

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Le trophée des pionniers de la bio de Dominique Pons.

Crédit : Virginie Cresci

En 1995 à Lattes, il y a trois acheteurs et quinze producteurs dont Bernard Delmas, vigneron de la Blanquette Delmas bio un des pionniers du salon. Il n’expose pas aujourd’hui, il est venu comme visiteur voir les copains. « À l’époque c’était du vin en vrac, il fallait commercialiser le Millésime de l’année. Aujourd’hui c’est différent, il y a eu un changement, le consommateur est plus proche du produit. »

Au fur et à mesure le salon s’agrandit, il s’élargit à d’autres territoires du bio. Patrick Boudon, du vignoble Boudon en Gironde est arrivé en 1998. Ils étaient 34.« Je fais du bio depuis 53 ans, à l’époque on était en recherche de contacts. Des cavistes, des acheteurs, tous les gens qui gravitent autour du milieu du vin bio. » Pour Patrick le début des années 2000 c’est l’âge d’or du salon. « Ça marchait mieux qu’aujourd’hui. Depuis 10 ans je viens ici pour rencontrer mes clients mais c’est plus la même chose, c’est dilué, trop grand. Le salon est victime de son succès. »

Aujourd’hui, ces vétérans du bio qui y ont cru alors que les autres savaient à peine ce que c’était se mélangent aux récents convertis. « Je suis tout de même content qu’il y ait de plus en plus de vignerons en bio », sourit Dominique. Être un vétéran du salon, une plus-value ? Pas du tout. « Les acheteurs ne sont pas trop sensibles à l’ancienneté. Ça sensibilise plus le grand public que l’acheteur. » Apparemment il n’y a que le vin qui se bonifie avec le temps.

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