Street-art

Les villes sont grandes, le monde est petit

lundi 13/02/2012

Avec Slinkachu, l’art est à portée "de pied". L’artiste londonien peint des petites figurines, qu’il dispose et photographie à même la rue. Des œuvres à échelle « nano » qui sort le street-art de ses repères habituels.

Voitures imposantes, bâtiments immenses, villes gigantesques : la société dans laquelle nous vivons aime voir les choses en grand. Slinkachu, lui, s’y refuse. Depuis 2006, l’artiste, basé à Londres, s’amuse même à prendre cette tendance à contrepied. Son concept, baptisé “Little People Project”, met en scène des personnages miniatures autour d’objets anodins du quotidien. Fixées dans des lieux publics, ces petites installations sont alors immortalisées puis abandonnées sur place. Les jeux d’échelle et de perspective font le reste. Insolite, ironique, décalé ou surréaliste, le résultat ne laisse jamais indifférent.

Slinkachu repeint et retravaille des figurines issues de maquettes de trains miniatures. L'artiste donne également une seconde vie à des objets du quotidien. {JPEG}
Slinkachu repeint et retravaille des figurines issues de maquettes de trains miniatures. L'artiste donne également une seconde vie à des objets du quotidien. {JPEG}
Slinkachu repeint et retravaille des figurines issues de maquettes de trains miniatures. L'artiste donne également une seconde vie à des objets du quotidien. {JPEG}

« Je travaille sur l’effet de surprise pour encourager les gens à être plus attentifs à leur environnement, explique celui qui était directeur artistique avant d’être “simple artiste”. Mes mises en scène reflètent la mélancolie et la solitude de la vie citadine. Elles incarnent, avec humour, la manière dont le milieu urbain peut parfois nous submerger ».

Slinkachu repeint et retravaille des figurines issues de maquettes de trains miniatures. L'artiste donne également une seconde vie à des objets du quotidien. {JPEG}
Slinkachu repeint et retravaille des figurines issues de maquettes de trains miniatures. L'artiste donne également une seconde vie à des objets anodins du quotidien. {JPEG}
Slinkachu repeint et retravaille des figurines issues de maquettes de trains miniatures. L'artiste donne également une seconde vie à des objets du quotidien. {JPEG}

Des objets minuscules pour éveiller l’attention, des œuvres amusantes, porteuses d’idées angoissantes : Slinkachu cultive l’art du paradoxe. Du moins sur le fond.

Des escargots à la coquille taguée

Sur la forme, il bouscule les standards du street-art. En combinant photographies et installations urbaines, l’artiste se démarque des supports et accessoires classiques et sort des sentiers battus. Les escargots londoniens peuvent en témoigner. Depuis 2008, l’anglais, originaire de Devon, prend un malin plaisir à tagguer leurs coquilles (avec de la peinture longue durée mais non-toxique) avant de les relâcher en ville. « Aucun mollusque n’a été blessé, leurs maisons ont simplement été vandalisées » ironise-t-il.

Des escargots transformés en oeuvres d'art mouvantes en plein coeur de Londres. {JPEG}
Des escargots transformés en oeuvres d'art mouvantes en plein coeur de Londres. {JPEG}

Pour certains, ce projet, nommé “Inner Snail City”, est perçu comme une satire. Une manière de moquer le besoin constant des sociétés à s’emparer des surfaces urbaines disponibles en les couvrant d’affiches publicitaires, de graffitis et de signatures en tous genres. Une interprétation possible mais non revendiquée par le principal intéressé : « Je me plais à penser que mes œuvres peuvent véhiculer des messages mais il n’y a pas d’engagements critiques ou politiques particuliers derrière ce que je fais. Pour moi, c’est avant tout un jeu. » Après tout, ce ne sont que des gastéropodes un rien fantaisistes.

Des escargots transformés en oeuvres d'art mouvantes en plein coeur de Londres. {JPEG}
Des escargots transformés en oeuvres d'art mouvantes en plein coeur de Londres. {JPEG}

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