« N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde ! »

lundi 22/03/2010 - mis à jour le 22/03/2010 à 16h13

La France est le pays des Droits de l’Homme. Pourtant, tous les jours, des citoyens sont victimes de propos racistes, de discriminations dans l’emploi, dans les logements, dans leurs recherches de stage. Pire, des élus de la République s’illustrent de plus en plus dans ce qu’on considère comme de simples dérapages, mais qui stigmatisent encore plus certaines populations. Et cela dans l’impunité totale.

De Brice Hortefeux sur « les Arabes », à Nadine Morano sur « les jeunes musulmans », en passant par André Valentin, maire UMP du village de Gussainville (Meuse) qui dit qu’«  il est temps qu’on réagisse, parce qu’on va se faire bouffer », chacun y va de sa petite phrase. Se faire bouffer par qui ? M. Valentin répond en faisant référence aux immigrés : «  il y en a déjà dix millions, alors il faut bien réfléchir. Dix millions qu’on paie à rien foutre ». Le polémiste Eric Zemmour a également tenu des propos considérés comme racistes par Rue89 : «  les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait. »

Autre affaire, autre acte de diabolisation : l’affaire Ali Soumaré. La tête de liste PS dans le Val-d’Oise pour les élections régionales a été au cœur de la polémique. Francis Delattre, maire UMP, demande au PS de retirer la candidature d’Ali Soumaré, avant de déclarer l’avoir confondu avec « un joueur de réserve du PSG ». Le motif d’une telle requête ? Ali Soumaré est accusé d’être «  un délinquant multirécidiviste chevronné  ». Cette accusation a été relayée par plusieurs élus UMP, dont Valérie Pécresse. On apprend par Le Canard Enchaîné que son casier judiciaire est vierge.

Chacun a donc sa manière de s’illustrer dans l’agression et la calomnie. Ce qui ne fait que renforcer les a priori négatifs sur les minorités. Ces évènements récents m’amènent à me demander : « et si Marie Ndiaye avait raison ? » L’écrivaine avait, en août, jugé « monstrueuse » la France de Nicolas Sarkozy, dans une interview accordée avant sa consécration au prix Goncourt. « Nous sommes partis à Berlin juste après l’élection présidentielle en grande partie à cause de Sarkozy (…). Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… », a-t-elle affirmé. Des propos qualifiés d’« insultants » par le député UMP Éric Raoult.

Si Albert Camus était encore parmi nous, essaierait-il d’« élever son pays en élevant son langage » ? Comment, citoyens ordinaires, vivons-nous ces agressions quotidiennes ? En voici la réponse à travers notre vécu et des anecdotes d’autres citoyens.

Réponse à Éric Zemmour choqué par nos prénoms

Dans certaines cultures, les prénoms sont choisis selon les envies ou la mode du moment. Dans d’autres cultures, en Afrique notamment, il est de tradition de donner comme prénom à son enfant celui d’une personne chère : un ami d’enfance, un collègue de travail, une personne de la famille, père, mère, tante ou autres. De ce fait, si M. Zemmour trouve les prénoms à consonance étrangères dérangeants, qu’il prenne son mal en patience : ce n’est pas près de changer.

La même chose peut être dite à tous ceux qui jettent des C.V. à la poubelle rien qu’en apercevant un prénom. Un exemple : un jour, dans une réponse à une demande de stage, je reçois en réponse un gracieux “mademoiselle”. Pourtant, n’importe quelle personne africaine, ayant fait des études, serait capable de distinguer une Cécile d’un Victor. Et quand bien même, la concordance des temps dans une lettre de motivation peut informer du genre de la personne, si toutefois l’on prend la peine d’étudier le dossier.

Quant au gouvernement, qui demande aujourd’hui de mettre une “cagoule” sur les C.V., avec son “C.V. anonyme”, il ne fait que masquer nos origines à tous. Ce, en plein débat sur l’Identité nationale. N’y-a-t-il pas contradiction ? Nos origines construisent notre identité. Or, je suis fier de mon identité, qui est pleine d’Histoire. Autre contradiction d’une République qui, d’un autre côté, promulgue une loi interdisant aux femmes qui le souhaitent de se masquer le visage.

Pour conclure, M. Zemmour, les Français vivant aux quatre coins du monde appellent-ils pour autant leurs enfants Mohamed ou conservent-ils leurs pratiques culturelles d’origine ? Juste une question : que pensez-vous du prénom de Barack Hussein Obama ? Vous choque-t-il aussi ?

Le racisme : une expérience personnelle

Être noir aujourd’hui en France, est devenu un crime. Les anecdotes pleuvent : par exemple, cette agression dont La Marseillaise parle dans un article du 13 janvier 2010 : « un groupe d’étudiants en journalisme, dont le prof est un des intervenants du débat, passe sans problème le sas, après une fouille minutieuse des sacs. L’un d’eux, un grand jeune homme noir, se dirige alors vers l’amphithéâtre. Un homme âgé, au pas alerte, l’aborde : “Vous êtes content d’être dans un pays qui n’est pas le vôtre ?” L’étudiant lui répond gentiment. L’autre reprend agressivement : “Vous respectez les règles de la France ?” ». Le problème majeur est que, lorsqu’on est noir, on doit toujours rendre des comptes, et être toujours coupable de quelque chose. Pour certains, si on est Noir, on est forcément étranger et pas français. Le journaliste Mustapha Kessous, journaliste au Monde, témoigne aussi de son quotidien dans un article intitulé “Moi, Mustapha Kessous, journaliste au Monde et victime du racisme” .

Le jour où un enfant de 4 ans m’a traité de « nègre » dans un parc

Un jour, accompagné d’un ami, je filmais notre visite accompagnée au zoo de Lunaret à Montpellier. C’est ainsi que nous avons rencontré une famille, a priori sympathique : un couple accompagné d’un garçon à peine âgé de 4 ans. Son papa essayait de le faire parler pour qu’il nous dise “bonjour”. Après avoir refusé, il est soudain sorti de son mutisme par miracle, et a crié de toutes ses forces : « les nègres ! ». Après un rire quelque peu nerveux, s’en est suivi un malaise pesant, et une honte indescriptible des parents qui tentaient, coûte que coûte, de réparer l’irréparable. Diplomates, nous avons quitté cette famille avec respect. Un exemple parmi tant d’autres, qui nous a amené à discuter de la responsabilité des parents et de l’importance de l’éducation, pour vaincre les préjugés.

Conclusion de cet échange : un enfant est innocent et ne naît pas raciste ou plein de préjugés. Chaque enfant devrait avoir la chance de partir sur de bonnes bases dans la vie. Mais, hélas, certains parents irresponsables empoisonnent leurs enfants par leurs conversations de salon, leur comportement de tous les jours.

Je conserve encore aujourd’hui cet incident sur vidéo. On devrait le montrer dans les écoles pour sensibiliser les enfants.

Un sénior m’insulte au cinéma : « sale nègre, rentre chez toi ! »

On ne naît pas raciste, mais quand on le devient, on le reste. Fin novembre 2004, autre exemple. Accompagné, je suis au cinéma. Nous avions pris place dans un coin qui semblait a priori tranquille. A deux sièges à gauche devant nous, était assis une personne âgée dépassant les 60 ans. Soudain, au milieu du film, ce sénior se lève, essaye de me frapper, tout en criant : « oh ! sale nègre tu te crois où… ». Ce, à la surprise de l’assistance concentrée sur le film. S’ensuit un vif échange, où lorsque les insultes pleuvent, je réponds au monsieur : « vous savez, heureusement pour vous que vous n’avez pas le même âge que moi et que je respecte les personnes de votre âge … » Effectivement, dans la culture africaine et l’éducation que j’ai reçu, les personnes âgées sont intouchables et méritent tout le respect.

À la fin de la séance, il recommence : « oh ! Toi le nègre là, tu te crois où… ? », crie-t-il en courant dans notre direction. Il me bouscule, s’acharne sur moi et me traite encore de “nègre”. Je me suis alors posé des questions sur sa santé mentale. Me défendant face à sa violence, je lui réponds : « je suis nègre et alors ? Qu’avez-vous de plus que moi monsieur ? Une éducation, de l’argent, du respect, des diplômes, ... ? Une dignité ? Apparemment aucune. Je suis très fier de ce que je suis et de mon éducation. Continuez votre chemin, monsieur, un jour vous tomberez sur plus violent et moins respectueux des anciens que moi . » Les personnes autour interviennent en disant au sénior qu’il «  abuse  » car, selon l’assistance, je lui réponds «  avec respect  ». D’autres personnes sont totalement sidérées par de tels propos.

Les nombreuses plaisanteries de mauvais goût

2006. En cours, j’emprunte le journal Le Monde d’un camarade de classe. Ce jour-là, Le Monde évoque les bateaux d’immigrés clandestins africains en direction de l’Espagne. Il est question de morts. À côté de la Une : un commentaire écrit par la main dudit camarade de classe. Cynique ou déplacé, il a écrit : «  la croisière s’amuse !  » Sans broncher, je poursuis la lecture du journal et je le rends à mes “chers camarades de classe”. Ce, pensant au vieux dicton : «  celui qui n’a pas encore gagné l’autre rive ne doit jamais se moquer de celui qui se noie  ».

Un jour, alors que j’étais cuisinier, je prépare à manger à la femme d’un de mes employeurs. Professionnellement, je lui signifie que je viens de recevoir de la semoule fine à la place de la semoule moyenne, qui est meilleure car ne collant pas après la préparation. En effet, je tiens à lui expliquer les raisons d’éventuels défauts dans mon plat. Elle me répond alors, sourire aux lèvres : « ah, si ce n’est pas bon, je vais t’attacher et te fouetter comme à l’époque de l’esclavage ». Faire de l’humour sur ce fait tragique de l’Histoire n’est pas du goût de tout le monde. Et certes pas du mien. Chose que je lui fais remarquer sur le coup. Ce n’est pas une personne que je qualifierais de raciste. Mais, comme d’autres, elle trouve drôle les remarques de ce genre. On ne peut pas rire de tout. C’est comme si une personne se permettait de faire des blagues à un Juif du style « je vais te gazer comme à l’époque avec les nazis » et de penser que ce dernier doit accepter ce genre de propos ignobles.

Autres exemples, me voilà dire devant un groupe d’adolescents dans le cadre de mon travail : «  je préfère profiter de ce beau soleil en ce mois de février qu’être dans l’ombre sous le froid  ». Une jeune fille me lance alors : « vous n’êtes pas assez bronzé comme ça ? ». Il y a aussi le fils d’un ancien employeur qui, lorsque je passe, me sort : « ah le noir ! ». Ils ne sont pas les seuls. J’ai alors envie de leur répondre par une chanson de James Brown : I’m black and proud ! .

Certains Arabes utilisent le terme “karlouche” qui signifie “noir” et, de façon péjorative, “nègre” ou “singe”. Exemple. Un jour, à l’occasion du contrôle technique de ma voiture, le garagiste (qui est un Maghrébin) m’appelle par ce terme dès mon arrivée. il trouve cela normal. Son collègue se permet aussi les mêmes blagues, mais devant mes exigences de respect, notre relation devient froide.

L’image de l’esclave dans l’inconscient collectif

Ce que je retire de tous ces exemples est que, pour tous, “noir = esclave”. Il est vrai que le peuple noir a vécu l’esclavage. Mais, c’est une histoire révolue. Il est dommage que l’Histoire du peuple noir soit résumée à l’esclavage : on ne parle de ça que dans les livres et dans les sites historiques.

Je constate qu’on ne respecte pas les Noirs des siècles suivants à cause de l’esclavage. Pourtant et heureusement, on ne déteste pas et on ne manque pas de respect aux Allemands qui ont eu dans leur passé des nazis. Pourquoi ne pas faire de même avec d’autres évènements tragiques de l’Histoire de l’Humanité ? Pire, aujourd’hui encore, dès qu’on dénonce ce fait, on est vite accusé de victimisation.

Certaines personnes se sont construit ce complexe de supériorité et dès qu’elles vous parlent, elles ne pensent qu’à ça. Si je suis avec une personne, j’ai autre chose à faire que de penser à sa couleur de peau ou à autre chose. Par exemple, imaginez une belle fille dont on ne se préoccupe que de la beauté à chaque conversation, de manière redondante. Cette dernière finira par se lasser de tout cela. Reprenons le cas de mon cousin maghrébin : il y a beaucoup de sujets plus intéressants sur lesquels nous pouvions débattre lors de ce bref passage, mais toutes nos discussions ont tourné autour de cette question de couleur.

Ce sont des constructions qui aboutissent toujours sur des préjugés, sur des a priori qui fondent les pensées de chaque époque et qui en justifient les pratiques. À l’époque de l’esclavage, on a construit l’image d’un Noir fort, capable de travailler dans de dures conditions. Le Noir n’était pas considéré comme un être humain. Cela justifiait le fait qu’on n’hésitait pas à jeter à la mer des femmes enceintes, des enfants, que l’on coupait les mains des esclaves en cas de refus… Aujourd’hui, ce même homme noir récolte notamment les attributs d’un homme paresseux qui ne travaille pas, et que l’on peut discriminer sans état d’âme dans un emploi ou pour n’importe quel droit.

Alors, à Eric Zemmour, à tous ceux pleins de préjugés et de racisme, je réponds avec les mots d’Aimé Césaire : «  le nègre vous emmerde !  »

Le monde est une comédie pour qui le regarde du dehors : toutes les discriminations ou propos violents peuvent paraître irréels lorsque l’on n’est pas concerné. Lorsque les femmes subissent des violences ou des inégalités de salaires, lorsque les handicapés parlent de leur traitement et du regard de la société, lorsque les homosexuels se battent contre les discriminations, tout ceci peut ne paraître pas si grave, si l’on n’est pas directement concerné.

Pour plus d’informations, lire : Lilian Thuram : "Il faut éduquer contre le racisme"

Ibra Khady NDIAYE

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    Coucou Ibra

    Je t’ai déjà donné mon point de vue sur l’article, je voudrai juste rajouter que ta photo est géniale ! Heureusement qu’il reste l’insouciance et la grandeur d’âme des enfants...

    Et pour tous ceux qui se sentent discriminés en France : N’oubliez pas que nous ne sommes pas tous comme ça, et que certains sont fiers de la mixité culturelle en France, tout en ayant honte de l’accueil qui vous est réserve...

    Et en tant que jeune femme, je pense que je problème du voile ne peut pas être compris par des non - musulmans, et qu’il ne faut surtout pas croire que l’on peut penser comme une femme musulmane. En tout cas je suis totalement contre cette loi sur la burqa, qui prend, pour moi, le problème à l’envers. Quelles vont être les conséquences ? C’est la question que je me pose. Je pense que les femme soumises à la burqa en France ne sortiront plus de chez elle, voila tout. Ce n’est pas une loi qu’il faut, c’est du dialogue, des méthodes moins intransigeante.

    Ibra, prochain article sur la fierté engendrée par les racines d’ailleurs ? ;)

    Eléa

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    Agressions quotidiennes ? Un crime que d’être noir ?

    Je vois pour ma part une dizaine d’anecdotes. Des événements regrettables et risibles, certes, mais qui restent des anecdotes.

    Je pourrais citer autant d’anecdotes durant lesquelles je me suis fait traiter de "putain de blanc", de "sale from", de "face de craie", de "connard de français" ou même (plus étonnant, vu que ce n’est pas le cas) de "sale juif" (avec une connotation péjorative bien entendue).
    Sans parler de certains quartiers où les blancs ne peuvent pas entrer, des groupes de rap en tout genre qui attisent le racisme anti-blanc (imaginez qu’un groupe de rap reprenne les paroles de ministère amer mais les dirige contre les immigrés...).

    Puis-je autant parler de racisme au quotidien, ou du fait qu’être blanc en France, c’est un crime ? Je ne pense pas. C’est pourtant le raisonnement que vous adoptez ici.

    Et arrêtons la victimisations cinq minutes. Le monde dans lequel seuls les noirs auraient du mal à trouver un stage, un job ou un appart’ (parce qu’ils sont noirs bien entendus), ce monde dont vous parlez, il n’existe pas. C’est dur pour tout le monde, blanc, noir ou arabe. La différence, c’est que lorsque le CV d’un blanc est refusé, il ne peut pas utiliser l’excuse bien commode du "c’est un raciste, il ne m’a pas prit parce que je suis blanc :-(".

    Vouloir faire passer la France pour un III Reich version-light à partir des agissements de quelques idiots ou de la politique du nabot de service, c’est un peu gros hein.

    Oui, il y a des racistes en France (et une large partie d’entre eux ne sont pas blancs), et oui, c’est regrettable. Mais non, toutes vos difficultés dans la vie ne découlent surement pas du fait que vous êtes noir, et non, la France n’est pas un État fasciste et raciste.

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      Voilàque l’auteur l’auteur de l’article l’a bien dit et je comprends maintenant.

      Dés qu’on dénonce ce racisme on parle de victimisation !

      Votre commentaire en est la preuve !

      Et puis la crise ne date que d’hier et que les discriminations datent de belles lurettes.

      Et l’article dénonce toute forme de racisme donc arretez de rapporter tout àvotre ombrile surtout pour une fois.

      Lorsqu’on refuse un stage àun noir en disant qu’on ne prend personne et que par la suite cette meme boite prend 3 de vos camarades de classe , dit moi pas qu’il n ’y a pas de problème.

      Et dans l’article il n’est nullement dit ou sous entendu que tous les blancs cont racistes d’ailleurs aucun mot qui parle de blanc !

    • repondre message

      Dés q’un noir parle des problémes on sort l’idée de nous aussi on est victime de racisme sale blanc.. ;
      je le condamne , seul les juifs peuvent parler de leur problémes sans qu’on les taxe de victimisation.

      si l’affaire Zémour était dirigé vers cette communauté , il serait condamné par les classes politiques ou viré ou boycotter !
      regarder Dieudonné comment on l’a traité.
      Pour une fois un article qui parle aux peuples , donc arretons de regarder ànotre ombrile et de tout ramener ànous ! "les blancs" !!!!

    • « N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde ! » 29 mars 2010 02:46, par Ibra Khady Ndiaye

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      Monsieur,

      Je n’ai jamais dit que la France était un pays raciste mais je parle de quelques mauvaises graines qui sont racistes et ça personne ne peut le nier.

      Et les mauvaises graines existent aussi chez les noirs et je n’ai jamais dit le contraire.

      Et vous n’êtes pas à ma place pour affirmer du genre dès qu’on vous réponds négativement vous dites c’est du fait que je suis noir. Tous les gens qui me connaissent savent que je ne suis pas du genre à trouver des excuses pour me tirer d’affaire. Mais j’ai mes expériences personnelles et j’assume mes propos de A à Z. J’ai fait l’expérience de mettre un cv avec le prénom d’une autre personne et à chaque fois j’obtiens un retour positif. Avec mon prénom je peux rester un an à 100% à la recherche d’emploi sans reponse positive. Je reconfirme je condamne à mon humble personne toute forme de racisme d’où il vient.

      Et ce que je déteste le plus c’est qu’on t’oblige toujours à parler des personnes en terme de blanc et noir.

      Et vous n’êtes pas à la place des gens concernés pour réduire le problème de cette façon.

    • repondre message

      Bon article, l’étude dont ce journal parle montre cette triste réalité, réalité plus triste lorsque les politiques restent les bras croisés face aux problémes dénoncés dans l’article

      http://www.mediapart.fr/journal/france/070410/une-premiere-etude-evalue-la-discrimination-massive-qui-frappe-les-francais-mu

      Une première étude évalue la discrimination massive qui frappe les Français musulmans
      08 Avril 2010 Par Jade Lindgaard
      Pour la première fois, une étude tente de mesurer la discrimination dont sont victimes les Français musulmans pour trouver un travail : les CV à« caractère musulman » reçoivent 2,5 fois moins de réponses positives que les candidatures de personnes se présentant comme ostensiblement chrétiennes. C’est « une discrimination considérable », s’inquiètent les chercheurs.

    • repondre message

      et voici l’article en entier

      source médiapart

      Une première étude évalue la discrimination massive qui frappe les Français musulmans
      Article Prolonger 36 Commentaires Partager 08 Avril 2010 Par Jade Lindgaard
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      Les immigrés sont deux fois plus exposés au chômage
      Les Français musulmans sont-ils plus discriminés que les autres ? La question est quasiment taboue. Il n’existe aujourd’hui qu’une poignée de données parcellaires sur la discrimination en France en raison de la religion. C’est une page qui est en train de se tourner grâce au travail d’un chercheur américain, David Laitin, professeur de sciences politiques àl’université de Stanford.

      Dans le cadre du programme « Egalité des chances » de Sciences-po et de la French American Foundation, il publie avec deux chercheuses une étude sur le marché du travail français (àlire ici) qui se demande si « les Français musulmans sont discriminés dans leur propre pays ».

      L’enquête est expérimentale. C’est un testing, c’est-à-dire que les chercheurs ont envoyé àdes employeurs potentiels les candidatures fictives de personnages inventés par eux-mêmes, leur permettant de comparer le sort réservé aux uns et aux autres. Résultat : les CV à« caractère musulman » reçoivent 2,5 fois moins de réponses que les CV « manifestement chrétiens ».

      Pour les auteurs, c’est « une discrimination considérable àl’égard des musulmans » qui révèle une « vérité dérangeante » : « Dans la République française théoriquement laïque, les citoyens musulmans issus de l’immigration rencontrent, toutes choses égales par ailleurs, des obstacles àl’intégration par l’accès àl’emploi bien plus élevés que leurs homologues chrétiens. »

      Mais qu’est-ce qu’un CV musulman ? Hors de question d’écrire en toutes lettres la religion du personnage, cela aurait été parfaitement incongru. Les enquêteurs ont joué sur les prénoms de leurs candidates : « Marie », de tradition chrétienne, et « Khadija  », nom de la première épouse de Mahomet. Et indiqué des signaux plus précis encore d’appartenance confessionnelle : Marie a travaillé au Secours catholique et fut bénévole aux Scouts et Guides de France tandis que Khadija est une ancienne employée du Secours islamique et fit du bénévolat pour les Scouts musulmans de France.

      Pour le reste, les deux femmes sont identiques : célibataires, 24 ans, de nationalité française, habitantes de quartiers socio-économiquement équivalents (àLyon), dotées d’un BTS de comptabilité et gestion, et de trois ans d’expérience professionnelle. Pour que la comparaison entre les candidats soit valable, il fallait qu’ils se correspondent en tous points sauf pour leur religion.

      Elles sont noires, et selon le scénario élaboré par les chercheurs sans jamais que cela ne figure dans les CV, proviennent toutes deux de l’immigration sénégalaise. Pourquoi ce choix ? Parce que vivent en France une dizaine de milliers de personnes originaires de deux communautés du Sénégal, les Joola et les Serer, qui comprennent une minorité chrétienne suffisamment nombreuse pour être comparée aux musulmans de même origine. Les deux groupes sont présents en France depuis environ le même nombre d’années. « Marie » et « Khadija » s’appellent donc toutes deux « Diouf », un patronyme typiquement sénégalais.

      Un troisième personnage, « Aurélie Ménard », fut créé pour faire diversion. Les CV de Marie et Khadija ne furent pas transmis aux mêmes entreprises, mais toujours en couple avec celui d’Aurélie. C’est un cabinet associatif, ISM-CORUM, spécialisé dans l’étude des discriminations, qui a posé les candidatures. Le temps de réponse des employeurs a varié entre une journée et un mois. La période d’envoi s’est étalée sur quatre mois. Au total, un peu moins de 550 CV ont été envoyés.

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      http://www.liberation.fr/societe/0101631398-discrimination-raciale-renault-doit-payer-249-900-euros-a-un-ex-cadre

      Discrimination raciale : Renault doit payer 249.900 euros àun ex-cadre
      31 réactions
      LIBERATION.FR

      Pour avoir discriminé un cadre, Boubakar Soumaré, Renault devra lui verser 249.900 euros de dommages et intérêts. La sentence est tombée vendredi dernier. La cour d’appel de Versailles a condamné l’entreprise Renault pour discrimination raciale.

      Engagé en aoà»t 1970 par la Régie nationale des usines Renault comme cadre stagiaire, Boubakar Soumaré avait obtenu un contrat àdurée indéterminée en janvier 1971, selon le Mrap. D’après Fayçal Megherbi, conseiller juridique de l’association, le salarié avait constaté une stagnation dans l’évolution de sa carrière dès la sixième année.

      « Performance individuelle insuffisante »

      Il avait porté l’affaire en 2003 devant le conseil des prud’hommes de Boulogne-Billancourt au moment de prendre sa pré-retraite. Débouté deux ans plus tard, l’ancien salarié avait alors fait appel de cette décision. « C’est une première dans les annales. Jamais encore une entreprise n’avait été condamnée pour discrimination d’un cadre », remarque le conseiller juridique du MRAP, qui salue l’arrêt rendu par la cour d’appel de Versailles.

      Selon un porte-parole de la direction de Renault, Boubakar Soumaré a occupé cinq postes différents entre 1971 et 1998, notamment comme chargé d’études ou chef de projet. D’après le porte-parole, qui réfute les accusations d’ordre racial, la faible évolution de salaire de cet employé au cour de sa carrière s’explique par une « performance individuelle insuffisante. »

      Le constructeur automobile devra également verser 3000 euros de dommages et intérêts àla CGT-Métallurgie, àl’UG des ingénieurs, cadres et techniciens CGT, ainsi qu’au Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (Mrap), selon une source judiciaire.

      « La cour de Versailles a ordonné une expertise qui a révélé de vraies différences de salaires entre le plaignant et d’autres salariés titulaires de diplômes équivalents, remarque Nadège Magnon, avocate du MRAP dans cette affaire, et elle a constaté que l’entreprise Renault n’avait aucune justification ojective pour cette différence de traitement. »

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    Gisèle Salles je ne partage pas votre opinion sur le "voile", car cela devrait rester à l’appréciation des femmes musulmanes. cette attitude qui consiste à donner un point de vue sur toutes choses, est lassante à la fin. Le voile égale : emprisonnement, pourquoi pas dire simplement que le problème c’est l’Islam en France. Au lieu de trouver des excuses soit disant bienveillantes. Et puis chaque problème n’est pas toujours comparable : Tous les noirs en France ne sont pas des immigrés, vous dites quoi de la population Antillaise ? En effet c’est à cause des attitudes comme la votre que de nos jours, le racisme est banalisé chère Madame...

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      Cher inconnu, d’abord j’ai le courage moi de mes opinions, vous m’interpellez agressivement sans vous nommer. ensuite apparemment vous ne savez pas lire. Je suis aussi enfant d’immigre, ma mere n’a eu la nationalite francaise qu’a 21 ans... et j’ai donc aussi subi la discrimination en tant qu’espagnole et que francaise.

      Je suis aussi une femme, chose que je pense que vous n’etes pas pour sous-entendre que les musulmanes choisissent toutes librement et volontairement de porter la burqa. Je ne parle pas sans connaissance des choses vu que j’ai des amies musulmanes. Et oui je reitere je suis pour cette loi, et lorsque je vois une jeune femme de 18 ans devenir une ombre j’ai envie de pleurer.

      Je connais, moi, personnellement Ibra et c’est pour cela que je l’ai felicite de son article, et que je lui ai donne mon propre temoignage. Si vous lisez bien ce que je lui ai ecrit je l’encourage a toujours etre fier de lui et des siens et a ce qu’il ne laisse jamais ces gens racistes a avoir une emprise sur ses sentiments. Lisez encore, je lui ai ecrit "les Negres ce sont ceux qui prononcent ces paroles..."

      Le probleme en France n’est pas l’islam, le probleme ce sont les intolerants et les integristes. L’Islam comme toutes les autres religions apporte un message d’amour... ce que vous ne semblez pas avoir integre. Toute spiritualite qui rehausse l’homme est une lumiere quelque soit son nom.

      Alors entre vous et moi, celui qui apparait comme intolerant ici, c’est vous. Vous me jugez sans me connaitre.Et ce que je pense des Antillais ? Le plus grand bien !

      Et celui qui banalise la connerie c’est vous !

      Gisèle Salles

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    Bonjour Ibra, je vous apprecie beaucoup,mais j’aimerai apporter quelques precisions.
    Dans vos propos je reagit d’abord au voile en tant que femme je suis contre je me bat tous les jours pour exister et je pense que trop souvent derriere une femme voilee il y a souvent la volontee d’un homme.Je suis pour cette loi, lorsque je vois une jeune femme de 18 ans devenir une ombre j’ai envie de pleurer.
    Dans ce pays nous sommes tous issus descendance etrangere qui elle meme a souffert de racisme et qui a oublie les :" sales espagnols, saoul comme des polonais les spaguettis pour parler des italiens...et qui malheureusement reproduisent reproduisent.
    Pour le racisme je vais moi aussi vous raconter une anecdotte, je travaillai a figuerolle et tous les jours en allant chercher mon bus j’entendai sale francais putain de pays et j’en passe. Un jour je telephonai a ma mere de la cabine qui se trouvai au cinama Capitole et un jeune magrebin tres bien vetu a essayer de m’en sortir en me faisant signe de m’egorger qu’en pensez- vous ?
    Le racisme existe de toute part et ca n’est pas pret de changer malheureusement.Je ne peu pas me mettre a votre place , mais je me nomme Gisele Salles et croyez- moi j’en ai entendu de toutes les couleurs, je detestai ce nom, mais apres mon divorce, je l’ai portai avec toute la liberte qu’il m’apportai.
    L’important c’est que vous soyez fier de vous et des votres
    que vous ne laissiez jamais ces gens avoir une emprise sur vos sentiments, qu’ils ne destabilisent jamais vos objectifs
    c’est tres dur pour vous et les coups d’etats sont nombreux, mais les Negres ne sont ceux qui prononcent ces paroles...Et pius maitenant il y a Le president Obama et l’on peut continuer a esperer devant le chemin parcouru.
    Ne les laissez jamais gagner,et seymour est un con et il a la memoire courte !

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