Interview

Najat Belkacem : « La foule, c’est l’âme de la Fête des Lumières »

jeudi 10/12/2009 - mis à jour le 14/12/2009 à 13h40

Porte-parole de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle de 2007 et adjointe au maire de Lyon, Najat Vallaud-Belkacem supervise la Fête des Lumières depuis 2008. Pour Haut Courant, elle revient sur l’édition 2009 qui s’est achevée le 8 décembre. Avant de se lancer dans la bataille des élections régionales de mars prochain en Rhône-Alpes.

Hautcourant : Quel bilan tirez-vous de cette 5ème édition de la Fête des Lumières ?

Najat Belkacem : C’est plutôt réussi. On a pu réaliser des projets enthousiasmants. Je crois que les visiteurs étaient satisfaits. C’est le ressenti d’ensemble.

H.C. : Vous allez garder certaines installations, maintenant que la fête est finie ?

N.B. : Non. À Lyon, il existe un “plan lumières” qui vise à redéfinir l’éclairage des bâtiments de la ville, mais c’est l’adjoint à l’urbanisme qui s’en occupe. Les projets de la Fête des Lumières sont exclusivement temporaires. Cela dit, garder les installations, c’est une demande qui revient souvent et qu’on prend en considération. Cette année, on a demandé à des étudiants en art, architecture, ingénierie et design de faire des propositions pour mettre en place des projets durables. À suivre.

H.C. Crise oblige, la mairie a-t-elle revu son financement à la baisse cette année ?

N.B. : C’est vrai qu’on est dans une période où les budgets des collectivités sont forcément serrés. Mais le financement de la Fête des Lumières est resté stable depuis son lancement. D’année en année, on monte même plutôt en puissance en terme de prestation.

H.C. : Un chiffre ?

N.B. : 2,5 millions d’euros pour 2009. C’est ce que coûte les Illuminations dans leur ensemble. Mais la mairie ne prend en charge que la moitié de ce coût. Le reste est financé par le privé. Donc au final, la Fête des Lumières ne coûte qu’environ 1 million ou 1,5 millions d’euros au lyonnais. C’est assez peu compte tenu du chiffre d’affaire réalisé par les commerces à cette période.

H.C. : On a le sentiment que le spectacle proposé régresse…

N.B. : C’est votre impression mais nous, on laisse carte blanche aux équipes choisies pour faire leur travail artistique. Notre seul souci, c’est que les projets soient éco-citoyens.

H.C. : C’est quoi un projet éco-citoyen ?

N.B. : On veut une fête propre. À la mairie, on communique beaucoup sur le coût de la Fête des Lumières en matière d’électricité : 3 500 euros pour l’ensemble des quatre jours. Reconnaissez que c’est peu ! Cette fête, c’est une vitrine pour la Ville, mais on la conçoit aussi comme un laboratoire d’idées.

H.C. : Êtes-vous satisfaite par la fréquentation de cette année ?

N.B. : Elle est effectivement au-delà des espérances. En moyenne, Lyon accueille trois ou quatre millions de personnes pour la Fête des Lumières. Je ne peux pas avancer de chiffre pour cette année mais actuellement, on essaie de voir combien de gens sont venus sur les quatre jours. C’est difficile à mesurer, il n’y a pas de ticket à l’entrée !

H.C. : La fréquentation grandissante ne pose-t-elle pas un problème ?

N.B. : Le monde, ce n’est pas un problème. C’est vrai que les personnes qui viennent d’ailleurs en France ou de l’étranger s’imaginent que les grands projets se trouvent tous en centre-ville. Du coup on essaie depuis deux ans de les pousser à aller plus loin que la Presqu’île ou le Vieux Lyon. La mairie met en place des parcours de promenade. Par exemple, de la Presqu’île vers le parc de la Tête d’Or côté Rhône. L’idée, c’est d’agrandir le centre-ville au moment de la Fête des Lumières.

H.C. : Et concernant la sécurité, pas de risque ?

N.B. : Il n’y a jamais eu le moindre accident. Ce n’est pas rien vu le monde qu’il y a ! Cette année, on a encore fait de gros efforts grâce à l’appui de la préfecture. Et on joue beaucoup sur les signalisations lumineuses, comme à l’Hôtel de Ville où la signalisation indiquait dans quel sens se diriger à la fin des spectacles.

H.C. : Reconnaissez que la fête est un peu gâchée par le nombre de personnes dans les rues !

N.B. : Non. Il faut prendre l’événement sur les quatre jours qu’il dure, pas seulement sur le week-end de pic. On s’efforce d’étaler la fête dans le temps. C’est pour éviter que trop de monde ne descende en centre-ville samedi soir qu’on a tiré le feu d’artifice dimanche. Et puis le monde, c’est quand même l’âme de la Fête des Lumières. C’est incroyable de se promener dans les rues à ce moment. On entend quarante langues différentes, on découvre, on lève les yeux vers le haut des immeubles. C’est une ambiance très particulière.

H.C. : Vous avez été très présente sur le front médiatique ces derniers jours. Place maintenant aux régionales ?

N.B. : Oui, je vais m’efforcer d’aider Jean-Jacques Queyranne pour qu’il soit reconduit à son poste de président de la région en mars prochain.

H.C. : Mais vous êtes déjà adjointe à Lyon et conseillère général… Cumularde ?

N.B. : Non. Je m’engage au côté de notre candidat pour sa campagne, mais je ne serais pas sur sa liste. Mon engagement pour les régionales sera donc purement militant.

Propos recueillis par Igor Gauquelin

Voir aussi notre reportage : La fête des lumières de Lyon victime de son succès

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