Rencontre

Nikola Karabatic, droit dans les yeux

vendredi 12/02/2010 - mis à jour le 28/02/2010 à 15h28

Tout juste auréolé d’un nouveau titre de champion d’Europe, Nikola Karabatic est de retour sur la scène handballistique montpelliéraine pour disputer un match dynamique de Ligue des Champions avec Constanta. Après la victoire de son équipe (37 à 24), c’est un peu fatigué qu’il se livre et revient sur son parcours, du MAHB à Vienne en passant par Kiel.

A Bougnol, le tapis rouge se déroule devant le champion. Au rythme des tambours des Blue Fox, la foule scande : "Niko, Niko, Niko !" Mercredi soir, les Montpelliérains fêtaient le retour du champion, de leur champion : Nikola Karabatic. Accompagné de ces deux acolytes, Mika et Doudou, le célèbre handballeur revient tout juste de Vienne où l’équipe de France vient d’être une nouvelle fois sacrée championne d’Europe. Pas fatigué le Niko ? "Si, mais c’est mon métier d’être à fond à chaque fois, de tout donner !" Et il le prouve. Il a offert un superbe spectacle aux supporters montpelliérains : aussi bon en défense qu’en attaque, le demi-centre est partout à la fois. Avec une main d’acier et ce but improbable marqué depuis l’autre bout du terrain, le capitaine a mené son équipe à la victoire contre des Roumains qui "tentent beaucoup de choses aussi bien dans l’offensif que dans le défensif". Le match contre Constanta était très bien préparé : l’équipe roumaine était la seule à avoir battu le MAHB depuis le début de la compétition, les hommes de Canayer se devaient de laver l’affront.

Niko puise son énergie dans son équipe où "l’état d’esprit" et "la dynamique collective" sont capitaux. Être ensembles, unis, généreux, fidèles : voilà peut-être la recette magique des joueurs du MAHB ? En tout cas, c’est celle de Nikola Karabatic. Fatigué par un long championnat, par un match éreintant de Ligue des Champions, il répond encore présent avec le sourire et un regard qui ne vous lâche pas. Un charisme à l’état brut.

A tout juste 25 ans, Karabatic, c’est un palmarès impressionnant : quatre fois champion de France, deux fois champion d’Europe, champion olympique, champion du monde, meilleur joueur au monde 2007, entre autres. Le secret ? "Un travail de tous les jours : deux entraînements de deux heures par jour pendant la saison. Parfois plus. Être sportif professionnel, c’est également une hygiène de vie : il faut faire attention à tout ce que l’on fait, à ce que l’on mange". Mais ce n’est pas tout. Le haut-niveau, c’est "aussi et surtout un état d’esprit" : il faut avoir des "qualités physiques et du talent bien sûr, mais le plus important se passe dans la tête. Ce sont les qualités mentales qui sont indispensables : savoir ce que l’on veut, avoir des ambitions…" Avoir l’œil du tigre en somme ? "Oui !"

Le champion a su "très tôt" ce qu’il voulait : devenir joueur professionnel, devenir le meilleur. Toucher des doigts l’excellence. Avec un père handballeur, gardien de l’équipe nationale yougoslave, c’est tout naturellement que Nikola est tombé dans la marmite alors qu’il n’était qu’un enfant. Puis, c’est au tour du petit dernier, Luka, de rejoindre les rangs du MAHB. Ce qui rend Niko "très heureux" : "je suis d’autant plus attentif à ce qu’il fait, lui, en tant que joueur. Je suis peut-être plus exigent avec lui qu’avec un autre. J’essaye de lui apporter mon expérience". Chez les Karabatic, la passion du handball, "c’est de famille". Et pour réaliser son rêve, Niko a travaillé durement, du MAHB à Kiel où il a "tout apprit et beaucoup mûri" : "on réussi en travaillant plus que les autres".

Quels nouveaux défis attendent un jeune joueur qui a tout gagné ? "Gagner tout ce qui vient. Gagner cette Ligue des champions ! Quand on est un grand sportif, il faut savoir se remettre en question à chaque compétition." Sa plus belle victoire est, peut-être, avoir donné la passion du handball à toute une génération d’enfants qui ne rêvent que d’être des "Nikola Karabatic" et qui portent fièrement le maillot numéro 22.

Et lorsque l’on évoque devant lui cette "génération Karabatic", il reste modeste : "depuis tout petit, j’ai toujours été un passionné de handball. J’ai toujours rêvé de voir du handball à la télévision et dans les médias. Alors, si j’ai pu participer à rendre accessible mon sport, j’en suis heureux. J’essaye de le mettre constamment en avant, avec les partenaires, dans les médias". La "génération Karabatic" a de beaux jours devant elle, et son icône peut continuer à nous faire rêver, la main sur la balle et la tête dans les étoiles.

Julie DERACHE

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5 réactions

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  • Nikola Karabatic, droit dans les yeux

    13 février 2010 01:25

    repondre message

    Vous placez cette petite phrase mal àpropos, mon fils est handballeur , il est en sport etude à14 ans c’est beaucoup de sacrifices, quitter sa famille,faire 7 à8 heures de train par semaine, parfois arriver le dimanche soir àminuit et plus se lever quand même à6h 30 , courrir parfois par - 8°, allier les études et le sport pas toujours facile,des entrainements meme lorsque avec un petit bobo on aimerai rester au lit et se faire chouchouter
    parfois etre blesse ou fatigue a en pleurer... je comprends ce que Nikola veut dire, travailler plus parceque s’il se relache jamais ce niveau ne peut etre atteind c’est la somme de tous ces sacrifice, ce courage, cette force,ce talent qu’ils arrivent au sommet, c’est leur passion en leur sport qui les guident .
    Mon fils est issu de la generation Karabatic est Nicolas comme les joueurs du MHB sont toujours tres proche des plus jeunes, une fois Nikola et revenu de Kiel pour parrainner un tournois !et Laurent Puissegur,comme Joel Abati ... sont
    des personnes que l’on peut aborder facilement et tout ça fait la force du handball.
    Oui il faut apprendre aux enfants que si l’on veut y arriver il faut travailler toujour plus , et non les laisser dans l’illusion que ça tombe du ciel.
    Pour en revenir àvotre article mademoiselle je vous felicite approcher un tel champion n’a pas du etre simple pour vous.

  • Nikola Karabatic, droit dans les yeux

    12 février 2010 22:36

    repondre message

    travailler plus pour ... j’ai déjà entendu ça quelque part.

    • Nikola Karabatic, droit dans les yeux 12 février 2010 23:02

      repondre message

      Et oui ! C’est le secret de la réussite !!! Il n’y en qu’en travaillant qu’on y arrive ! Et Nikola Karabatic nous le prouve depuis quelques années ! Persévère !!!

  • Nikola Karabatic, droit dans les yeux

    12 février 2010 20:19

    repondre message

    Trop beau Niko !!!!!!!!!bravo Julie.Super article !!!vive le hand et les handballeurs !!!!

  • Nikola Karabatic, droit dans les yeux

    12 février 2010 13:43

    repondre message

    Comme le dit si bien NK 22 , dans tous les domaines, croire que tout est possible et en travaillant plus que les autres , tout devient possible ! la preuve cet interview !
    BRAVO.

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