"On aura toujours besoin de journalistes"

mercredi 14/01/2009 - mis à jour le 17/01/2009 à 02h13

Le 29 Septembre 2008, lors de la rentrée du Master 2 Métiers du Journalisme de l’Université Montpellier I, Alain Plombat s’était exprimé sur la crise profonde que traverse la presse actuellement. A l’occasion du dossier de Hautcourant sur les États Généraux de la Presse, nous revenons sur cette intervention au cours de laquelle il avait tour à tour évoqué la presse gratuite, les dérives de l’emballement médiatique et l’inévitable réinvention du métier de journaliste.

Alain Plombat refuse de diaboliser une presse gratuite qui selon lui a le mérite de confronter les jeunes générations à la presse écrite. Il met cependant en exergue le risque de travestir les évènements dans une logique purement marchande.

Face au "tout média", où chacun peut se prétendre journaliste, la profession ne doit pas tomber dans le spectaculaire mais au contraire analyser, informer et instruire.

Dans la crise actuelle, le salut du journalisme passe, selon Alain Plombat, par une réinvention de la profession qui pourrait se traduire par un nouveau modèle économique, affranchi de la publicité.

Montage : L. Dussuel

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    Martin-Lagardette, rédacteur en chef d’un webzine qui enseigne notamment la déontologie professionnelle à l’école de Lille, a écrit dans un commentaire sur L’Atelier des médias :

    La différence que je vois entre journalistes (J) et blogueurs (B) est celle qu’il y a entre "information" et "expression". Si la frontière entre J et B est aujourd’hui plutôt floue, c’est parce que J est devenu trop souvent quelqu’un qui cède à ses propres présupposés et a trop peu d’exigence concernant la qualité de l’information : peu d’enquêtes de terrain, proximité avec les pouvoirs, pas assez de vérifications et de recoupements des sources, pas le temps d’investiguer, très peu de correction des erreurs, etc. D’ailleurs, c’est symptomatique : J défend généralement SA liberté d’expression et non pas la qualité ou le pluralisme de l’information ni LA liberté d’expression de ses lecteurs... Le jour où les B comprendront cela et investiront dans la qualité de leur information, en donnant des gages d’amélioration, ils pourront concurrencer sérieusement les J... Plus libres qu’eux (ils n’ont pas un actionnaire à qui rendre des comptes), ils pourront aller beaucoup plus loin. Mais il leur faudra se former à l’épistémologie journalistique, ce que peu font, y compris parmi les J...

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    Le sujet a été abordé par Télérama dans une interview croisée de Bertrand Pecquerie, directeur du World Editors Forum (observatoire qui réunit des rédacteurs en chef du monde entier), et de Rick Edmonds, analyste au Poynter Institute (observatoire des médias américains). La conclusion de Bertrand Pecquerie est la suivante :

    "Je ne suis pas aussi optimiste ! Ce métier a été inventé il y a plus de deux siècles, et il peut disparaître, comme ont disparu les copistes du Moyen Age ou les scribes d’Egypte ! Le métier a beaucoup changé : il y a trente ans, les journalistes faisaient partie de « l’élite », la profession attirait tous les talents, ça n’est plus le cas. Ça rapporte beaucoup plus de faire une école de commerce qu’une école de journalisme, le recrutement de ces dernières s’en ressent ! Au final, l’existence de journaux sans journalistes, ou plutôt de « journalistes » qui ne seraient plus que des agrégateurs de contenus, des« Google news » humains, devient possible. Un vrai danger pour la démocratie."

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