Peut-on encore échapper aux OGM ?

mercredi 16/01/2008

Avec plus de 100 millions d’hectares de terres cultivées dans le monde en 2006, les OGM grignotent nos campagnes. Tout a commencé en 1983 où le premier plant (tabac) transgénique a vu le jour. Depuis, la recherche a fait son chemin et aujourd’hui 22 pays cultivent et commercialisent les OGM. Du colza, au maïs en passant par le soja ou encore le coton les OGM séduisent plus de 10 millions d’agriculteurs, toutes nationalités confondues.

Qui sème des OGM récolte la polémique


Au pays des plantes hybrides, tout n’est pas rose, ou devrait-on dire vert. En France, sujets à controverse, les OGM sont au cœur d’un débat politico scientifico économique sur lequel des adversaires acharnés s’affrontent.
Présentation des belligérants : d’un côté les grandes firmes du domaine, dont Monsanto, actuellement numéro 2 mondial des semences agricoles et de l’autre les associations anti OGM incarnées, entre autres, par GreenPeace, la confédération paysanne ou les célèbres faucheurs volontaires. Le tout arbitré par des scientifiques experts en la matière mais aussi par les politiques soucieux de l’enjeu économique que représente la filière. Selon un sondage réalisé en 2007, 86% des Français souhaitent l’interdiction des OGM sur leur territoire.
Outre les discordes et autres malentendus des opposants sur l’absence de risques ou le principe de précaution quant à la consommation des OGM, une question hante les esprits. Peut-on encore échapper aux OGM ?
Ils sont partout : dans les médias, la recherche, le domaine agricole, ils s’installent également dans le décor politique.
La machine infernale est en marche. Pour la freiner les associations anti-OGM proposent des listes aux allures de catalogues où sont répertoriés les différents produits de la vie quotidienne classés selon la présence ou non d’OGM. Les anti-OGM invitent les consommateurs à la prudence, voir même au boycot. Tout y passe. Des produits pour bébés aux plats surgelés, sans oublier les produits diététiques.
Pourtant les OGM ne sont pas destinés uniquement à l’alimentation. Petit état des lieux des cibles des OGM :

Les OGM outils des chercheurs. Il s’agit de produire des organismes, plantes ou animaux au profit de la recherche fondamentale, pour à terme identifier la fonction des gènes. Cette méthode d’investigation est essentielle et ne fait pas ou peu l’objet de critiques venant de l’opinion publique.

Les OGM médicaments. Ici on parle de plantes améliorées destinées à soigner ou potentialiser leurs qualités curatives. Le riz doré enrichi en vitamine A, pour lutter contre les carences en bêta carotène en est l’un des meilleurs exemples. L’efficacité de ces OGM médicaments reste encore à prouver.

Les OGM industriels. Leur travail est d’améliorer les textiles, le rendement du papier, des plantes qui substitueraient le pétrole… ils seraient un atout économique et écologique mais ne sont pas encore tout à fait au point.

Et bien évidemment les OGM alimentaires présentés comme une alternative de premier choix à la famine, au réchauffement climatique, aux pesticides…
Les chiffres sont là, en 2050 il faudra nourrir 9 milliards de Terriens. Pour cela il faudrait que la production agricole mondiale double. Quelles sont les solutions ? augmenter les surfaces cultivables ? impossible. Les OGM peuvent être un début de solution.
Les experts du climat sont formels, la planète se réchauffe. Les conséquences sur l’agriculture vont se ressentir d’ici quelques années. Modifier génétiquement les plantes céréalières pour qu’elles soient plus résistantes à la sécheresse peut être une option idéale pour les pays les plus touchés par le réchauffement climatique. Plus fort, la production agricole d’OGM réduirait de 30% l’émission de gaz carbonique, l’un des principal facteur du réchauffement.
Suite à de nombreuses études portant sur les effets stérilisateurs chez les hommes de l’utilisation outrancière de pesticides, leur réglementation de plus en plus draconienne, pousse certains agriculteurs à se laisser tenter par les OGM. Un de leurs arguments : il vaut mieux consommer une plante génétiquement modifiée qu’aspergée de pesticides.

Effet boule-de-neige

Mais ce problème en entraîne un autre, celui de la dépendance des agriculteurs aux firmes qui commercialisent ces plants d’OGM. Pour éviter la contamination des plants OGM sur les non OGM, Monsanto stérilise ses OGM pour empêcher la repousse de la plante d’une année sur l’autre. Conséquences : l’agriculteur doit chaque année se tourner vers Monsanto pour renouveler son contrat et poursuivre ses récoltes, confirmant leur dépendance vis-à-vis d’une grande firme semencière qui détient le monopole et fixe ses prix. Pour eux, agriculteurs tentés par Monsanto, échapper aux OGM deviendra impossible.
D’un point du vue international et économique, la France ne semble pas pouvoir esquiver le développement des techniques OGM, au risque de devenir elle aussi dépendante des grandes firmes du domaine, actuellement implantées aux Etats-unis. Maintenir une activité de recherche sur les OGM pour être compétitive et obtenir une certaine indépendance, la France, semble ne pas avoir le choix.
Le hic vient majoritairement des consommateurs, soucieux, voire définitivement réfractaires sur tout ce qui touche de près ou de loin les OGM. Retrouver des OGM dans leurs assiettes, il n’en est pas question. Le fait qu’il n’est pas encore démontré que les OGM sont inoffensifs pour la santé ou l’environnement renforce ce rejet. Pour laisser le choix aux consommateurs et agriculteurs, une traçabilité des produits et un étiquetage obligatoire a été mis en place. Une solution efficace, si elle est respectée, pour laisser à chacun sa liberté d’introduire ou non les OGM dans sa maison. Chacun devrait y trouver son compte.

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