Plan Cancer II : un pas en avant, deux en arrière ?

lundi 02/11/2009 - mis à jour le 22/11/2009 à 19h05

Ce lundi 2 Novembre, Nicolas Sarkozy a présenté à Marseille, le Plan Cancer II.
Avec 730 millions d’euros, il a pour objectif de réduire les inégalités face au cancer et de mieux prendre en compte la nouvelle vie des personnes guéries.

Six ans après le premier Plan cancer de 2003, celui-ci met l’accent sur le dépistage et la qualité des soins, il vise également à accentuer l’effort de recherche et de prévention, une réduction des inégalités face au cancer et enfin "faire de la vie après le cancer un axe à part entière de la lutte contre cette maladie".
Si l’actuel président de la République note les carences du plan précédent, il annonce aussi que 50 % des cancers sont suivis d’une guérison, c’est vrai : plus de 25 % entre 1980 et 2005. La France se situe par ailleurs parmi les huit pays du monde où l’on survit le mieux au cancer.

Nouvelle encourageante. En apparence seulement. Car, dans les 50% restants, on compte les rémissions. Et c’est là que les choses se corsent car, en marge de l’annonce du Plan cancer II, le projet de loi de financement de la sécurité sociale prévoit, entre autre, que les malades du cancer en rémission sortiront, au bout de cinq ans, du cadre de l’"affection longue durée". Ils ne seraient donc plus remboursés à 100% des frais liés à leur maladie. Cette proposition de loi vient donc assombrir l’annonce faite aujourd’hui à Marseille par Nicolas Sarkozy.
Puisque les périodes de rémission sont souvent très longues, autant économiser.

Les patients en rémission qui ne bénéficieront plus de l’ALD n’auront qu’à aller voir ailleurs ou bien, attendre la prochaine rechute qui leur permettra de bénéficier à nouveau de ce régime exceptionnel (remboursé à 100%). En clair, le patient en rémission depuis plus de cinq ans devra y aller de sa poche lorsqu’il voudra vérifier son état de santé.
Car, si Sarkozy annonce en France, l’installation de 74 machines IRM "pour le diagnostic et la surveillance des cancers", les patients les plus modestes ne pourront s’offrir ce luxe, après les cinq années fatidiques.

On serait tenté de penser que la meilleure défense contre le cancer, c’est l’attaque, la vigileance de tous les instants. Apparement non, la donne a changé. Dorénavant, il faudra se dépêcher et guérir vite. En période de crise, on revoit l’ordre des priorités.

Cette année, on prévoit que 350 000 personnes seront dépistées. Demain, elles pourraient bien citer Desproges sans mentir. Car, si "pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête."

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