« Plus qu’un label, un état d’esprit »

vendredi 23/01/2015 - mis à jour le 25/01/2015 à 00h18

Le vin bio sans ses contraintes et ses contrôles ? Au pied du Pic Saint-Loup, la vigneronne Nadège Jeajean a trouvé la martingale.

Jeune, dynamique, ambitieuse... mais conventionnelle ! Après la reprise de l’exploitation familiale il y a quelques années, Nadège Jeanjean aurait pu mettre cap sur le bio. Mais non : pas de logo « Agriculture biologique » ni de petite feuille verte sur les bouteilles du domaine de Pech-Tort. Pourtant l’exploitante l’assure : « Je n’ai peut-être pas de label mais je travaille en bio »

Les raisons de sa réticence à la certification

« Pour le bio, il faut soit prendre une partie du domaine soit choisir une couleur. Moi ça ne m’intéressait pas de faire du blanc ou du rosé bio » tranche-t-elle. « Quand j’ai pris l’exploitation je n’ai pas scindé le domaine en deux. Je n’ai pas séparé la production qu’on emmène à la cave de celle qu’on prend pour la maison » raconte Nadège. « Puis, c’est encore des démarches supplémentaires, des papiers... Et j’avoue ne pas avoir l’envie de me lancer là dedans. » Conjuguées aux contraintes de culture, ces lourdeurs administratives s’avèrent bien souvent rédhibitoires.

Les "anti-bio" tiquent

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Vendanges 2014, le Pic Saint-Loup en arrière plan

Crédit : Domaine Pech-Tort

La conversion n’est donc pas à l’ordre du jour au domaine Pech-Tort. Et la progression fulgurante des ventes de vin bio - 22% en 2013 - ne perturbe pour l’heure pas Nadège Jeanjean. « Pas sûr que le label bio fasse plus vendre » oppose-t-elle.

Et pourtant, le phénomène, encore jeune dans la viticulture, de la certification bio - aujourd’hui 8,2% des bouteilles - pourrait rapidement devenir la norme. La logique commerciale chuchote d’envisager une conversion... « Je ne sais pas, répond l’exploitante, pour l’instant je n’en ressens pas le besoin. Si j’y suis obligée je ferai les papiers. Mais les normes on les respecte déjà. »

Juste une histoire de paperasse alors... Même l’aspect financier ne semble pas rebuter la viticultrice de Valflaunès : « Au niveau du coût, passer en bio ne changerait pas grand chose puisqu’on travaille déjà avec les produits recommandés. »

Fi de l’étiquette !

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Cuvée de rouge, millésime 2014

Crédit : Domaine Pech-Tort

Loin de remettre en cause le principe, les « résistants » au bio si on peut les appeler comme ça, résistants à la certification en tout cas, ne sont pas pour autant réticents à ce type de culture. Ils disent même la pratiquer. « On n’utilise pas de désherbants ou de produits nocifs », assure Nadège.

L’exploitante connait évidemment les impératifs de respect des sols et des cultures. Elle parle « d’agriculture raisonnée » plutôt que de bio. Tel est le message : pas besoin de logo pour faire du bio. Nadège Jeanjean l’évoque d’ailleurs volontiers avec ses clients. « On fait beaucoup de vente en direct, précise-t-elle, ce qui me permet d’expliquer cet état d’esprit. » Et de marteler : « Je n’ai pas demandé le label, mais je travaille avec un œnologue qui le connait bien. »
Aux logos verts, Nadège préfère donc ses étiquettes.

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