Pour l’Institut des Citoyens : « l’expression est le début du changement »

lundi 16/01/2017 - mis à jour le 18/01/2017 à 19h35

Victor Kahn est étudiant en licence de science politique à l’Université de Montpellier. Après plusieurs années de vie associative, il décide de créer l’Institut des Citoyens, un réseau d’évènements citoyens. À l’heure où les primaires s’affirment dans la vie politique française, il estime que la citoyenneté est aujourd’hui « un savoir vital pour le vivre ensemble ». Il répond aux questions d’Haut Courant.

En quoi consistent ces évènements ?

On organise des agoras, où des citoyens peuvent venir exprimer leurs volontés et leurs avis. À partir du débat, on réalise des propositions concrètes au niveau local, que l’on transmet au député. L’Institut des Citoyens met aussi en place des simulations parlementaires où chaque citoyen devient député. Nos réunions sont participatives. Nos adhérents s’expriment, débattent et font la loi. Les joutes oratoires sont aussi un moment convivial où chacun peut venir travailler l’argumentation sur le fond et la forme.
Je sens ce besoin des citoyens. Des personnes me disent qu’ils ne se sentent pas écoutés par les politiques.

Pourquoi avoir décidé de créer l’Institut des Citoyens ?

L’association existe dans différentes grandes villes de France depuis 2016 : Paris, Lyon, Nantes, Aix-en-Provence et Montpellier. On voulait proposer des événements pour tous les citoyens, en dehors du milieu étudiant.
Personnellement, c’est très fatigant de mêler vie étudiante et vie associative mais je travaille dans l’intérêt commun, je me sens utile de faire ça. Dans l’associatif, on a vraiment un impact réel, en discutant avec les autres. Sur les réseaux sociaux, on a tendance à être enfermé dans un cercle d’amis, souvent proches de nos idées. Dans certaines associations de débats, ils sont toujours d’accord entre eux. Dans notre association, le débat fait la richesse des échanges. Du débat unilatéral, on n’apprend rien.

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L’Institut des Citoyens en joutes oratoires au café du Dôme.

Crédit : Victor Kahn

Combien de personnes participent aux évènements ?

À Montpellier, on est un noyau dur d’une soixantaine de personnes. On s’efforce de mener des débats sans pression sociale. On va mettre en place des conférences : ça se développe bien. Je suis très surpris, que d’un petit projet entre amis, on puisse arriver à faire une association nationale assez conséquente. Je n’ai pas forcément d’objectif pour la suite, j’aimerais avoir d’autres sections qui se montent en France. Il y a besoin de débats citoyens dans des villes plus petites.

D’où viennent ces personnes ?

Elles sont jeunes ou retraitées. On essaie d’aller à leur rencontre en variant les lieux des réunions. À Montpellier, on veut aller aussi dans des quartiers dits « sensibles ».
On a vocation à toucher tous les citoyens, on a la chance d’avoir des jeunes mais on est content de travailler avec des associations de retraités. Généralement, on cherche à brasser toutes les catégories d’âge, toutes les catégories sociales. L’expression est le début du changement.

Est-ce que vous menez d’autres actions ?

On prévoit des ateliers pour les enfants sur la citoyenneté.Tout au long de notre scolarité, on reste assez passif concernant l’apprentissage du vivre ensemble. Au collège, on veut être dans le concret : on prévoit de leur faire rédiger la charte de leur établissement par exemple. On veut leur parler des droits civiques en France et ailleurs dans le monde, de science politique pour leur donner les outils de compréhension. Les jeunes ont besoin de pratiquer la citoyenneté.

L’Institut des Citoyens se réunit plusieurs fois par mois, vous pouvez les retrouver sur leur page Facebook.

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