Quand la défense de l’environnement devient un marché juteux

mercredi 26/03/2008 - mis à jour le 26/03/2008 à 15h42

Au moment où se tient jusqu’au 29 mars une conférence sur l’environnement à Bogota, JAVIER SILVA HERRERA, journaliste au quotidien colombien El Tiempo, s’attarde sur les bénéfices élevés que peut rapporter la biodiversité en Colombie. Traduction d’un article du 25 mars 2008.

"L’éthanol est produit en Colombie avec du sucre de canne, mais il existe des projets pour le faire avec de la banane et de yuca (arbuste des zones sèches d’Amérique du Sud).

Dans les quatre prochaines années, de nombreuses entreprises pourraient recevoir quelques 500 millions de dollars pour produire des biocombustibles, diminuer la pollution et cultiver la biodiversité
Ces chiffres placent cette partie de l’économie en première position des revenus avec l’exportation de fleurs et la commercialisation de produits non-traditionnels.

De fait, la Colombie se trouve être l’un des pays les plus avancés sur ce thème, étant l’un des territoires avec le plus de ressources naturelles de la planète.

En général, ce sont des investissements qui oscillent entre 5 et 30 millions de dollars, mais qui peuvent être récupérés en presque deux ans si les prix internationaux se maintiennent. « De plus, c’est une opportunité pour arrêter de contempler nos ressources et en profiter pour que ces ressources soient durables » explique Jairo Guerra, expert de ce thème.

L’analyse de cette nouvelle niche du marché sera une des thématiques centrales de la Première Foire International de l’Environnement (FIMA : Feria Internacional de Medio Ambiente) qui a commencé le 25 mars à Corferias, à Bogota et qui se prolonge jusqu’au samedi 29.
BMP
Atteindre des gains multimillionnaires en baissant les émissions de gaz
Une cinquantaine d’entreprises nationales espère gagner 115 millions de dollars dans les quatre prochaines années en baissant les émissions de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone ou le méthane.
Les entreprises entrent dans ce « commerce » en planifiant des stratégies technologiques afin de réduire la pollution qui entraîne l’utilisation de combustibles fossiles.

La biodiversité, une mine d’or

La biodiversité n’est plus une ressource à méditer mais une énorme opportunité de commerce.
Dans le monde, le « biocommerce » évolue, selon des chiffres de l’Institut Humboldt, de plus de 750 millions de dollars par an. En Colombie, les chiffres sont plus faibles mais croissent avec force. Il existe déjà plus de 1250 entreprises dédiées à cette activité, le double de ce qu’il y avait en 2000. Ces entreprises ont enregistré pour 130 millions de dollars de mouvement en 2007. […]

L’année dernière, l’exportation de poissons apporta 6 millions de dollars de revenus. Et 17 millions par la vente de plantes médicinales. Font également partie du « biocommerce » l’écotourisme et les cosmétiques organiques.

La majorité de ces projets se concentrent à Antioche, Valle et Quindio et recoivent des finances de la part du Fond du Biocommerce, qui a déboursé plus de 2000 millions de crédits.

José Antonio Gomez, directeur du programme sur le Biocommerce pour Humboldt, explique que les fleurs, les fruits et les miels, qui se développent à Bolivar, Huila et Cauca, sont les commerces avec le plus d’opportunités. « C’est un champ qui, en plus d’être bénéfique pour le commerce, permet de protéger les ressources naturelles » développe Jairo Guerra.

Du sucre aux biocombustibles

Désormais on ne produit plus seulement du sucre pour obtenir des profits mais pour le commerce de biocombustibles.
Ces campagnes produisent quotidiennement plus d’un million de litres d’éthanol à partir de la canne à sucre, qui permet des bénéfices de 218 millions de dollars environ chaque année. La demande locale s’élève à un million et demi de litres par jour.

Le commerce est rentable parce que l’installation de la technologie nécessaire pour développer le combustible demande un capital de 30 millions de dollars, récupérés en moins d’un an avec un prix de base de 1,141 peso au litre. De surcroit, le gouvernement donne des aides, avec l’extension de la TVA, l’impot sur la rente pour 10 ans …

Concernant le biodiesel, qui se produit à partir de l’huile de palmier, les chiffres sont plus faibles mais pas négligeables.

La firme privée Oleoflores a misé sur une plante qui peut produire 170 000 litres par jour, qui représente des profits de 73 millions de dollars.

L’année prochaine, la production pourra augmenter à 900 000 litres quotidiens avec le fonctionnement nouveau de trois plantes. Cette initiative a lieu au milieu d’une polémique mondiale sur les biocombustibles. Selon une étude de l’organisation Nature Conservancy, les biocombustibles entrainent une augmentation des produits de consommation.

De plus, les émissions de carbone nécessaire à mettre ces technologies en marche, en détruisant de grandes portions de terrains, ne compensent pas le bénéfice environnemental supposé."

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4 réactions

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    ""Une cinquantaine d’entreprises nationales espère gagner 115 millions de dollars dans les quatre prochaines années en baissant les émissions de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone ou le méthane.""

    L’utilisation de biocarburant ne fait en aucun cas baisser les émissions en CO2. Il serait opportun de réfléchir un minimum avant d’écrire des énormités pareilles, un journaliste est sensé comprendre les grandes lignes de qu’il raconte. Ce qui n’est manifestement pas le cas.

    Cordialement.

    LB, membre honoraire de l’Association des Amis de Corentin Martins.

    • Quand la défense de l’environnement devient un marché juteux 27 mars 2008 16:17, par Sébastien Tronche

      repondre message

      Je vais brievement répondre à ces critiques émises sur cet article. Je ne suis pas l’auteur de ces lignes, l’article est tiré du quotidien colombien El Tiempo et je n’ai fait que le traduire. Le traduire me semblait intéressant dans la mesure ou il montrait un aspect du développement durable d’un point de vue colombien, donc forcement différent.
      Si vous voulez préciser à l’auteur qu’il ne "comprend pas les grandes lignes de ce qu’il raconte", je me ferais un plaisir de trouver son adresse mail personnelle. A vos dictionnaires d’espagnol !!!!

      Cordialement

      • repondre message

        Un colombien, J.M. Jancovici, C. Allègre, Al Gore ou un autre, peu importe son opinion sur la gravité ou non du réchauffement climatique : l’auteur n’est pas sensé sortir des conneries pareilles.

        Une simple conversation avec un scientifique compétent suffisant à assimiler le principe des biocarburants, soit le journaliste est un tocard absolu, soit vous vous êtes fourvoyé dans votre traduction.

        En passant, je ne pense pas vous apprendre qu’une "simple" traduction d’article, scientifique ou de vulgarisation, exige un minimum de connaissances du sujet.

        Cordialement.

        LB, membre honoraire de l’Association des Amis de Corentin Martins.

  • repondre message

    Le bio-carburant apparaît de plus en plus comme une escroquerie intellectuelle et une arnaque économique. Pourquoi continuer à servir de support et de soutien informel à cette escroquerie soit disant écologique ? La pensée unique s’impose-t-elle si facilement ? Où est passé l’esprit critique qui devrait faire l’orgueil de la profession de ceux qui ont choisi de dire la vérité ?

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