Tournoi de VI Nations

Quel Rugby pour le Nord ?

lundi 21/03/2011 - mis à jour le 22/03/2011 à 18h59

Clap de fin pour le tournoi des VI Nations 2011 après un mois et demi de compétition (du 4 février au 19 mars 2011). Un tournoi qui aura été, il faut le dire, assez décevant. Retour sur l’état des six nations participantes.

Aucune équipe n’a réussi à maintenir un niveau de jeu élevé tout au long de la compétition. Entre un quinze de la Rose qui loupe le grand chelem au dernier moment et une équipe de France au bord du précipice, le rugby du Nord semble bien loin des équipes de l’hémisphère sud (Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud, voire l’Argentine). À six mois de la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande (9 septembre-23 octobre 2011), les incertitudes restent nombreuses.

L’Italie en progrès

Entrée dans le tournoi en 2000, l’Italie est une nouvelle fois dernière. Cependant, elle a répondu à ses détracteurs qui se demandaient ce qu’elle faisait dans cette compétition, par une victoire méritée sur le quinze de France (22-21) lors de la quatrième journée. Forte d’un pack dominateur, elle est toutefois toujours aussi légère en ce qui concerne les lignes arrières. Et l’absence d’un véritable buteur, Bergamasco n’étant pas un spécialiste, fait qu’elle restera encore loin de ses adversaires.

L’Écosse perd confiance

Arrivant dans ce tournoi avec le plein de confiance après une tournée d’automne réussie, l’équipe du Chardon a vite déçu. Malgré du talent et du beau jeu, le quinze écossais n’a pas réussi à maintenir le niveau de jeu qui était le sien il y a à peine six mois. Son manque de densité physique, malgré la trouvaille du tournoi en la personne du deuxième ligne Richie Gray, et son incapacité à conserver le score, lui promettent une Coupe du Monde difficile dans la poule B, celle de l’Argentine et de l’Angleterre.

Le Pays de Galles dans l’impasse

Six mois. C’est le temps que les Gallois possèdent pour sortir de l’impasse dans laquelle leur entraineur, Warren Gatland, les a plongés. Bien qu’ayant seulement perdu face aux Anglais et aux Français, personne aujourd’hui n’est capable de dire quel est le véritable niveau de cette équipe. Il semble bien loin le Grand Chelem 2008, basé sur un jeu en mouvement et de percussion. Revenu à un jeu plus basique, les joueurs ont semblé perturbés par cette nouvelle stratégie et ne se sont pas exprimés à fond.

L’Irlande se reprend

Après un début de tournoi difficile, une victoire laborieuse en Italie (13-11) et une défaite à domicile contre les Français (22-25), l’Irlande est petit à petit montée en puissance au fil des matches. Le quinze du Trèfle, emmené par son capitaine et meilleur marqueur du tournoi Brian O’Driscoll, a terminé la compétition par une victoire de prestige sur son meilleur ennemi (24-8), privant ainsi l’Angleterre d’un treizième Grand Chelem. Son “fighting spirit” et une charnière retrouvée donne de l’espoir pour la Coupe du Monde. Une dernière chance pour cette génération en or qui n’a pas gagné grand-chose et qui peine à trouver des successeurs.

La France au pied du mur

Un tournoi à oublier pour nos Bleus qui n’ont jamais réussi à imposer véritablement leur jeu. Une équipe en manque de repère, sans fond de jeu et avec des joueurs pas toujours au niveau attendu. La victoire sur le Pays de Galles (28-9) en clôture de cette compétition et la seconde place au classement final ne doivent pas faire oublier le reste du tournoi. Surtout avec une défense en mode “portes ouvertes” et une combativité qui laisse à désirer. Le projet de jeu “tout feu, tout flamme” voulu par le staff ne semble pas correspondre aux qualités de cette équipe de France-là. Pour espérer bien figurer à la prochaine Coupe du Monde, la France doit de nouveau se baser sur les principes fondamentaux du jeu et retrouver une défense de fer, tous ces ingrédients qui lui avait permis de faire le Grand Chelem en 2010. Marc Lièvremont doit annoncer son équipe de 30 joueurs le 11 mai prochain.

L’Angleterre sur la bonne route

Les Anglais ont moins bien terminé le tournoi qu’ils ne l’avaient débuté : victoire poussive face aux Ecossais (22-16) et surtout la défaite lors de la dernière journée face aux Irlandais, les privant de Grand Chelem. Ces deux derniers matches ont montré que le quinze de la Rose pouvait aussi produire quelques déchets. Mais l’espoir est de mise dans cette équipe grâce à un jeu tourné vers l’offensive et à une génération dorée (Foden, Ashton, Flood, Youngs, Haskell) et façonnée par le sélectionneur Martin Johnson. L’Angleterre se positionne ainsi comme le seul véritable “outsider”, pour l’instant, capable d’empêcher les équipes du Sud de remporter le trophée Webb Ellis en octobre prochain.

Toutes ces équipes ont maintenant six mois pour gommer leurs défauts, effacer leurs incertitudes et retrouver leur confiance afin d’arriver dans les meilleures conditions possibles en Nouvelle-Zélande. Espérons que le jeu soit, cette fois-ci, au rendez-vous.

Le XV du Tournoi :

Foden (ANG) - Ashton (ANG), O’Driscoll (IRL), D’Arcy (IRL), Evans (ECO) - (o)Flood (ANG), (m)Youngs (ANG) - Dusautoir (FRA), Parisse (ITA), Haskell (ANG) - Palmer (ANG), Gray (ECO) - Castrogiovanni (ITA), Servat (FRA), Domingo (FRA)

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1 réaction

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  • Quel Rugby pour le Nord ?

    22 mars 2011 09:17, par Lapin-garou

    repondre message

    Le vrai problème à mon avis est que le rugby est de nos jours pensé pour et par l’hémisphère sud : Les match du tri-nations ou du Super-15 n’ont rien à voir avec ce qui se passe au nord. Les raisons sont à mon sens les suivantes :
    - L’arbitrage : d’ici la CDM, tout sera fait pour que la mêlée ne soit plus déterminante.
    - La philosophie : en NZ, le rugby est le sport roi.
    - la forme physique : Moi, j’ai un gros doute sur la "propreté" des préparations physiques. Peser 110 kg et courir à + de 30 km/h pdt 40 mn de match réel n’est tout simplement pas normal.
    Enfin, il y a les problèmes franco-français :
    - La promesse de 75 % de joueurs français par équipe ne sera jamais atteint, la LNR freinant des 4 fers.
    - Il n’y a pas de rugby national, c’est à dire qu’il n’existe pas d’équipe en top 14 (bien-sûr hors équipes parisienne) provenant des grandes villes situées au nord de la Loire. Et cela, freine l’éclosion de nouveaux talents.

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