Résistance pro-palestinienne... à Lyon

vendredi 25/02/2011

Samedi 12 février, un meeting pro-palestinien intitulé “Gaza, deux ans après” était prévu dans une salle municipale de Lyon. Mais la mairie a décidé finalement d’en interdire l’accès aux organisateurs, prévenus au dernier moment. Le meeting a finalement eu lieu... dans la rue.

Selon la mairie de Lyon, le contrat a bien été signé avec les organisateurs. Mais lorsque les autorités municipales se sont aperçues que sur les tracts était prévu de faire intervenir un membre du Hezbollah et du Hamas, elles ont estimé être trompées et ont donc demandé la résiliation. La municipalité a également saisi le préfet pour risques de troubles à l’ordre public.

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Un motif invoqué mensonger

Comme on peut le constater sur l’affiche de l’événement, des membres de ces organisations devaient prendre la parole. « Par téléphone, souligne l’un des responsables, et nous avons stipulé à la mairie que nous étions prêts à revenir sur cette décision. »

Sauf que pour les organisateurs, ce motif n’a jamais été invoqué. Dans un courrier signé du 12 janvier, l’adjointe au maire de Lyon Nicole Gay stipule que « les manifestations à caractère politique ne peuvent avoir lieu salle Rameau » et que les « salles municipales sont accessibles aux manifestations politiques au cours des seules campagnes électorales. »

Or ce motif semble peu crédible. En effet la même salle a été réservée l’an passé à la même période, par les mêmes organisateurs avec les mêmes intervenants. Et bien d’autres salles municipales ont été accordées à des conférences à caractère politique hors campagnes électorales.

Un deux poids deux mesures inacceptable

À commencer par la salle Rameau, allouée en 2004 pour une conférence intitulée “Comprendre Israël” ! De même que tout au long de l’année, bon nombre de salles sont accordées à des associations pour des conférences à caractère politique. À vrai dire, ce genre de décisions pourraient se concevoir si la ville de Lyon faisait preuve de neutralité dans ce conflit, en estimant que certaines parties n’auraient pas le droit de cité. Sauf qu’il semble que la censure ne s’exerce que d’un côté.

M. Collomb, maire de Lyon, et Jean-Jacques Queyranne président du conseil régional de Rhône-Alpes, ont préféré cinq jours plus tard se rendre au dîner annuel du CRIF de la région (Conseil Représentatif des Institutions juives de France) pour afficher leur soutien à Israël. Bien évidemment pas un mot sur le sort de Gaza, et qu’importe si Israël a déclaré il y a quelques jours que la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est se poursuivait. Les autorités lyonnaises ont préféré écouter sans broncher Rama Yade, ambassadeur de France à l’UNESCO, assimiler antisémitisme et antisionisme et réitérer « le droit à Israël de vivre en paix et en sécurité. » La paix et la sécurité des Palestiniens attendront...

Une violence policière injustifiée

Pour la “sécurité” des manifestants, des dizaines de CRS étaient postés devant la salle. Un vieil homme protestant contre cette censure et le faisant savoir aux policiers s’est violemment fait plaqué au sol et embarqué. La liberté d’expression a ses limites.

De même qu’un journaliste qui s’est approché trop près de la scène pour recueillir les faits, s’est fait violemment tabassé. Montrer sa carte de presse pour prouver sa qualité de journaliste n’a pas diminué la violence des coups. Le public n’a pas été en reste. Ceux qui ont osé protester contre cette violence injustifiée ont été frappés et gazés. Alertées pour réagir à cette violence disproportionnée, les autorités préfectorales n’ont pas souhaité répondre.

Malgré tout le meeting s’est tenu dans la rue, les intervenants se succédant. Georges Galloway, ancien député britannique et organisateur du convoi humanitaire “Viva Palestina”, a exprimé son étonnement de devoir s’adresser à la foule dans la rue, dans le pays des droits de l’Homme, avant de promettre de continuer le combat pour la cause palestinienne.

Les organisateurs ont eux donné rendez-vous à la foule l’année prochaine. En attendant, en Palestine comme ici, la résistance continue.

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1 réaction

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    Dieu merci les maghrébins de France continuent à supporter la cause palestinienne, nonobstant bien évidemment les dizaines d’autres peuples exploités et piétinés - parfois bien plus durement - sur la planète.

    De quoi entretenir leur petite intifada des banlieues et entretenir leur replis identitaire réactionnaire.

    Continuez comme ça, on vous regarde.

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